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MLB: une grève qui fait encore mal aux partisans des Expos

Étienne Bouchard

2024-08-12T17:26:52Z

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Les amateurs de baseball les plus irréductibles au Québec s’en souviennent trop bien et préfèrent l’effacer de leur mémoire à tout jamais: il y a exactement 30 ans, soit le 12 août 1994, les joueurs des ligues majeures (MLB) déclenchaient une grève qui allait mener à l’annulation des séries et à la fin des aspirations des Expos de Montréal. 

Cette année-là, rien n’a stoppé les hommes du gérant Felipe Alou... sauf un conflit de travail. Sur le terrain, ils dominaient leurs rivaux, comme le montrait leur fiche de 74-40, la meilleure de tout le circuit. Les Amours détenaient une priorité de six parties au sommet de l’Est de la Ligue nationale malgré la présence des puissants Braves d’Atlanta dans leur section. Or, au lendemain d’un revers de 4 à 0 aux mains des Pirates à Pittsburgh, les Expos ont vu l’arrêt des activités se matérialiser.

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Terminés, les exploits des Larry Walker, John Wetteland, Ken Hill, Marquis Grissom, Moises Alou, Pedro Martinez et compagnie. Les partisans ont plutôt eu droit à des conférences de presse soporifiques du commissaire Bud Selig et du directeur du syndicat des joueurs Donald Fehr. 

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Et quand le grand patron de la MLB a confirmé la fin des émissions de la saison et des séries le 14 septembre, ce fut un immense deuil à faire pour les plus fanatiques amants de l’équipe et le début d’un désintérêt généralisé de la grande partie de la population à l’égard du baseball, ce qui a mené au départ de la concession après la campagne 2004.

Car aux yeux de nombreux observateurs, Montréal possédait tous les outils requis pour rafler les grands honneurs. Les Québécois auraient-ils eu droit à un défilé des champions durant l’automne? Nous ne le saurons jamais.

«Mon cœur dit oui, mais ça se joue sur le terrain, a mentionné l’analyste de la chaîne TVA Sports Rodger Brulotte, la voix la plus célèbre des Expos à la radio et à la télévision. On avait la meilleure formation pour gagner la Série mondiale. Cependant, tellement de choses peuvent arriver, comme les blessures. Des clubs sur papier très solides traversent de mauvaises séquences; on l’a vu avec les Dodgers de Los Angeles dernièrement.»

Felipe le leader

Encore maintenant, quelques-uns se demandent de quelle manière l’équipe montréalaise a supplanté les Braves et leurs gros noms au classement. Selon Brulotte, la réponse est toute simple.

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«Ça passait par le leadership de Felipe Alou. C’était le meneur qui s’assurait de bien préparer ses gars, a-t-il affirmé. Ce n’est pas tout le monde qui peut gérer. Felipe enseignait comment gagner. Ses joueurs étaient prêts à performer tous les jours.»

Photo PIERRE-YVON PELLETIER / LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
Photo PIERRE-YVON PELLETIER / LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTRÉAL

«C’était un groupe de jeunes qui jouaient au baseball, un peu comme on l’a vu chez les Orioles de Baltimore plus récemment. Ils étaient bons, mais il n’y avait pas de super vedettes à ce moment-là; certains, comme Walker et Pedro, le sont devenus plus tard. On oublie souvent l’aspect développement chez Felipe. Regardez comment il les a aidés. Pedro, Walker et Vladimir Guerrero [qui a disputé son premier match dans les majeures en 1996], ce sont trois gars qu’il a dirigés et qui sont devenus des membres du Temple de la renommée.»

Bref, le sentiment d’amertume persistera dans le cœur et l’esprit des partisans qui envahissaient par milliers le Stade olympique dans les semaines précédant l’interruption des activités. Beaucoup ne sont plus revenus, à l’image d’éléments clés du club qui sont partis sous d’autres cieux dans la vente de garage effectuée par l’état-major des Expos au printemps, peu avant le début de la saison 1995.

«Si on avait gardé les joueurs, on n’aurait jamais passé proche: on aurait été en séries 7-8 ans d’affilée», a déploré Brulotte.

QUELQUES CHIFFRES

-Fiche des Expos en 1994: 74-40

-Moyenne d’assistance locale: 24 543

-Meneur du club pour les circuits: Moises Alou, 22

-Meneur du club pour les points produits: Larry Walker, 86

-Meneur du club pour les buts volés: Marquis Grissom, 36

-Meneur du club pour la moyenne au bâton: Larry Walker, à ,322

-Meneur du club pour les victoires: Ken Hill, 16

-Meneur du club pour les retraits sur des prises: Pedro Martinez, 142

-Meneur du club pour les sauvetages: John Wetteland, 25

-Fiche de 12-0 contre les Padres de San Diego

-Séquence de huit gains du 18 au 26 juillet inclusivement

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