«Mikaël, c’était une véritable bibliothèque du sport» – Marc-André Moreau, ancien bosseur et entraîneur de l’équipe du Québec
Dès son jeune âge, Mikaël Kingsbury a épaté tous ses entraîneurs par son incroyable talent et sa mémoire phénoménale


François-David Rouleau
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SAINT-SAUVEUR | Marc-André Moreau a appris à connaître Mikaël Kingsbury lorsqu’il descendait les bosses dans l’équipe nationale. Le petit bonhomme de Deux-Montagnes était toujours près des plus grands skieurs acrobatiques, attentif à leurs moindres faits et gestes.
« Mik, c’était le p’tit gars pas gêné qui nous posait des questions. J’ai appris à le connaître après ma retraite à la suite des Olympiques à Turin en 2006. Je l’entraînais certains soirs sur les pistes. On avait vite connecté, raconte Moreau au bout du fil avec Le Journal.

« Je me souviens d’avoir dit à ses parents qu’ils avaient un futur champion de tous les temps en ski acrobatique. Il était tellement bourré de talents et surtout, très travaillant, poursuit celui qui l’a dirigé pendant deux ans dans l’équipe du Québec.
« Il avait cette touche magique dans son ski et cette capacité à s’adapter et corriger un petit détail très rapidement. Il saisissait vite les choses. Il était capable de mettre les mots sur certaines sensations et les modifier de façon hors du commun. »
Un étudiant
Et le « p’tit vite » savait tout à propos de son sport.
« Il regardait toutes les vidéos qu’il pouvait trouver. Il connaissait la descente d’un tel à un moment précis. C’était hallucinant comme il retenait l’information, indique Moreau, qui est aujourd’hui conseiller dans le programme “À nous le podium”.
« Mik, c’était une véritable bibliothèque du sport. »
Aujourd’hui directeur au développement des athlètes à Freestyle Canada, David Mirota a connu Kingsbury sur les pentes du mont Gabriel, au début de son adolescence, alors qu’il était entraîneur. Déjà, il voyait un jeune qui mangeait du ski jour et nuit.
« C’était spécial et impressionnant pour cet âge. Il était tellement concentré et dans sa bulle. C’était un étudiant de son sport », décrit Mirota.
Pour expliquer ses grandes habiletés dans son enfance, les deux hommes de ski ont aussi souligné son développement acrobatique sur le trampoline afin de parfaire ses manœuvres.
Tout casser
Si Moreau savait qu’il poussait un futur champion, il était loin de se douter que celui-ci fracasserait la barre de 100 victoires sur la Coupe du monde en s’établissant de loin comme le meilleur skieur acrobatique de tous les temps.
« Je savais qu’il battrait des records avec les changements qui s’opéraient dans notre sport et cette génération maîtrisant les sauts périlleux. Il l’a rendu plus professionnel en maximisant les manœuvres et la sécurité. Comme il est débarqué sur le circuit de la Coupe du monde à un jeune âge, ça allait survenir. »