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Mylène St-Sauveur révèle pourquoi elle a caché sa première grossesse

«Alertes», le mardi 20 h à TVA. «Babou!», publié chez Bayard Éditions, en librairie dès le 15 octobre.

Patrick Delisle-Crevier

2025-10-09T10:00:00Z

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Mylène St-Sauveur revient d’un été plutôt calme, marqué par la naissance de Laurier, son deuxième enfant. Elle a donc passé quelques mois dans un beau cocon familial en compagnie de son conjoint, Ludovick Bourdages, et de leur fille aînée, Françoise. Elle s’ouvre sur son rôle de mère, sur les raisons pour lesquelles elle avait caché sa première grossesse et sur sa décision de révéler sa deuxième. Elle nous parle aussi de son personnage de Lily-Rose dans la série Alertes et de bien d’autres choses.

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Mylène, comment vas-tu?

Je vais très bien. Je me surprends moi-même à être moins fatiguée et plus en forme que je ne devrais l’être après la naissance de mon petit Laurier, mon deuxième enfant, il y a quelques semaines. Je suis chanceuse, car mon fils fait ses nuits et reconnaît bien le jour et la nuit depuis sa naissance, alors il dort bien et ses parents aussi. Il boit toutes les deux ou trois heures, mais j’ai quand même de bonnes nuits de repos.

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Quel genre d’été as-tu passé?

Je te dirais un bel été sous le signe du cocooning. Mon chum et moi avons essayé de ralentir et de profiter de ce temps en famille. La vie va tellement vite, il se passe tellement de choses autour de nous et dans le monde, alors ça a fait du bien de rester dans notre bulle familiale cet été. Ludovick était aussi partiellement en vacances, car il a pris le congé parental, alors ça nous permet vraiment de passer du temps tant ensemble qu’avec nos enfants. Ça nous permet aussi de penser à nos projets plus personnels. Mon chum travaille sur certains de ses propres projets en ce moment, et j’ai pu écrire Babou!, mon livre pour enfants.

C’est un beau luxe de prendre du temps comme ça!

Oui, nous voulions faire ça une fois de plus, Ludovick et moi. Pour la naissance de notre fille, Françoise, Ludovick avait en partie pris le congé parental, car moi, je n’avais pas le choix de continuer les tournages d'Alertes. Le plus drôle, c’est que nous calculons nos affaires quand nous décidons d’avoir un enfant, justement pour essayer que ça tombe bien entre mes horaires de tournages, qui sont précis et définis à l’avance. C’est un beau luxe de pouvoir prendre un tel congé. Je ne sais pas si nous aurons un troisième enfant. Pour l’instant, nous allons vivre ce que nous avons à vivre et voir si nous agrandissons la famille. Mais en ce moment, deux, c’est parfait.

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Comment vis-tu le quotidien avec deux enfants?

Très bien, même que j’aurais pensé que ce serait plus le chaos que ça d’avoir deux enfants en bas âge. C'est peut-être parce que Laurier est un bébé bonbon, il est très facile, mais pour l’instant, ça va très bien, je trouve. Je ne trouve pas que le clash est si grand. Oui, ce sont des routines de plus, c’est un peu plus d’organisation, mais je suis tellement contente d’être une maman et j’aime avoir ça dans mon quotidien. On est encore dans la phase «lune de miel» avec cette nouvelle situation et, pour l’instant, rien n’est chaotique, bien au contraire.

Es-tu la maman que tu pensais être?

Je n’avais aucune idée de comment je serais, mais je peux affirmer que je vais m’inquiéter pour mes enfants pour le reste de mes jours. Un rien fait en sorte que je stresse, mais on a un bon entourage autour de nous, que ce soit la famille, les voisins ou les professionnels de la santé. On est des gens débrouillards, attentifs et à l’écoute, et j’ai confiance dans les outils que j’ai en tant qu’humain et comme maman. Mais je vais toujours m’en faire pour mes enfants, ne serait-ce qu'à cause du contexte social, politique et environnemental dans lequel nous évoluons en ce moment.

Ludovick est un papa présent et moderne, qui prend des congés parentaux. Ce ne sont pas tous les papas qui font ça...

