Musée national des beaux-arts du Québec: des trésors de Riopelle en cadeaux avant Noël

Cédric Bélanger
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À moins de dix jours de Noël, le Musée national des beaux-arts du Québec a déballé des cadeaux d’une valeur inestimable, lundi matin: de remarquables toiles de Jean Paul Riopelle, rarement ou jamais vues chez nous, et qui sont destinées au nouveau pavillon qui sera consacré dès 2026 au grand peintre québécois.
Trois œuvres majeures de Riopelle, des «trésors nationaux», s’est emporté le directeur du MNBAQ, Jean-Luc Murray, ont été extraites des lourdes caisses de bois dans lesquelles elles ont fait le voyage de Vancouver à Québec.

Jusqu’à maintenant, 38 des 66 tableaux de Riopelle offerts au MNBAQ en vue de la construction de l’Espace Riopelle, par les hommes d’affaires/collectionneurs Michael Audain et Pierre Lassonde, de Vancouver et Toronto, sont arrivés à Québec.
La donation totale vaut 120 millions de dollars. La valeur de chaque œuvre est estimée entre quelques centaines de milliers de dollars à presque 10 millions.
«Nous avions la plus grande collection de Riopelle avec 447 œuvres, mais il nous en manquait à certaines époques, notamment dans sa période classique des années 1950. (...) Maintenant, c'est comme si vous allez voir le Musée Picasso, en Espagne, où vous avez tous les trésors ultimes de Picasso. Nous serons dans la même position pour Riopelle. C'est hyper excitant», se réjouit Jean-Luc Murray.
Émotions
À la vue de l’épatant Les oies sur la ville, un tableau de 160 x 240 centimètres, on a entendu des murmures d’admiration parmi les représentants des médias de Québec. La conservatrice Özlem Gülin Dağoğlu, qui le voyait en personne pour la première fois, était émue.
«J’entends presque le battement des ailes des oies. C’est formidable», a-t-elle échappé en scrutant l’œuvre datée de 1983-1984.
Sans titre, un impressionnant triptyque créé en 1954, de même que Indian Summer, une huile sur toile de 1957, ont aussi été montrés aux journalistes, tout comme des œuvres sur papier de sa période automatiste, des années 1940.

«Tout ce que nous avons déballé démontre à quel point Riopelle est un artiste prodige, un artiste exceptionnel», s’exclame Mme Dağoğlu.
D’autres mécènes se manifestent
Rapatrier à grands frais au Québec de tels trésors a demandé des mois de planification. Chaque tableau a été transporté dans des caisses en bois faites sur mesure. Ils ont été déballés avec grand soin puis inspectés par des spécialistes, au départ comme à l’arrivée, afin de déceler la moindre imperfection.

Ce n’est pas terminé. En plus du don initial de MM. Audain et Lassonde, le MNBAQ a reçu des offres d’autres mécènes depuis l’annonce de l’Espace Riopelle, raconte M. Murray.
«Riopelle était ami avec un des plus grands artistes contemporains chinois, Zao Wou-Ki. Sa femme nous a donné une œuvre que Riopelle avait offerte au couple en cadeau de mariage. C’est ce genre d’élan que crée un projet comme celui-là. On compte bien en profiter.»