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Ne laissez pas le Canadien gagner le match 5

Si le Canadien gagne le match numéro cinq à Washington, Montréal remportera la série

Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-04-28T18:00:00Z

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Si le Canadien gagne le match numéro cinq à Washington, Montréal remportera la série.

Si vous êtes des fans des Capitals, je vous le dis: ne laissez pas le Canadien remporter le prochain match.

Je ne peux pas prédire l’avenir et je me suis résigné à accepter que je n’étais pas atteint de douance. Donc votre opinion vaut autant que la mienne pour la suite de cette série.

Par contre, ce qu’on peut faire, c’est faire un saut dans le passé pour se rappeler ce qui s’est produit la dernière fois que le Canadien était exactement dans cette situation.

Se rappeler quelle était l’humeur collective. Quel était le niveau d’espoir.

C’était évidemment en 2021, durant la pandémie.

Tout était sombre

Montréal perdait 3 à 1 dans la série de premier tour contre les Maple Leafs de Toronto, après un cuisant revers de 4 à 0 au Centre Bell.

JDM
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Alex Galchenyuk, avec trois points, et Jason Spezza, avec deux, avaient été les étoiles du match.

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Le gardien des Leafs, Jack Campbell, l’a tellement eu facile qu’il n’a pas eu d’étoile malgré un blanchissage.

Après quatre matchs dans la série, le Canadien totalisait quatre buts et William Nylander en avait autant. Ce n’était pas chic. Cole Caufield avait regardé deux matchs des estrades, en mangeant du popcorn.

Jake Evans et Artturi Lehkonen étaient blessés. Brandon Gallagher jouait avec une main et avait raté une partie du quatrième match.

Personne n’y croyait

Personne ne croyait une seconde que le Canadien avait une chance de revenir.

Dans nos pages, on soulignait qu’il «n’y a pas lieu d’être optimiste».

Que le CH avait été «tout simplement affreux» et que le club n’affichait «pas la fierté pour rivaliser» contre Toronto.

JDM
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Il faut aller où ça fait mal et arrêter de lancer en périphérie, soulignait à l’époque mon collègue Jonathan Bernier, qui mentionnait même que les préposés à l’équipement des Leafs allaient avoir besoin de nettoyant pour enlever les taches de rondelle sur la feuille d’érable au centre de la bedaine du gardien de Toronto.

Mon ancien collègue Réjean Tremblay n’y était pas allé avec le dos de la cuillère de la main morte en écrivant que c’était «de jouer au con» d’avoir essayé d’être un partisan du CH en séries.

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Il s’en prenait même au capitaine Shea Weber, évoquant qu’il n’était pas le genre d’homme capable d’enthousiasmer de jeunes coéquipiers ou même de pousser des vétérans à jouer avec émotion.

Jean-Charles Lajoie prédisait la fin de la série au match cinq ou sinon 48 h plus tard, en parlant d’un «groupe de joueurs disloqués».

Si j’avais écrit quelque chose en 2021, ç’aurait sûrement été dans le même sens que mes collègues. Rien n’allait. Rien ne permettait de croire que le vent pouvait tourner.

Pourquoi pas encore?

Et on sait tous ce qui s’est passé. Un gros but de Nick Suzuki en prolongation, à Toronto, et le CH était de retour.

«Victoire contre la planète entière!», titrait brillamment mon collègue Marc de Foy.

Car oui, le CH avait fermé la yeule à tout le monde.

Comme cette année. Le CH a trompé la plupart du monde. Chaque fois qu’on n’y croyait plus, on dirait que seulement eux y croyaient.

Pourquoi serait-ce si différent cette fois?

C’est pourquoi je pense que ça se peut encore que le CH nous la ferme, la yeule. En plus, tout est pas mal moins sombre qu'en 2021 après quatre matchs. 

Que pendant qu’on braille sur l’arbitrage et l’impolitesse du méchant Tom Wilson, Martin St-Louis et sa gang sont en train de trouver des solutions pour être meilleurs. Car 12 tirs au but à cinq contre cinq, ce n’est pas vargeux.

Et si le CH gagne à Washington, attention. La belle folie va repartir. L’aiguille du fanatisme bipolaire du CH va changer de bord et le Centre Bell va battre tous les records du nombre de décibels pour un match de hockey.

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Après ça, c’est un match sept où, vous savez, tout peut arriver.

Pedro Martinez

Pour les fans de baseball, vous avez deviné, mon narratif s’inspire des propos légendaires du joueur des Red Sox de Boston Kevin Millar, quand son club perdait 3 à 0 dans la série contre les Yankees, en 2004.

Millar avait commencé à dire à tout le monde: «Ne nous laissez pas gagner ce soir!» Il ajoutait que Pedro Martinez et Curt Schilling allaient être les lanceurs pour les deux matchs suivants et qu’au match sept, tout peut arriver.

Vous connaissez la suite.

Bref, ne laissez pas le CH gagner le match cinq à Washington.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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