Natation artistique: une première médaille d’or pour le Canada au championnat mondial depuis celle de Sylvie Fréchette en 1991


Richard Boutin
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À sa première compétition internationale depuis deux ans parce qu’elle avait pris une pause après les Jeux olympiques de Tokyo pour se consacrer à ses études en médecine, la nageuse artistique Jacqueline Simoneau brille de tous ses feux à Doha où se déroule les championnats mondiaux aquatiques depuis vendredi.
Samedi, elle a remporté la première médaille de sa carrière au mondial en raflant l’argent au solo technique. Mardi, elle a poursuivi sur sa lancée en décrochant l’or au solo libre.
Cette médaille d’or en solo est la première au mondial depuis celle de Sylvie Fréchette en 1991. La triple médaillée olympique Carolyn Waldo a aussi remporté l’or en solo aux mondiaux de 1982 et 1986.

«Je ne pourrais pas être plus contente, a-t-elle souligné lorsque nous l’avons joint dans le bus la ramenant à l’hôtel. Je ne le réalise pas encore que j’ai remporté l’or sur la plus grande scène internationale. Cette médaille est le fruit de tout le travail accompli au cours de ma carrière. C’était très, très spécial quand j’ai entendu l’hymne national du Canada. J’avais les larmes aux yeux.»
Un moment partagé avec ses proches
La double olympienne a pu partager ce moment unique avec ses parents et son copain qui ont fait le voyage au Qatar. «Quand j’ai reçu ma médaille, j’ai regardé mes parents et mon copain dans les gradins et ça m’a fait tellement chaud au cœur de partager ce moment avec eux. Ils avaient décidé de faire le voyage parce qu’il pourrait s’agir de ma dernière compétition si on ne parvient pas à se qualifier pour les Jeux olympiques de Paris. Mes parents sont présents depuis toujours.»

Simoneau avait aussi une bonne pensée pour les dirigeants du programme de doctorat en médecine podiatrique de l’UQTR. «Je suis énormément privilégiée d’être de retour dans l’eau et très reconnaissante qu’on m’ait permis de poursuivre mes rêves sportifs. Je veux aussi remercier ma physiothérapeute et ma massothérapeute sans qui je ne serais pas ici.»
Si l’objectif numéro un de ce voyage au Qatar est de qualifier l’équipe canadienne aux Jeux de Paris ainsi que le duo qu’elle forme avec Audrey Lamothe, il n’en demeure pas moins que ses performances en solo qui n'est pas une épreuve olympique attirent l’attention.
Fin d'une longue disette
Simoneau a freiné la sécheresse du Canada au mondial. Avant celle de samedi, la dernière médaille remontait en 2011 à l’épreuve de combinaison libre. En solo, il fallait remonter encore plus loin jusqu’en 2009 alors que Marie-Pier Boudreau-Gagnon avait remporté le bronze à Rome.
«Je tourne la page immédiatement puisque le duo libre avec Audrey Lamothe débute mercredi. La priorité est la qualification olympique. En équipe, on a bien fait, mardi, à nos débuts et on se retrouve en bonne position.» Le Canada a pris le 6e rang au programme technique.
Des notes plus objectives
Le nouveau système d’attribution des notes qui récompense le degré de difficultés du programme sourit grandement à Simoneau. «Ça m’aide, mais ça aide aussi tous les pays qui ont maintenant une chance, a-t-elle expliqué. Les notes attribuées sont plus objectives au lieu de se fier sur la réputation et c’était l’objectif de ce changement.»
Simoneau a cité deux exemples qui se sont produits, mardi. «La Grande-Bretagne a remporté sa première médaille sur la scène internationale alors que la Thaïlande a atteint la finale en équipe pour la première fois. C’est super pour notre sport.»
Simoneau, dont la routine présentait le deuxième degré de difficulté le plus élevé parmi les 12 finalistes, a obtenu 264,8207 points comparativement à 253,2833 pour la Grecque Evangelia Platanioto et 245,1042 pour la Russe Vasilina Khandoshka qui nageait sous des couleurs neutres.