Mike Matheson 2.0: dans les culottes des meilleurs attaquants

Jonathan Bernier
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Lane Hutson sera assurément un candidat au titre de recrue de l’année. Soir après soir, sa contribution en attaque est facile à repérer. On n'a qu’à jeter un coup d’œil à la feuille de pointage.
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Ce qui est moins flagrant, mais qui a tout de même une grande valeur, c’est l’impact de sa tenue sur le Mike Matheson 2.0 que l’on voit évoluer sous nos yeux depuis la fin du mois de novembre.

Relégué sur la deuxième vague de l’attaque massive, celle qui ne saute souvent dans la mêlée que pour les 30 à 40 dernières secondes d’une supériorité numérique, Matheson s’est vu offrir un nouveau mandat: celui d’écouler pratiquement la totalité de toutes les infériorités numériques du Canadien.
Accompagné tantôt de David Savard, tantôt d’Alexandre Carrier, Matheson fait tout un travail.
«Je veux en faire le plus possible pour aider l’équipe à gagner. C’est un rôle qui me permet de le faire», a indiqué le principal intéressé, avant que l’équipe s’envole en direction de St-Louis.
Un défi de tous les instants
Mais il n’y a pas qu’en infériorité numérique que le défenseur natif de Pointe-Claire s’est trouvé des attributs défensifs. C’est également le cas à forces égales. Depuis maintenant plusieurs semaines, Alexandre Carrier et lui ont le mandat de stopper la meilleure unité offensive de l’adversaire.
«C’est un grand défi d’affronter les meilleurs joueurs. Ils sont dangereux chaque soir, a indiqué Matheson. Dans ces circonstances, le plus difficile, c’est d’être constant. Ce sont beaucoup de minutes au cours desquelles les choses arrivent vraiment vite.»
On n’a pas de misère à le croire.
Puisqu'il est constamment dans les culottes des étoiles adverses, ce n’est pas surprenant qu’il ait franchi le plateau des 25 minutes de jeu à chacun des 12 derniers matchs du Canadien.
À Edmonton, il a foulé la glace pendant 30 min 58 s, la troisième soirée la plus occupée de sa carrière. Samedi, lors de la visite de l’Avalanche, il a disputé plus de trois minutes et demie des cinq minutes de la période de prolongation.
Dans l’œil d’Équipe Canada
Ce qui a fait dire à St-Louis, après ce match: «Je ne sais pas s’il traîne une bombonne d’oxygène, mais il a de gros poumons. Il couvre tellement de glace, on dirait que des fois, il faut que tu le battes deux fois.»
Et malgré la férocité de l’opposition, Matheson se débrouille grandement bien.
Contre l’Avalanche, Matheson a affronté le trio de Nathan MacKinnon pendant 16 minutes. Le meilleur pointeur de la LNH a terminé la soirée avec aucun point.
Contre Connor McDavid, il y a deux semaines, ce fut 17 minutes et demie. Le capitaine des Oilers a récolté deux points, mais aucun avec Matheson sur la surface de jeu.
C’est quand même fascinant considérant que Matheson a toujours été catalogué comme étant un défenseur à caractère offensif.
«J’ai toujours voulu être un joueur capable de jouer des deux côtés de la rondelle. Je ne voulais pas être reconnu comme un gars strictement offensif et qui prend beaucoup de risques. J’ai toujours voulu être le plus complet possible.»
Jusqu’ici, c’est mission accomplie. Pour le grand bonheur du Tricolore. Et qui sait si cette polyvalence n’attirera pas les regards des dirigeants de l’équipe canadienne en prévision des Jeux olympiques de février prochain.