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«Moi, je te le dis, c’est Gallagher» : Tim Bozon peut vous parler longtemps de Vinzenz Rohrer

Le jeune attaquant Vinzenz Rohrer et le vétéran Brendan Gallagher sont deux joueurs aux styles très similaires, selon l'ancien espoir du Canadien Tim Bozon.
Le jeune attaquant Vinzenz Rohrer et le vétéran Brendan Gallagher sont deux joueurs aux styles très similaires, selon l'ancien espoir du Canadien Tim Bozon. Photos Martin Chevalier
Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2025-10-03T03:30:00Z
2025-10-03T03:32:19Z

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Tim Bozon n’appartient plus à l’avenir des Canadiens de Montréal depuis belle lurette. Tout le contraire de Vinzenz Rohrer, l’espoir du Tricolore qui l’a battu deux ans de suite en finale de la Ligue suisse.

Rohrer est, comme Bozon, un choix de troisième tour de l’organisation, mais une décennie sépare leurs sélections respectives. L’Autrichien peut, lui, encore rêver à Montréal. 

 «Tannant à jouer contre», décrit Bozon au bout du fil. «Toujours dans ta face.»

Tim Bozon lors du camp des recrues du Canadien de Montréal à Brossard, en septembre 2014.
Tim Bozon lors du camp des recrues du Canadien de Montréal à Brossard, en septembre 2014. Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

Alors que Rohrer conspirait à lui infliger une autre déception, multipliant les actions détestables pour l’autre équipe, mais bénéfiques pour la sienne, Bozon replongeait dans ses souvenirs. Il revoyait Brendan Gallagher lorsqu’il jouait, avec Lausanne, contre les Lions de Zurich de Rohrer.

«Il est incroyable, confie le survivant d’une méningite, qui a trouvé son erre d’aller en Suisse et y connaît une carrière des plus respectables. Je pense vraiment que c’est un Gallagher 2.0. Et je ne dis même pas ça parce qu’il a été repêché par Montréal.»

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On vous rappellera d’ailleurs que Marc Bergevin avait essayé de casser le contrat de Bozon. Pas qu’on lui prête l’intention d’en être encore amer – de toute façon, les choses ont bien changé au septième étage –, mais vous n’avez pas là un agent de propagande bleu, blanc, rouge.

«Tu m’aurais dit qu’il a été repêché par Anaheim ou Boston, je t’aurais dit la même chose. C’est un Gallagher.»

Qu’est-ce que Bozon en sait? Beaucoup, en fait, tant sur Rohrer que sur Gallagher. Ce dernier a été repêché deux ans avant Bozon par le CH.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

«J’ai affronté Gallagher à sa dernière année dans la WHL, rappelle Bozon. J’ai pris part à plusieurs camps avec lui à Montréal. On s’est même entraînés un été ensemble.»

Bozon ne cesse d’insister sur la comparaison entre ces deux ailiers fougueux, comparaison qu’il étaye avec des observations exhaustives tirées de ses affrontements avec les Lions de Zurich.

«Il joue gros. Il sera toujours le premier dans les coins. Il va mettre de grosses mises en échec. Il est fort sur la rondelle, fort devant le filet. Franchement... wow ! Je l’ai vu plusieurs fois dans les deux dernières années, et deux fois en finale. Et les deux fois, c’est lui qui ressortait du lot du côté de Zurich.

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Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

«En séries, tu ne vois presque que lui, en fait... Franchement, j’aime beaucoup... j’aime beaucoup!»

On décrit Rohrer comme une étrange créature dans le paysage du hockey européen, plus périphérique, moins axé sur le jeu physique.

«Il n’y a pas beaucoup de gars en Europe qui jouent ce style-là, aussi droit au but. En Europe, quand tu contournes un joueur, tu n’arrives pas tout de suite au filet. C’est un peu plus dur [de marquer]. Il aurait encore plus de succès sur une petite glace», prédit Bozon.

Un marqueur de 20 buts?

Le Français prédit aussi 20 buts à Rohrer dans la Ligue nationale de hockey. Parce qu’encore une fois, il revient à Gallagher, qui a lui aussi réussi à en marquer 20, et même plus durant certaines saisons, en se tenant dans les endroits où ça chauffe.

«Il peut marquer 20 buts! assure-t-il. Il a le potentiel, les habiletés pour en mettre 20. Évidemment, il les marquerait en fonçant au filet, il a quand même un bon tir et un sens du but. Quand il sera dans l’enclave ou à 2 contre 1, il sera capable de la mettre au fond. Moi, je te le dis, c’est Gallagher.»

Il n’en démord pas!

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Ce que l’on a vu de Rohrer au camp d’entraînement des Canadiens, c’est un style nord-sud qui se transpose très bien dans un rôle de soutien, sur un quatrième, voire troisième trio. On a vu beaucoup de détermination, de détails dans son jeu, mais le jury délibère sur sa capacité à générer de l’attaque au plus haut niveau.

«Il a des skills, hein, nous corrige Bozon. Non, il n’est pas flamboyant et il ne mettra pas des buts à la Demidov, mais il a une énergie qui lui permet d’être bon partout.»

Les plus futés se demanderont aussi comment on peut projeter la vingtaine de buts à Rohrer dans la LNH s’il ne remplit pas exactement le filet dans la Ligue suisse (22 buts en 101 rencontres là-bas).

«C’est une ligue où si tu n’es pas un joueur étranger, tu ne vas pas forcément toucher au premier avantage numérique, précise Bozon, sachant que les équipes doivent faire des promesses à ces joueurs pour espérer les recruter. Chaque année, le top 20 des pointeurs en Suisse est presque entièrement composé des joueurs étrangers, et il y a deux ou trois Suisses. C’est dur de marquer en Suisse, particulièrement quand tu es un jeune.»

Là où Bozon devient finalement plus prudent au sujet de Rohrer, c’est quand il est question du moment où il sera en mesure de marquer ces buts dans la LNH. Bozon aimerait voir Rohrer jouer encore quelques saisons au pays de la neutralité. Il est néanmoins plus probable que Rohrer débarque à Laval ce printemps une fois qu’il aura honoré ses obligations contractuelles à Zurich.

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La Suisse ou Laval

«Je pense qu’il faut être patient, plaide Bozon. Il est dans une bonne ligue, dans une bonne équipe pour continuer son développement. Il pourra travailler sur son côté offensif et montrer qu’il est capable de mettre des points. Il n’a pas besoin de se précipiter; s’il arrive à 24, 25 ou 26 ans, ce n’est pas grave. Il sera encore plus prêt physiquement et il fera le saut directement [dans la LNH].»

Il restera une autre année au contrat de Gallagher après celle-ci. L’échéance de l’entente, 2027, concordera-t-elle avec l’arrivée de son remplaçant?

Si Rohrer n’y parvient pas, ce sera en dépit d’avoir tout donné.

«Est-ce qu’il est assez fort physiquement pour contrer le poids d’un joueur de la LNH? La volonté est là. Il veut. Il est capable de faire des jeux et il a une bonne tête de hockey. Il va au filet. C’est sa stature [l’enjeu]», nous avait confié Martin Lapointe au terme du camp de perfectionnement du CH au mois de juillet.

«Est-ce qu’il sera capable de tasser des gars, de rentrer dans le trafic et de rester efficace? s’était interrogé Lapointe à voix haute. Ce n’est pas son manque de combativité [le problème]. Il va ressortir parce qu’il est compétitif. S’il joue un jour, c’est à cause de son chien.»

Remarquez, les mêmes doutes, on les avait émis au sujet de Gallagher avant qu’il ne s’enracine à Montréal.

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