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Né à Montréal et déménagé à Las Vegas moins d'un an après sa naissance, le fils d'acrobates du Cirque du Soleil représente un cadeau du ciel pour la natation canadienne

Photo Ian MacNicol Natation Canada
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-05-20T16:50:32Z

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TORONTO | Né à Montréal de parents ukrainiens qui habitaient dans la métropole en raison de leur travail comme acrobates avec le Cirque du Soleil, le nageur Ilya Kharun aurait aimé que les Essais olympiques se déroulent comme prévu dans la ville où il a vu le jour.

Un incendie au Parc olympique a obligé Natation Canada à déplacer l’événement au Centre sportif panaméricain à Toronto.

«Je suis né à Montréal et j’aurais aimé y retourner pour les Essais, a raconté Kharun après sa victoire au 200 m papillon. J’étais très excité. Cela aurait été une belle expérience si la piscine n’avait pas été fermée.»

«Je n’avais pas encore un an quand mes parents ont déménagé à Las Vegas, de poursuivre le nageur de 19 ans qui s’est aussi qualifié pour le 100 m papillon où il a terminé en deuxième place. Je n’ai aucun souvenir. Je ne suis jamais retourné à Montréal.»

Photo Ian MacNicol Natation Canada
Photo Ian MacNicol Natation Canada

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Kharun a grandi et a découvert la natation à Las Vegas dès l’âge de quatre ans où ses parents ont été transférés pour le boulot. Ses succès lui ont permis de gravir les échelons jusqu’au jour où il a été invité à représenter les États-Unis au Championnat Panpacifique junior en 2022.

Pas de passeport américain

À sa grande surprise, il a découvert qu’il ne possédait pas la citoyenneté américaine. «J’étais vraiment confus au début quand j’ai réalisé que je n’avais pas ma citoyenneté, a-t-il avoué. Il n’y avait personne à blâmer et je n’en voulais pas à mes parents.»

Au moment où il a découvert qu’il ne pouvait pas représenter les États-Unis sur la scène internationale, la recrue par excellence dans la NCAA (conférence Pac-12 ans) a pris conscience qu’il possédait sa citoyenneté canadienne.

Après avoir mérité sa place lors des Essais de 2022 alors qu’il s’est pointé à la piscine avec une casquette américaine, il a représenté le Canada pour la première fois lors des mondiaux en petit bassin à Melbourne en décembre. Il a remporté l’argent au 100 m papillon et établi deux records du monde junior.

Kharun ne s’est pas arrêté là. Au championnat mondial senior au Japon en 2023, il a terminé au quatrième rang au 200 m papillon établissant deux records canadiens au passage.

À Paris sous les couleurs canadiennes

Le nageur qui a finalement obtenu la citoyenneté américaine représentera le Canada aux Jeux olympiques de Paris. «C’est génial de représenter le Canada et un grand honneur, a-t-il affirmé. Ça va être très spécial de représenter le Canada pour la première fois aux Jeux olympiques. Même si je possède maintenant les deux citoyennetés, je ne prévois d’aucune façon représenter les États-Unis dans un avenir rapproché.»

Protégé de Bob Bowman

À ses débuts dans la NCAA avec Arizona State, Kharun a évolué sous les ordres du légendaire entraîneur Bob Bowman, le même qui a dirigé le plus grand médaillé olympique tous sports confondus de l’histoire Michael Phelps qui compte 28 écus, dont 23 d’or.

Bowman a toutefois quitté son poste en avril dernier après avoir conduit les Sun Devils au premier titre national de leur histoire. Il a accepté une lucrative offre des Longhorns de l’Université du Texas. Les médias parlent d’un contrat d’une valeur de 400 000$ américains.

«Au départ, ce fut un choc et j’ai pensé transférer, a reconnu Kharun. Son départ a eu un gros impact, mais j’ai néanmoins décidé de rester à Arizona State et de faire confiance à l’entraîneur Herbie Behm qui était le bras droit de Bowman.»

Espoir français de premier plan à Paris et coéquipier de Kharun, Léon Marchand est parti au Texas où il a fait le saut chez les pros et s’entraîne sous les ordres de Bowman qui fera partie du personnel de la France aux Jeux.

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