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Mines de lithium: feu vert à un autre grand projet

Nommé Rose Lithium-Tantale, il pourrait démarrer dans environ 6 mois, à la Baie-James

Photo portrait de Valerie Lesage

Valerie Lesage

2022-12-12T05:00:00Z

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Corporation Lithium Éléments Critiques vient de recevoir son certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement du Québec et se met à la recherche de 480 M$ pour démarrer son projet de mine à la Baie-James.

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Photo fournie par Corporation Lithium Éléments Critiques
Photo fournie par Corporation Lithium Éléments Critiques

La société basée à Montréal avait obtenu en 2021 sa certification du gouvernement fédéral. Il lui reste maintenant à obtenir le bail minier et le bail d’utilisation du territoire, ce qui est considéré comme une formalité. Pour le financement, la compagnie discute avec plusieurs partenaires potentiels. 

« Vous pouvez imaginer que nous avons des discussions avec les différents joueurs gouvernementaux », répond le chef de la direction, Jean-Sébastien Lavallée. 

« On travaille avec tous les joueurs financiers, ça peut être une combinaison d’organismes gouvernementaux, une institution financière et des joueurs stratégiques de l’industrie. »

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Parmi ces joueurs stratégiques de l’industrie, on pourrait considérer des constructeurs automobiles, des fabricants de batteries au lithium, de cathodes ou d’anodes, notamment. 

La production de la mine, estimée à 4600 tonnes de minerai par jour pendant 17 ans d’extraction, n’a été réservée à aucune entreprise encore.

« La production est gardée disponible afin de pouvoir négocier les meilleures conditions de financement pour le projet », précise M. Lavallée, qui travaille sur ce projet depuis la découverte du gisement en 2009.

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Des actionnaires québécois

Comme la plupart des autres membres du comité de direction, il fait partie des actionnaires de Corporation Lithium Éléments Critiques, une société détenue par des intérêts québécois à environ 30 %. Des partenaires en Allemagne, en Ontario et au Japon sont liés aux opérations et à la gouvernance de la compagnie. 

« C’est nouveau pour nous au Québec, le lithium, alors aller chercher des expertises clés est essentiel, estime M. Lavallée. C’est aussi un marché mondial et il faut en tenir compte. Mais on a une volonté de garder la société québécoise et d’avoir des partenaires nord-américains ou européens. »

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« Pour avoir été dans le projet depuis la découverte, il y a une fierté à faire partie d’une équipe aussi solide pour le développer et le garder québécois », ajoute M. Lavallée, géologue de formation.

Le projet Rose Lithium-Tantale est beaucoup plus petit que ceux de Nemaska à Whabouchi et de Sayona Québec à La Corne en Abitibi, qui ont respectivement des durées prévues d’exploitation de 33 et 27 ans. Il suscite cependant beaucoup d’intérêt du fait de la très forte demande pour ce minerai utilisé dans la fabrication de batteries pour les voitures électriques. On prévoit qu’en 2035, 70 % des véhicules de la planète seront électriques. De 400 $ la tonne, il y a quatre ans, la valeur du lithium a été multipliée par 12, à 5000 $. 

Une approche prudente

Éléments Critiques espère entamer la construction de son site minier et de son usine de première transformation en juin 2023, pour amorcer la production en 2025. 

Pour le moment, la compagnie ne considère pas se lancer dans une usine de deuxième transformation. 

« Bâtir une mine, un concentrateur et une usine de transformation en même temps nécessiterait de très gros investissements, de gros risques financiers et un gros risque d’exécution. On veut commencer par la mine. Pour le reste, ça dépendra du partenaire intéressé par la production », avance M. Lavallée, prudent. 

Le Québec, champion canadien 

À l’échelle canadienne, le Québec occupe la première position dans le développement de mines de lithium : six des dix plus importants projets du pays sont sur le territoire québécois.

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Les réserves de ces six projets totalisent 1,6 M de tonnes de minerai. Selon le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, cela correspond à une large part des réserves à l’échelle canadienne et à environ 7 % des réserves mondiales.

Les grands joueurs dans ce marché sont actuellement en Australie et en Amérique du Sud, mais le Québec représenterait un lieu stratégiquement intéressant dans l’échiquier mondial. 

« On est un des endroits à privilégier dans le monde à cause de notre énergie propre et renouvelable. Le fait d’avoir de l’hydroélectricité est un avantage énorme », a affirmé en entrevue le PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc.

« La stabilité politique est aussi importante et tout le côté social, car on travaille beaucoup avec les communautés autochtones. Les fabricants d’automobiles veulent s’assurer que le matériel dans les batteries respecte les normes sociales et éthiques. Ça positionne le Québec haut dans l’échelle », renchérit le chef de la direction de Corporation Lithium Éléments Critiques, Jean-Sébastien Lavallée, au sujet du cadre réglementaire.

Plus d’une centaine au total

Des 103 projets de lithium en exploration au Québec, cinq sont à l’étape de la mise en valeur et un autre concerne une mine en maintenance qui devrait être relancée au printemps 2023 à La Corne en Abitibi, par Sayona Québec. Si tout avance comme souhaité, l’entreprise pourrait alors exploiter le seul concentrateur de lithium en Amérique du Nord et éventuellement faire de la deuxième transformation.

C’est aussi le désir de Nemaska Lithium, qui espère démarrer la construction d’une telle usine à Bécancour au début de 2023, pour produire en 2025. Investissement Québec détient la moitié des actions de cette entreprise, le reste étant la propriété de Livent, un fournisseur de Tesla et BMW. Nemaska termine aussi l’étude de faisabilité de son projet de mine à Whabouchi, à 300 km de la Baie-James. Ses deux projets totalisent 1,5 milliard $ d’investissements.

Les autres projets avancés sont ceux d’Éléments Critiques et d’Allkem à la Baie-James. Sayona étudie aussi la faisabilité d’une mine près de Val-d’Or (Authier) et une autre au nord-ouest de Chibougamau (Moblan). 

– Avec Francis Halin

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