Mikaël Kingsbury: une célébration pour une dernière fois en compétition
Le «Roi des bosses» prend sa retraite samedi après-midi chez lui au Sommet Saint-Sauveur

François-David Rouleau
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SAINT-SAUVEUR | Mikaël Kingsbury dévalera la piste 70 du Sommet Saint-Sauveur samedi pour les dernières fois de sa carrière. Là où il a descendu avec sa première paire de skis de bosses dans son enfance, le « King des bosses » les accrochera officiellement avec sa couronne de plus grand skieur acrobatique de tous les temps. Une tonne de souvenirs se bousculeront lors de ce moment haut en émotions.
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Kingsbury a littéralement grandi en bordure de piste de cette montagne des Laurentides où il a fait les mille et un coups en y apprenant la liberté du haut de ses 7 ou 8 ans.

« Il y a aura un peu de nostalgie, c’est certain. Mais en même temps, ce sera une célébration, a raconté le sympathique skieur de 33 ans dans une généreuse entrevue avec Le Journal au chaleureux chalet familial, jeudi soir. Ce sera spécial, car je vais finir là où tout a commencé quand j’étais petit. C’est vraiment cool. »
Ceux qui croient que le quintuple médaillé olympique et vainqueur de 100 courses en Coupe du monde lèvera le pied pour le Championnat canadien qu’il a remporté une dizaine de fois en carrière se trompent. Le King vise des victoires tant en simple qu’au duel. Déjà jeudi soir, il avait un plan bien défini en tête pour avoir du fun. Par un vendredi ensoleillé mur à mur dans les Laurentides, il a fait opérer sa magie.

Il a accompli tout ce qu’il visait en cette dernière année de compétition avec sa 100e victoire sur le circuit de la Coupe du monde et l’or olympique.
« Mon vrai dernier départ en très grosse compétition, c’était au duel lors des Jeux olympiques, affirme celui qui avait remporté l’or. Mais je me sens privilégié de vivre ma fin de carrière chez moi. Je suis chanceux, car les dirigeants me traitent vraiment bien. Je veux vraiment me faire plaisir. Il n’y a rien comme finir en bas de la 70, devant le chalet, à St-Sau. »
Nulle part ailleurs
Si ce championnat avait été disputé ailleurs, Kingsbury n’y aurait pas participé, a-t-il assuré. Chez lui, entouré de sa famille, ses amis, ses coéquipiers et ses entraîneurs, c’était la meilleure façon de faire son chant du cygne. Il veut profiter de chaque moment.
Du même coup, il veut aussi observer les plus jeunes skieurs qui cherchent à se frayer un chemin jusqu’à l’équipe nationale. Car il y a près de 20 ans, il était dans leurs bottes.
« En 2007, j’avais terminé quatrième à ce championnat au mont Gabriel, derrière Alex Bilodeau, Pierre-Alexandre Rousseau et Vincent Marquis, s’est-il souvenu. J’avais environ 15 ans et je m’étais faufilé parmi les grands. C’est là que j’avais étonné un peu tout le monde. »

Des souvenirs impérissables
Quand il tourne les yeux vers le mont Saint-Sauveur, Kingsbury ne peut s’empêcher de voir défiler tous les beaux moments en famille qu’il y a vécus depuis sa tendre enfance. Il voit les célébrations de Noël au chalet, sa première planche à neige, ses compétitions en ski et le plaisir qu’il y a éprouvé avec tous ses amis.

Kinsbury revoit également les soirées de ski avec son père, Robert, à rouler du sommet au pied des pistes, ses séances filmées et son premier périlleux arrière. Loin du regard de la maman, Robert était celui avec qui il faisait ses folies.
« Les canons à neige avaient formé un saut parfait avec l’aire d’atterrissage, s’est souvenu fiston avec plaisir alors qu’il avait environ 12 ans à l’époque. J’avais sauté à quelques reprises et on a ensuite décidé que c’était le moment parfait pour faire un backflip. Je capotais tellement que je ne pouvais pas y croire. Mon père l’avait filmé. Tout s’était bien passé. »
Maintenant qu’il accrochera ses skis de compétition, il veillera à redonner à son petit bonhomme Henrik les beaux moments de son enfance en savourant à fond la vie familiale des Kingsbury.