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Michel Laplante, l'homme qui fait durer le baseball à Québec

Une 24e saison ouverte et le désir de garder le sport accessible

Michel Laplante, copropriétaire et président de l'équipe de baseball des Capitales de Québec entame sa 24e saison.
Michel Laplante, copropriétaire et président de l'équipe de baseball des Capitales de Québec entame sa 24e saison. Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC
Photo portrait de Valerie Lesage

Valerie Lesage

2023-05-20T04:00:00Z

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Quand Michel Laplante s’est fait offrir de diriger les Capitales de Québec en 1998, il avait 29 ans, il était lanceur dans une équipe du Wisconsin et il a presque été insulté. Dans sa tête d’athlète, ça voulait dire qu’il devenait un moins bon joueur.

Mais surprise: le propriétaire Miles Wolff voulait qu’il dirige l’équipe tout en jouant dedans!

Michel Laplante avec Miles Wolff, en 1999, qui l'a recruté comme directeur des Capitales et qui en a fait son partenaire de longue date.
Michel Laplante avec Miles Wolff, en 1999, qui l'a recruté comme directeur des Capitales et qui en a fait son partenaire de longue date. photo fournie par Michel Laplante

«Je suis probablement un des seuls joueurs qui a vécu quelque chose comme ça dans le baseball. J’ai été joueur, assis dans le vestiaire, devant le coach que j’avais engagé!» raconte celui qui entame la 24e saison des Capitales.

Elle s’annonce belle: jamais l’équipe n’a vendu autant de billets d’avance ni intéressé autant de commanditaires. Tout un exploit en longévité et en succès, alors que la demi-douzaine d’équipes qui ont précédé les Capitales n’ont jamais tenu plus de quatre ans.

«Vingt-quatre saisons, c’est 20 de plus que ce qu’on nous prédisait. Au début, on appelait les gens pour vendre des billets de saison et on nous disait que ça ne levait jamais le baseball à Québec», se remémore le président, qui est aussi actionnaire de l’équipe.

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Déjouer les prédictions

Michel Laplante est abonné à l’impossible. Il fait toujours mentir ceux qui osent prononcer ce mot. L’été dernier, alors que l’inflation touchait au plafond, il a baissé le prix de la bière de 5$ à 4$ et il a maintenu les prix de presque tous les produits des concessions, pariant que l’accessibilité allait remplir le stade. Pari réussi; il y a même eu quelques soirées à guichets fermés. 

Le parcours de l’impossible a débuté en Abitibi, où Michel a grandi. Il est devenu un athlète de tennis dans une région où il n’y avait pas de tradition. Puis, il a commencé à jouer au baseball sur le tard. Malgré cela, il a réussi à joindre les rangs des professionnels. En 1999, il a connu une saison de rêve avec les Capitales, lançant pour 11 victoires et 2 défaites. Après, il a signé un contrat avec les Expos, puis avec les Braves d’Atlanta. C’est une blessure à l’épaule en 2000 qui l’a empêché de poursuivre comme lanceur.

«Tu vas faire quoi de ta vie maintenant? Ça, je l’ai entendu souvent et c’est plus blessant qu’on le pense. Il me fallait démontrer que je pouvais faire autre chose. Je me suis alors lancé comme une bombe et je n’ai pas beaucoup dormi les 10 années suivantes», confie Michel.

Michel Laplante a été lanceur, coach, directeur et président des Capitales de Québec.
Michel Laplante a été lanceur, coach, directeur et président des Capitales de Québec. Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

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En plus de travailler fort à faire décoller les Capitales, il a démarré une académie de baseball à Québec. Il a fondé B45, une entreprise de bâtons de baseball en bouleau, une essence de bois réputée impossible. Il est devenu coach des Capitales pour empêcher leur déménagement dans une autre ville. Et il l’a fait à contre-courant, en dirigeant par la confiance plutôt que par la peur. Il a donné ce qu’il aurait aimé recevoir quand il était joueur. Après ça, il a offert un toit gonflable au stade pour l’hiver: une autre impossibilité déjouée. 

Michel vous dirait qu’il n’a plus aujourd’hui cette propension à relever des défis aussi fous. Mais une chose est certaine: il continue de donner à sa ville et aux jeunes pour que vive une culture de baseball. En 2016, il a survécu à un accident d’hélicoptère dans lequel des amis ont péri. Il s’est dit alors qu’il en devait une à la vie... 

EN RAFALE:

Entreprendre, c’est? « S’engager complètement dans un projet, sachant qu’il est possible que la route soit cahoteuse. Et c’est aussi appuyer. »

Qui t’inspire? « Claude Raymond, pour son authenticité. Miles Wolff, pour sa passion, qui l’a fait réaliser des projets fous et sans qui il n’y aurait pas les Capitales. Jean Tremblay, pour sa capacité à simplifier.»

Ce que tu as gardé de ton enfance? «Celle qui est devenue ma conjointe. On s’est connus à 8 ans! Je rêvais beaucoup et cherche à retrouver cet état d’esprit!»

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