Mon papa, le football et moi...


Marc Calixte
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Comme bien des partisans des Alouettes, j’ai été extrêmement touché par la performance du quart-arrière Davis Alexander qui, inspiré par son papa et sa bataille contre le cancer, a mené l’équipe à la victoire, vendredi dernier, en Saskatchewan.
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Ce moment sportif m’a aussitôt amené une introspection face à l’importance d’une relation entre un fils et son père et vous me pardonnerez de me servir de cette chronique, un peu plus personnelle qu'habituellement, afin de rendre hommage à Jean-François Calixte.
La présence d’un père est tellement importante et j’ai la chance que le mien soit toujours en vie, à 73 ans.

Pour tracer un bref portrait, je dois préciser que mon papa Jean-François s’est retrouvé monoparental durant mon adolescence. Si j’avais choisi de demeurer avec mon père, contrairement à ma petite sœur Hyngrid partie vivre avec maman, il y a aussi Mike et Jocelyn qui étaient venus habiter avec nous.
À la suite du décès de leur propre mère, une cousine de la famille, Mike et Jocelyn avaient joint notre humble demeure et je les considère aujourd’hui comme des frères.
Pour être honnête, mon père ne connaissait pas grand-chose au football, mais il nous avait inscrits, tous les trois, à ce sport. S’il n’avait rien pour devenir entraîneur, il était souvent l’ultime bénévole qui s’impliquait dans la vente de hot-dogs ou encore des fameux billets de tirage moitié-moitié. Spécialiste dans le domaine, il avait même un prix pour... une longueur de bras.
Arrogantes salutations
Jean-François Calixte ne connaissait donc rien au football, mais je le savais derrière Mike, Jocelyn et moi. Papa était présent à pratiquement tous les matchs des Vikings de Laval-Nord, entre autres. Et ce, même si son emploi au Canadien National, où il assurait la construction et la maintenance de wagons, le tenait fort occupé. Jusqu’à ce que la «shop» ferme à LaSalle.
J’adorais savoir que mon père était dans les estrades. Une anecdote que j’aime bien raconter remonte à l’époque où je jouais avec les Cheetahs du Collège Vanier. On affrontait nos éternels rivaux, les Spartiates du Cégep du Vieux Montréal. Durant le match, j’avais réussi une interception et pendant que je ramenais le ballon dans la zone des buts pour le touché, j’avais aperçu papa sur les lignes de côté. Je l’avais salué en courant, car j’étais content de le voir, mais le geste qui semblait arrogant avait fâché l’autre équipe. Après ce jeu, les Spartiates voulaient me tuer.
Papa était d’ailleurs le médiateur parfait dans toutes les situations. C’est lui qui m’a appris l’art de désamorcer de potentiels conflits. Ça peut certainement aider dans une carrière au football, mais aussi dans la vie en général.
De la fierté dans le visage
Jean-François Calixte était un père autoritaire, mais n’avait pas besoin d’être sévère. Il imposait la discipline et on avait intérêt à l’écouter, tout simplement. Surtout, c’était impossible de l’offusquer. Il m’a rarement dit «je t’aime», mais il me l’a toujours démontré. Je me souviens notamment à quel point il était fier, le 23 novembre 2008, quand j’avais gagné la coupe Grey dans l’uniforme des Stampeders de Calgary, au Stade olympique, contre les Alouettes. Mike et Jocelyn étaient là aussi pour m’encourager. Cette fierté, je l’ai encore vue dans son visage, en 2013, quand les Stampeders avaient organisé une petite célébration, à Calgary, pour souligner ma retraite. Papa avait tenu à faire le voyage pour l’occasion.
Ce que mon père m’a transmis, je tente aujourd’hui de l’appliquer auprès de mon fils Bradley, qui joue au football pour les Centurions de la Polyvalente de Deux-Montagnes, mais aussi auprès de mes filles Alyssa, ma championne de gymnastique, et Danica, qui excelle en cheerleading. Seule différence, je n’hésite pas à leur dire que je les aime.
À dimanche!
Pour revenir à Davis Alexander, il tend à devenir une révélation dans la LCF, mais les dirigeants des Alouettes savaient déjà qu’ils comptaient sur un joueur spécial.

Le dernier match, en Saskatchewan, a maintenant aidé à développer un attachement émotionnel avec les partisans. Prochain rendez-vous, que ce soit avec Alexander ou Cody Fajardo au poste de quart-arrière: dimanche, à Montréal, contre les Elks d’Edmonton.
Propos recueillis par Benoît Rioux
