Mort d’Alex Pretti: «On est pris entre l’arbre et l’écorce», confie un Québécois qui travaille comme policier à Minneapolis
Agence QMI
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Au lendemain de la mort d’Alex Pretti, tué par des agents fédéraux, un policier de Minneapolis d’origine québécoise dénonce un problème de communication entre les différents corps policiers et affirme que les autorités locales sont prises «entre l’arbre et l’écorce».
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Présent dans les rues de Minneapolis, où nous l’avons rencontré, pour tenter de calmer la population et assurer aux citoyens que la police municipale est là «avec eux», Déitan Dubuc a confié que la situation des derniers jours était «très difficile».
«Il n’y a pas beaucoup de communication [...] Quand on apprend ce qu’il s’est passé, c’est déjà fini [...] quand on arrive [sur place], les agents fédéraux s’en vont et nous, on reste sur le terrain à être obligé de s’occuper, après l’incident [...] des gens qui sont frustrés, et je comprends qu’ils soient frustrés», a confié le policier de Minneapolis à notre envoyé spécial Félix Séguin.
Alors que de nombreuses vidéos du moment où Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été abattu au terme d’une violente altercation avec des agents fédéraux samedi circulent sur internet, Déitan Dubuc a rappelé l’importance de prendre du recul.
«Quand il manque de détails et que les gens ne savent pas pourquoi [les agents fédéraux] sont là, ce qu’ils cherchent, et quand il manque de l’information, les gens sont frustrés et ne savent pas quoi faire.»
«C’est apeurant»
Même s’il préfère attendre que «toutes les investigations soient finies» avant de se prononcer, Déitan Dubuc rappelle toutefois qu’au cours d’une intervention comme celle-ci, les agents doivent communiquer entre eux: ils doivent notamment avertir lorsqu’un individu est armé, mais aussi lorsqu’il est désarmé afin d’annoncer que la menace est éloignée, pour éviter toute escalade.
«Le problème, c’est que [les vidéos] ne donnent qu’un angle. On ne sait pas ce qu’il s’est dit avant, ce qu’il s’est passé avant. [...] Quand tu regardes ces vidéos-là sans comprendre vraiment ce qui est en arrière, c’est apeurant.»
Une chose est sûre pour M. Dubuc: il y a eu un manque de communication entre les agents fédéraux et les policiers municipaux, qui doivent ramasser les pots cassés.
«Il y a un manque de communication entre les agents fédéraux et les policiers de la ville. [...] Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, je suis ici. [...] Je prends la décision de venir travailler ici un dimanche pour pouvoir avoir des conversations avec la communauté, pour qu’ils comprennent qu’on n’est pas contre eux, on est avec eux, mais qu’on est pris entre l’arbre et l’écorce.»
Écoutez le reportage complet dans la vidéo ci-dessus.