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Mises à pied et fermetures: la relance de Bentley ne se fera pas sans heurts

Le sauvetage de Bentley ne se fera pas sans la mise à pied de centaines de travailleurs et la perte de millions $ pour les créanciers

Photo STEVENS LEBLANC
Photo portrait de Martin Jolicoeur
2024-07-31T04:00:00Z

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L’opération de relance des boutiques Bentley & Co par le propriétaire des Magasins Hart, de Montréal, ne se fera pas sans entraîner au passage la fermeture de dizaines de boutiques, la mise à pied de quelque 200 travailleurs et la perte de millions de dollars pour ses créanciers.

«Il n’y a pas de doute, ce sont des moments difficiles. Cela dit, malgré notre tristesse de devoir en arriver là, la vente était probablement la meilleure solution pour sauver l’entreprise et la majorité de ses emplois, a confié au Journal son PDG des six dernières années, aujourd’hui sans emploi, Walter Lamothe.

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Criblée de dettes, affaiblie par une série d’attaques informatiques et délaissée par HUK 89 Limited (filiale de Hilco), son actionnaire principal, Bentley avait entrepris en juin de vendre ses activités tout en se plaçant sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Après avoir sollicité 22 acheteurs potentiels, seul le riche homme d’affaires montréalais Paul Nassar, propriétaire entre autres des Magasins Hart, Méga Meubles, Maison en gros et Korvette, s’est montré intéressé par l’idée de reprendre l’entreprise de 700 employés avec l’intention de la maintenir en vie, explique le syndic au dossier, Dominic Deslandes.

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Des suppressions par centaines

Le montant de la transaction et les détails du plan de sauvetage demeurent par contre un mystère. L’acquéreur Paul Nassar (Marimac) de même que Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), impliqué dans le dossier, n’ont pas donné suite à nos demandes de renseignements.

On s’attend toutefois à ce qu'entre 30 et 40 de ses 140 magasins soient fermés au cours des prochaines semaines et à ce que les employés des magasins en question se retrouvent au chômage, tout comme d'ailleurs la soixantaine de travailleurs de son siège social, situé à Montréal. 

Le même sort a été réservé à 35 employés du siège social des Magasins Korvette, à Trois-Rivières, dont Paul Nassar a aussi pris le contrôle au cours des dernières semaines. À La Presse, la semaine dernière, ce dernier avait expliqué vouloir regrouper la gestion de ses différentes chaînes au sein d’un seul et même siège social.

Des miettes pour les créanciers

On sait aussi que le montant de la transaction est si faible que, des plus de 150 créanciers de qui Bentley avait accumulé plus de 26 millions de dettes au cours des dernières années, seule la CIBC sera en mesure de récupérer l’ensemble des sommes qui lui sont dues. On parle dans son cas de 2,2M$. 

Les deux autres créanciers garantis, que sont HUK 89 (8,8M$) et la Banque de développement du Canada (419 000$), devront apparemment se contenter de miettes.

Outre HUK 89, les propriétaires de centres commerciaux, comme Cadillac Fairview (670 111$) et Ivanhoé Cambridge (407 491$), Bell Média (301 448$), la société de logistique WIPTEC (215 198$) et Revenu Québec (417 765$) figurent parmi les créanciers promis aux pertes les plus importantes.

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