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Meurtre à Minneapolis: les citoyens disent «FUCK ICE!»

MEGA/WENN
Photo portrait de Isabelle Maréchal

Isabelle Maréchal

2026-01-11T05:05:00Z

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Ce n’est pas une bavure. C’est carrément une exécution. Donald Trump aurait beau se repasser en boucle la vidéo du drame pour se convaincre que la victime «a couru à sa propre perte», la scène de crime est sans équivoque. Un agent de la police d’immigration fédérale, l’ICE, a tué à bout portant une mère de famille sans défense. Elle est morte sous les yeux de ses voisins en état de choc. Voilà où en sont les États-Unis d’Amérique de Trump.

Dans la même ville, Minneapolis, qui s’était embrasée après le meurtre de George Floyd en 2020, cette fois-ci, face à la mort de Renee Nicole Good, une femme blanche issue de la classe moyenne américaine, la colère reste contenue. L’indignation est réelle, mais elle ne déborde pas. Comme si l’Amérique, épuisée, avait appris à vivre avec l’inacceptable, à encaisser la violence d’État comme une fatalité. Pas de soulèvement massif, pas de villes paralysées, pas de cri collectif qui déborde des cadres habituels de la contestation.

Un ras-le-bol s’élève

Des voix fortes s’élèvent tout de même. Je retiens celle du maire de la ville, Jacob Frey, qui ne mâche pas ses mots pour condamner les actes de l’ICE. Il a raison de dénoncer ce qui risque d’être un simulacre d’enquête. Des rumeurs d’impunité pour l’agent fédéral qui a tiré trois balles sur la victime circulent. Ce serait honteux.

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Frey se fait aussi le porte-voix de millions de citoyens qui en ont ras le bol des frasques de leur président. «Un shift de mentalité s’opère à Minneapolis», dit le maire. «Nous pourrions être cette lueur d’espoir!» pour le reste du pays. Il y a comme un souffle porteur d’une insatisfaction grandissante à l’endroit d’un président de moins en moins gêné de s’attaquer à ses propres citoyens.

La goutte de trop

Les Américains sont-ils au bord d’un réveil? La mort de cette citoyenne pourrait-elle causer la chute du président qui mérite depuis longtemps d’être destitué? De notre côté de la frontière, on se le souhaite. On rêve un peu. Qui peut cerner ce qui sommeille au cœur de l’Amérique profonde?

Trump a depuis longtemps dépassé les bornes. Mais il vient peut-être de franchir un point de non-retour. Tant que la répression ne visait que les immigrants dits «illégaux», beaucoup détournaient le regard. Ça ne les concernait pas. Aux États-Unis, la liberté est depuis toujours un bien individuel, jamais collectif, qu’on défend par la force de son «colt» porté fièrement à la ceinture. Une façon de dire «Don’t fuck with me!»

Mais lorsque la violence d’État frappe «une enfant du pays», que la frontière entre «eux» et «nous» s’effondre, le confort moral devient difficile à justifier. Et le mensonge trop gros à avaler. La ministre de l’Intérieur, Kristi Noem, a décrit la victime comme une «émeutière violente», une terroriste intérieure prête à tuer des agents fédéraux avec sa voiture.

Les Américains ont beau avoir plein de défauts, ils ne sont pas aveugles.

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