Effectivement, et je suis chanceuse d’avoir un conjoint comme lui. C’est un privilège de former une équipe avec lui, et si notre relation se termine un jour, je sais qu’il sera un papa formidable, que nous allons continuer à avoir un bon dialogue et à former une bonne équipe pour nos enfants. C’est un conjoint et un papa formidable et, dès le début, je savais que je pourrais lui faire confiance et avoir des enfants avec lui un jour. Il sait prendre soin de lui et des autres, il a une belle hygiène de vie, j'ai confiance en son éducation et nous avons les mêmes valeurs. Je suis persuadée que c’est le meilleur papa que je pouvais avoir pour mes enfants. Être un papa à la maison, il ne voit pas ça comme une faiblesse, mais plutôt comme un privilège et une occasion de tisser de beaux liens avec ses enfants.

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Françoise a trois ans et demi alors que son petit frère, Laurier, vient tout juste de naître. Était-ce important pour toi de prendre cette pause entre les deux?

Oui, nous voulions prendre notre temps et profiter de la présence de Françoise seule, de vivre cette vie de fille unique avec elle. Nous avons pleinement vécu la vie et les vacances à trois, et maintenant, avec le petit Laurier qui s’ajoute, c’est une autre dynamique. Mais c’est magnifique de voir notre petite Françoise avec son frère, elle l’aime tellement. Je pense que la phrase que je dis le plus souvent dans une journée, c’est: «Doucement avec Laurier, Françoise, il est fragile.» Tout ça, c’est formidable. Je suis consciente de l’importance de la fratrie. Mes parents me disaient toujours de bien m’entendre avec mon frère, que, plus tard, quand ils ne seront plus là, il restera mon frère. J’ai recréé cette dynamique avec Françoise et Laurier, et j'adore mon frère, qui est le parrain de ma fille. J’espère inculquer tout ça à mes enfants un jour. Mon chum a lui aussi une sœur, Mylène, dont il est très proche. D’ailleurs, je ne pourrais pas prendre le nom de famille de mon chum si on se mariait, nous serions deux Mylène Bourdages!

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Aimerais-tu te marier?

Non, je ne pense pas. Deux enfants et une hypothèque, je pense que ce sont de belles preuves d’engagement! Bon, si je devais le faire pour des visas de travail à l’étranger ou un truc bureaucratique du genre, oui. Mais autrement, pas vraiment. Si nous nous marions un jour, ce serait quelque chose de très intime, genre juste nous deux. J’ai déjà tellement d’attention de tout le monde au quotidien que je n’ai pas besoin d’une journée où tout tourne autour de moi. Même que je n’aimerais pas tellement ça.

Vous êtes ensemble depuis sept ans. Est-ce que ç'a été le coup de foudre entre vous?

Oui, mais pas quelque chose qui déchire l’âme et qui rend fou. Je suis tombée amoureuse de ce gars-là avant tout pour son intellect, pour sa façon d’être, que j’ai découverte au fil des rencontres. Au début, je l’ai trouvé brillant, je trouvais qu’il avait de la jasette et qu’il connaissait tellement de choses. Mais je suis véritablement tombée amoureuse de lui à force de découvrir ses différentes facettes et de le voir interagir avec les gens.

Parle-moi maintenant de cette belle série qui s’appelle Alertes. As-tu vécu ta grossesse sur ce plateau?

Oui, et je dois avouer que c’est un beau privilège de pouvoir tourner enceinte. Je pense que c’est important qu’on en parle, et c’est aussi pour ça que, cette fois-ci, je n’ai pas vécu ma grossesse en cachette comme je l’ai fait lorsque j’étais enceinte de Françoise. J’étais restée isolée, je suis allée une seule fois à une première et j’avais gardé mon manteau pour cacher mon ventre rond.

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Pourquoi avoir caché cette première grossesse?

J’avais parlé à tellement d’actrices qui m’avaient dit que, si je le disais, j’allais rester enceinte pendant trois ans dans la tête des producteurs et réalisateurs. C’est comme ça, surtout que c’était en plein cœur de la pandémie, alors j’ai décidé de garder cette affaire-là privée. Je ne savais pas comment le dire et j’avais beaucoup de mal avec ça. Finalement, ça m’a demandé tellement d’énergie de le cacher que, pour ma deuxième grossesse, j’ai décidé de l’annoncer et de la vivre pleinement, à la vue de tous. De toute façon, j’allais tourner Alertes: Cobra enceinte, et ensuite, j’allais tourner Alertes enceinte. Ç'a été super le fun, excitant et agréable avec l’équipe, et Julien Hurteau (le réalisateur des deux séries) a été fabuleux avec moi durant le tournage. Il a fait des petits miracles pour cacher mon bedon avec des iPads, des boîtes et des lampes à l’avant-plan. Comme mon personnage faisait une fausse couche et qu’elle avait un cancer de l’utérus, c’était impossible qu’elle soit enceinte.

