Montréal a tout ce qu'il faut pour ajouter une équipe d'envergure

Jean-Charles Lajoie
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Mine de rien Montréal et sa région immédiate ont fait vibrer trois lieux différents en mode salle comble dans un espace-temps d’à peine huit heures samedi.
Le Centre Bell affichait complet pour un match historique entre Montréal et Toronto dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF).
Plus de 21 000 spectateurs, foule record de la jeune histoire de cette équipe, mais hélas une défaite au bout du match... n’empêche, l’émotion était de forte à très forte, des larmes ont été versées, des hauts cris de joie aussi.
Samedi, la victoire de Montréal importait peu, la victoire du hockey féminin prenait toute la place... et elle fut importante.
Toutefois, comme le répète souvent avec beaucoup de justesse Annie Larouche, la présidente de l’Alliance au basketball, Montréal n’a pas d’amour pour les perdants.
Peu de temps après la défaite de la bande de Marie-Philip Poulin, le CF Montréal et le Rocket de Laval disputaient des matchs à domicile.
Encore là dans les deux cas devant des salles combles. Près de 20 000 spectateurs au Stade Saputo par un froid digne des plus tolérants canards, le Rocket devant plus de 10 000 amateurs venus les saluer une dernière fois cette saison à Laval.
Au global ça fait plus de 40 000 spectateurs qui ont payé un ticket pour assister à un événement sportif dans la métropole samedi, excluant un match du Canadien qui est un automatique ou encore un match des Alouettes qui redevient aussi un automatique de plus en plus, merci à la Coupe Grey si brillamment gagnée.
Et tout ça malgré un circuit routier en totale déroute sur l’île de Valérie Plante. Montréal me fait pitié tellement elle n’est plus l’ombre de la ville agréable à fréquenter que j’ai connue et arpentée pour la première fois il y a bientôt 40 ans.
C’est terrible comment il est hasardeux, voire impossible de circuler en véhicule automobile sur l’île maudite par les temps qui courent. La multiplication des travaux aux quatre coins de la ville rend les déplacements affreusement difficiles.
Ça met du monde heureux et excités de se rendre à un concert ou un match de sport des clients qui arrivent à leur événement en beau calvasse.
Je ne comprends pas comment on a pu comme société en arriver là, mais clairement cette ville a besoin d’amour beaucoup plus que de totalitarisme sur fond vert à outrance sans véritable vision et dénudé de tout plan directeur.
Mais passons... on fait du sport ici.
Je me passais la réflexion depuis samedi et me disais que Montréal a tout ce qu’il faut pour ajouter une franchise d’envergure à son offre sportive.
Les succès du Rocket et des filles de la LPHF, de l’Alliance et de la Toundra au basket qui attirent près de 3000 spectateurs à chacun de leurs matchs, le CF qui affiche complet cette saison, les Alouettes qui assistent à une recrudescence de la demande pour des billets que l’équipe n’a pas connue depuis les beaux jours du petit Larry.
Je pense que l’honorable Michael Fortier a raison d’appuyer sur l’accélérateur de son grand projet de doter Montréal d’une concession de la NBA.
Je ne vois aucun obstacle à la réussite colossale d’un tel projet. La clientèle du basketball est totalement différente de celle du hockey, du soccer ou encore du football.
Il n’y a pas 20% de recoupement entre les partisans purs et durs de ces sports, et avec maintenant plus de 9 millions de résidents, combinée à un multiculturalisme débordant, Montréal a tout ce qu’il faut pour supporter une équipe de la NBA.
Les nostalgiques des Expos qui ont eu un gros fun samedi soir à Laval lors de l’Expos Fest de mon ami Perry Gee diront certainement que Montréal peut aussi faire vivre une concession du baseball majeur.
Je ne suis pas en désaccord, j’ai tellement aimé les Expos que je ne vais jamais cracher dans la soupe.
Mais sans un stade tout neuf et en plein air au centre-ville, ce projet est nul et non avenu.
Autrement dit: sans vision, sans envergure, en croyant que nous sommes désormais nés pour un bien petit pain et qu’en conséquence on ne fera jamais de sandwichs pour personne, il faut oublier les projets sportifs structurants.
Des moteurs de retombés économiques importants, mais aussi, et j’ai envie de dire surtout, des moteurs de fierté pour un peuple qui lentement mais surement reprend confiance en lui-même... à défaut de pouvoir avoir confiance en ces institutions.