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Voyageurs: ne répétons pas le scénario de 2020

Photo d'archives, Agence QMI

Simon Landry est enseignant

2021-12-22T10:28:00Z

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Deuxième hiver de pandémie. Deuxième variant provenant d’outre-mer. Et c'est la deuxième fois en autant d’années que le gouvernement fédéral déconseille aux Canadiens de voyager durant le temps des Fêtes. 

Malgré cela, on peut voir que plusieurs centaines de citoyens font fi de cet avertissement et préfèrent voyager plutôt que de rester à la maison. Bien que le fédéral ait averti que les consignes de sécurité peuvent changer à tout moment et que les frontières pourraient fermer, ces gens font le choix consciencieux de voyager à leurs risques et périls. C’est leur droit, soit.

Si le gouvernement décidait dans les prochains jours de changer les règles pour les voyageurs ou de fermer les frontières, aucun ne pourra prétendre avoir été pris par surprise par cette situation.

Des sacrifices nécessaires

L’hiver dernier, à la suite de la fermeture des frontières aux voyageurs non essentiels, plusieurs familles ont été prises outre-mer et le gouvernement a volé (littéralement) à la rescousse afin de rapatrier ses citoyens coincés dans les aéroports un peu partout à travers le monde.

Cette année, j’espère (comme plusieurs milliers d’autres citoyens qui font des sacrifices au nom de l’effort collectif) que le gouvernement sera sans pitié pour ces voyageurs. Il n’y a aucune raison pour que le fédéral dépense l’argent des contribuables afin de rapatrier des touristes qui sont partis en toute connaissance de cause. Si des Canadiens ont fait le choix d’ignorer la recommandation de ne pas voyager, nous avons le choix collectif d’ignorer leurs appels à l’aide si ces derniers restent coincés à l’extérieur du Canada.

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La seule question est de savoir si Justin Trudeau, qui a tergiversé l’hiver dernier pendant des semaines, sinon des mois, avant de fermer les frontières, aura le courage politique d’agir plus rapidement cette fois-ci. Si le passé est garant de l’avenir, tout porte à croire que non, ce qui serait la seule planche de salut de tous ces voyageurs.

Le retour à l’école des enfants qui ont voyagé

Au niveau provincial, il n’y a pas grand-chose que le gouvernement Legault puisse faire à propos des frontières, mais il peut tout de même agir afin de protéger nos écoles.

Les consignes du fédéral indiquent que les personnes qui ne sont pas pleinement vaccinées (donc les élèves du secondaire qui n’ont pas deux doses et tous les enfants de moins de 12 ans) doivent s’isoler à leur retour au pays et ne peuvent fréquenter l’école.

Il faudrait être naïf pour croire qu’aucun parent ne fera fi de cette consigne. Advenant que les écoles ouvrent à la date prévue — ce qui présentement semble peu probable —, tout porte à croire que plusieurs parents qui ont voyagé durant le temps des Fêtes iront porter leurs enfants à l’école malgré la consigne d’isolement. Ce scénario se répétera inévitablement durant la semaine de relâche.

Des conséquences?

Quelles conséquences attendent les parents qui se feront prendre? Aucune.

Il serait temps que le gouvernement Legault annonce publiquement quelles seront les conséquences pour les parents qui désobéissent à cette consigne et qui mettent ainsi en danger la santé et la sécurité des autres élèves de l’école. Le droit à l’éducation est certes ancré dans nos chartes, mais ce droit vient avec des obligations, dont celle de «contribuer à un milieu d’apprentissage sain et sécuritaire»1. En ce sens, il serait approprié que le ministre Roberge annonce que de réelles conséquences attendent les parents qui ne respecteront pas les règles sanitaires en place concernant les voyageurs.

Tous s’entendent pour dire qu’il faut faire tout en notre possible pour garder les enfants à l’école, mais pas au détriment de l’effort collectif. Il faut mettre fin à la tyrannie de la minorité.

1 Loi sur l’instruction publique, article 18.1 

Simon Landry
Enseignant au secondaire à Montréal

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