François Legault préfère défendre le mode de scrutin actuel parce qu’il « profite du système », regrette le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.
Le chef caquiste, qui faisait campagne À Rouyn-Noranda, jeudi, a évoqué la possibilité de relancer le processus de réforme du scrutin, non pas dans un prochain mandat, mais « à long terme ».
« Je continue à penser qu’à long terme, c’est quelque chose qu’il va falloir envisager », a-t-il indiqué, après que le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon ait laissé entendre que les électeurs insatisfaits du statu quo pourrait prendre la rue.
« Il y a des avantages et des désavantages à chacun des modes de scrutin », a relativisé le premier ministre sortant, qui répète jour après jour qu’une réforme du mode de scrutin ne fait pas partie des priorités des Québécois.
En 2018, François Legault s’était engagé à réformer le mode de scrutin pour une proportionnelle.
Ne rien exclure
« Il ne faut rien exclure à long terme car les Québécois veulent que les partis travaillent plus ensemble. Je n’ai pas changé d’idée », a-t-il assuré.
Le premier ministre sortant a convenu qu’il pourrait y avoir une distorsion du vote le 3 octobre prochain et faire en sorte qu’un parti qui récolte pourtant l’appui de 15% du vote n’ait pas ou peu de députés élus.
« C’est arrivé dans le passé, souvenez-vous de René Lévesque en 70-73, c’était arrivé qu’il avait eu un grand pourcentage et peu de député. C’est notre système, malheureusement, qui a des désavantages, mais qui a d’autres avantages sur la stabilité des gouvernements et la capacité de faire des changements qui sont nécessaires dans notre société », a fait valoir le chef de la CAQ.
Le statu quo « fait son affaire »
« C’est l’argument de quelqu’un qui profite du système », a rétorqué Gabriel Nadeau-Dubois.
Sans vouloir s’avancer sur les résultats de l’élection, le co-porte-parole de Québec solidaire n’écarte pas que le scénario de 2018 se reproduise.
« Au dernier scrutin, François Legault a bénéficié d’une majorité des sièges, alors qu’il n’a pas eu la majorité des votes », a rappelé M. Nadeau-Dubois.
« Donc quand le système fait ton affaire, tu le défends. C’est ça que fait François Legault. Le mode de scrutin actuel l’a favorisé en 2018, alors il se dit : "ouais finalement, ce n’est peut-être pas si important que ça de le changer". Comme Justin Trudeau l’a fait, comme tant de gouvernements l’ont fait dans les dernières années. »