Tu as dit que tu avais ressenti une forme de culpabilité par rapport à ton personnage. Peux-tu m'expliquer ça?

Lily-Rose, mon personnage, a appris qu'elle ne peut pas avoir d’enfant, alors que moi, je peux. J’ai trouvé ça difficile de vivre ce faux deuil à travers mon travail d’actrice, de devoir m’infliger de grandes émotions et des scènes de pleurs alors que j’étais enceinte. Lily-Rose se sentait tellement vide, alors que moi, je me sentais tellement pleine parce qu’enceinte de plusieurs mois. Je revenais à la maison et j’avais du mal à négocier avec ce contraste d’émotions.

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As-tu ressenti le besoin de parler à l’enfant qui était dans ton ventre lors de ces tournages?

Oui, un peu comme je l’avais fait avec Françoise et une grosse scène d’agression que j'ai tournée à l’époque. Je disais alors: «Maman s’en va travailler.» Je rassurais mon enfant dès que je le pouvais. Je vivais tellement de grandes émotions à travers mon personnage et ses différentes scènes difficiles que je devais rassurer ce bébé dans mon ventre. Frédéric Millaire Zouvi, qui jouait mon agresseur, parlait lui aussi au bébé. Tout ça s’est fait le plus sainement possible.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Que représente le personnage de Lily-Rose pour toi?

C’est l’un des plus grands cadeaux possibles que de recevoir un rôle principal comme ça, offert sur un plateau d’argent, sans même que j’aie à passer une audition. On m’avait vue dans L’heure bleue pendant plusieurs années et on m’a offert ce rôle, d’abord dans Alerte Amber, puis dans Alertes. C'est un cadeau immense de pouvoir porter ce rôle pendant autant d’années et d’être impliquée au point de proposer le documentaire Alertes: Cobra. Passer du temps à suivre de vrais policiers pour ce projet a été très formateur. Avant, je voyais notre ville avec des lunettes roses; là, ce n’est plus du tout le cas.

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Ta carrière ressemble-t-elle à ce que tu envisageais au départ?

Non, pas du tout, et je pense que ça me surprend chaque fois. Encore aujourd’hui, je me pince de voir que je fais partie de ce milieu-là et que j’ai aussi bien réussi ma transition de jeune adolescente à femme. Je sais que je suis chanceuse, mais je travaille fort. À un moment donné, je rêvais d’aller à Los Angeles, puis en France, mais finalement, j’ai décidé de ne pas le faire et je n’ai aucun regret. Probablement que si j’étais partie, je n’aurais pas rencontré mon chum et je n’aurais probablement pas mes deux enfants. Je pense que rien n’arrive pour rien.

Quels sont tes autres projets?

J’ai des projets d'écriture. J’aimerais éventuellement proposer mes propres projets et je m’en vais aussi étudier à L’inis. Sinon, je lancerai sous peu un premier livre, qui a pour titre Babou!. J'ai eu cette idée alors que je berçais Françoise, un soir, parce que «babou» est l’un des premiers mots que ma fille a dits. Elle utilisait ce mot pour tout ou presque et, encore à ce jour, je ne sais pas ce que ça veut dire. Puis, à un moment donné, je me suis mise à imaginer que Babou était son ami imaginaire, parce que moi, jeune, j’en ai eu beaucoup, des amis comme ça. Peu à peu, j’ai gribouillé quelques phrases, et mon livre a fait son bout de chemin jusqu’à une maison d’édition. C'est comme un legs pour ma petite Françoise et j’ai déjà une idée pour un deuxième. Écrire ce livre m’a aussi permis de soigner certaines blessures de la petite Mylène que j’étais, et c’est important pour moi, parce que la lecture est probablement le moment le plus important que je partage avec mes enfants, chaque soir.

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