Mise à jour économique du gouvernement Legault: une aide modeste, mais pas de baisse de la taxe sur l’essence
Patrick Bellerose et Rémi Nadeau
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Le gouvernement Legault ne prévoit pas baisser la taxe sur l’essence dans la mise à jour présentée mardi, mais plutôt quelques mesures «modestes» et une aide ciblée pour les agriculteurs et le secteur forestier.
Les troupes caquistes avaient pourtant envisagé des mesures, comme une baisse de taxe, afin de réduire l’écart avec le prix à la pompe de l’Ontario lors du grand remue-méninges pour relancer le gouvernement Legault à la fin de l’été.
Le conservateur Éric Duhaime surfe sur cette idée populaire depuis l’abandon de la taxe carbone par Mark Carney dans le reste du Canada.
Selon un sondage Léger–Le Journal–TVA publié ce printemps, 56% des électeurs souhaitent la fin de la tarification sur le carbone, qui fait gonfler la facture d’essence d’environ 10 ¢ le litre au Québec.
Mais le gouvernement caquiste n’ira pas de l’avant.
«On veut cibler notre aide vers ceux qui en ont le plus besoin», explique une source à Québec.
François Legault avait signalé dans une entrevue récente au quotidien Le Devoir qu’utiliser l’argent du Fonds vert pour baisser le prix de l’essence manquerait de «cohérence».
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
D’autres mesures
Malgré tout, l’exercice présenté par le ministre des Finances Eric Girard contiendra des mesures «logiques et modestes» pour aider les travailleurs, selon les informations de notre Bureau parlementaire.
Mais pas question de distribuer des chèques de 500$ à tous les Québécois, comme à l’approche des élections de 2022.
De l’argent est prévu pour aider l’industrie forestière, fortement ébranlée par la guerre économique de Donald Trump.
Avec le tarif douanier de 10% récemment ajouté aux droits compensateurs et antidumping existants, la surtaxe américaine sur le bois d’œuvre se chiffre désormais à un vertigineux 45%.
François Legault évoquait, il y a deux semaines à peine, la perte de 30 000 emplois dans le secteur forestier, soit la moitié de la main-d’œuvre actuelle.
Les agriculteurs peuvent aussi espérer un coup de main de Québec, affirme-t-on dans les officines gouvernementales.
Quel sera le déficit?
En mars dernier, le budget pour l’année en cours prévoyait un déficit historique, en termes absolus, de 13,6G$.
Tous les yeux seront donc tournés vers la ligne du solde budgétaire aujourd’hui pour voir si l’État québécois pense faire mieux que prévu.
Pour l’exercice précédent, le déficit réel s’est finalement arrêté à 7,6G$, plutôt que les 11G$ anticipés.
Par ailleurs, le ministre des Finances avait paru optimiste au printemps dernier, en tablant sur une moyenne de 10% pour les tarifs douaniers américains, alors que l’impétueux président menaçait d’imposer une ponction de 25% sur l’ensemble des importations canadiennes.
Jusqu’ici, le temps lui a plutôt donné raison. Malgré des secteurs plus durement touchés, les experts situent le taux moyen entre 5% et 7%.
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