Tous les résultats
Publicité

Mises à pied et tarifs douaniers: Québec pourrait annuler ses contrats avec Amazon

Photo portrait de Patrick Bellerose

Patrick Bellerose

2025-01-28T20:30:05Z

Partager

Le gouvernement Legault évalue la possibilité d’annuler ses importants contrats en infonuagique avec le géant américain Amazon, en réponse aux récentes mises à pied et aux menaces de tarifs douaniers du président Trump.

• À lire aussi: DeepSeek remet aussi en question les besoins en énergie de l’IA

• À lire aussi: Fermeture d’Amazon au Québec: les épiceries Metro courtisent les ex-employés d’Amazon

• À lire aussi: L’outil d’IA chinois DeepSeek se dit victime d’une cyberattaque à grande échelle

«Je ne vous cache pas qu’on regarde quelles sont nos possibilités», a déclaré le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, à son arrivée à la période des questions à l’Assemblée nationale, mardi.

La semaine dernière, Amazon a annoncé le licenciement de quelque 1700 employés au Québec. L’entreprise fermera ses entrepôts dans la province et comptera désormais sur des sous-traitants pour assurer la livraison à domicile.

En parallèle, le président américain Donald Trump menace toujours d’imposer des tarifs douaniers de 25% sur toutes les exportations canadiennes vers les États-Unis, à compter de samedi prochain.

Une recension du Journal révélait la semaine dernière que l’entreprise de Jeff Bezos a reçu plus de 100 M$ de la part de ministères et d’organismes publics depuis 2018. Et c’est sans compter les rabais sur l’hydroélectricité accordés pour son centre de données à Varennes.

Publicité
Contenu local

Au même moment où M. Caire s’adressait aux journalistes, le premier ministre François Legault tenait des propos similaires en rappelant sa proposition d’exiger du contenu local dans les appels d’offres gouvernementaux.

«Je pense entre autres à toutes les technologies de l’information, je pense à ce qui est arrivé chez Amazon», a-t-il déclaré en point de presse.

Le Canada ferait ainsi contrepoids aux lois protectionnistes Buy American et Buy America, qui obligent les fournisseurs à incorporer un pourcentage élevé de contenu américain.

Québec doit toutefois être prudent avant de résilier des ententes en cours, fait valoir Éric Caire. «Pour mettre fin à un contrat, ça prend un motif valable. Sinon, on va se ramasser devant les tribunaux, on va perdre, puis on va payer des pénalités et devoir quand même honorer le contrat. Les Québécois ne seraient pas gagnants», explique le ministre.

«Donc, il faut avoir la tête froide. Mais, oui, on regarde toutes nos options», a-t-il ajouté.

Motion rejetée

Malgré tout, le gouvernement caquiste a refusé, mardi, de débattre d’une motion de Québec solidaire (QS) visant à condamner les mises à pied survenues la semaine dernière.

La fermeture des entrepôts, rappelait le texte, a été annoncée «à la suite d’un processus de syndicalisation».

«L’Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de s’engager à ne pas octroyer de fonds publics supplémentaires à cette entreprise», disait la motion lue par le député solidaire Alexandre Leduc.

Devant le refus de la partie gouvernementale, la motion est demeurée lettre morte.

«On a ici une entreprise voyou, une entreprise qui a jeté des travailleurs, 3500 travailleurs québécois, comme si c’étaient des vieux Kleenex», a dénoncé un peu plus tôt la co-porte-parole de QS, Ruba Ghazal, en invitant le gouvernement à boycotter Amazon.

«On a besoin de voir qui est le boss ici, au Québec. Est-ce que c’est Jeff Bezos ou M. François Legault?», a-t-elle soulevé.

Le chef libéral par intérim Marc Tanguay demande lui aussi «que le gouvernement arrête d’acheter sur Amazon».

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité