Motomarines et motoneiges: après avoir frôlé la mort, Taiga est prête pour «l’électrification de masse»
L’entreprise montréalaise se prépare à livrer des milliers de véhicules par année


Sylvain Larocque
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Samuel Bruneau, cofondateur et PDG de Taiga Motors, attendait ce moment depuis des années: le lancement d’une motomarine qui permettra, espère-t-il, «l’électrification de masse de la navigation de plaisance».
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La nouvelle Orca Performance a été dévoilée la semaine dernière à Montréal. Son prix est corsé – environ 26 200$ – mais tout de même plus attrayant que celui de 35 600$ de sa prédécesseure, l’Orca Carbon.

On est loin des prix d’un Sea-Doo à combustion, qui commencent à 8000$. Mais «adieu les voyages à la station-service, les allers-retours pour transporter le carburant jusqu’au quai, les déversements dans le lac et les entretiens sans fin du moteur», fait valoir Taiga.
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«Le gros défi, c’était de faire beaucoup d’optimisation en termes d’ingénierie et de processus de production sans compromettre la performance», raconte M. Bruneau, 32 ans, que Le Journal a rencontré aux installations de l’entreprise, à Montréal.

La production de la motomarine est largement automatisée afin de réduire les coûts. Pour y arriver, Taiga a modifié la batterie du véhicule pour en retirer pas moins de 700 pièces!
Bouées de sauvetage
Taiga a bien failli disparaître avant de pouvoir vivre son grand jour. En mars, confrontée à de «graves difficultés financières», elle a obtenu des bouées de sauvetage de 25 M$ de la firme ontarienne Northern Private Capital et de 15 M$ d’Investissement Québec.
«On a travaillé fort, au cours des deux dernières années, pour trouver les bons fournisseurs qui étaient capables de nous soutenir avec des pièces de qualité à des prix intéressants avec le volume qu’on recherche et pas juste pour aujourd’hui, mais pour les prochaines années», explique Samuel Bruneau.
Abonnés aux géants BRP, Polaris et Yamaha depuis des décennies, certains fournisseurs étaient réticents à faire affaire avec ce nouveau venu.
«Il y a certaines tensions avec notre gros voisin [BRP]», reconnaît M. Bruneau, en précisant toutefois que dans l’ensemble, les choses se passent bien. Les deux constructeurs québécois de véhicules de sports motorisés partagent plusieurs fournisseurs, dont Soucy à Drummondville et Camso à Magog.
Amenez les concurrents
Samuel Bruneau et deux autres étudiants de l’Université McGill ont fondé Taiga, en 2015, parce qu’aucun constructeur établi ne s’intéressait à l’électrification. Depuis, BRP s’est engagée à offrir une gamme complète de véhicules électriques. M. Bruneau assure que l’arrivée du géant de Valcourt dans son créneau ne lui fait pas peur.
«On ne sera pas capables de répondre seuls à toute la demande, il va falloir que d’autres joueurs rentrent», affirme-t-il.
Taiga se prépare à déménager sa production à Shawinigan, entrevoyant déjà le jour où son usine montréalaise, qui a une capacité de 10 000 véhicules par année, ne suffira plus à la demande.
«On a livré quelques centaines d’unités [motomarines et motoneiges] dans la dernière année, rappelle Samuel Bruneau. Là, on veut monter à plusieurs milliers par année. Je pense qu’on a tout en place pour le faire, finalement. On a les pièces, on a les fournisseurs, on a les capacités manufacturières. Alors il s’agit de livrer là-dessus dans la prochaine année.»
Et si BRP lui faisait une offre qu’il ne pouvait pas refuser?
«On n’est pas vraiment à vendre», martèle l’entrepreneur.