Mes premières impressions de Paris: loin des cônes orange de Montréal


Joseph Facal
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Avant que les compétitions ne prennent leur envol, je vous avais promis mes premières impressions sur Paris et ses Jeux.
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Après un vol sans histoire et des valises qui ont suivi comme elles devaient, mon accréditation médiatique se fait immédiatement, à l’aéroport, sans la moindre anicroche.
On me remet une passe gratuite pour le transport en commun. Le trajet en train vers Paris est ultra-efficace.
Propre
Paris a fait de gros efforts pour la visite, mais elle est magnifique au départ, alors...
Autour de moi, pas de saletés, pas de chantiers déserts, pas de cônes orange – j’entends d’ici des Montréalais qui ricanent –, mais évidemment des barrières de sécurité partout.
Très peu de sans-abri aussi, déplacés pour la circonstance selon certains.
Plus tard, j’irai sans doute faire un tour dans les quartiers chauds loin des circuits principaux, ces banlieues qualifiées de «zones sensibles» par les autorités françaises.
L’omniprésence de l’affichage commercial en anglais est frappante, même quand on s’y est préparé.
Le centre principal des médias, situé au Palais des congrès, dans l’ouest de la ville, dans l’axe de l’Arc de Triomphe et en bordure du Bois de Boulogne, est fonctionnel.
La bénévole qui s’est penchée sur mon problème de connexion internet était totalement en mode solution et avec le sourire.
Le métro pour m’y rendre n’était pas bondé comme je le craignais.
Dès qu’on s’éloigne des quartiers centraux et des sites olympiques, aucune sensation d’étouffement.
J’ai vécu à Paris du temps de mon doctorat, quand Jacques Chirac en était le maire.
Je sais, je sais, ça fait un bail. Fin des années 80.
J’y suis retourné à plusieurs reprises. Les travaux de revitalisation étaient majeurs et soutenus.
Mais on est passé à la vitesse supérieure ces dernières années, et cela va bien au-delà de la propreté.
Macron
On pourra reprocher un tas de choses à Emmanuel Macron, mais il s’est soucié de revitaliser Paris.
Traditionnellement, on voyait Paris comme une splendeur pour les amateurs de musées et de gastronomie, mais comme un enfer pour circuler et un cauchemar bureaucratique: permis pour ceci, permis pour cela, permis pour se gratter, tampon pour valider le permis, rendez-vous pour rencontrer le gars qui parlera au gars du tampon, etc.
La ville, aujourd’hui plus fluide, plus efficace, est devenue un pôle majeur pour la finance et la haute technologie.
Que Macron vienne du milieu bancaire et qu’il voit le monde des affaires comme un allié et non un ennemi a puissamment aidé.
Dans la revue The Economist, on expliquait récemment que le Brexit compliquait beaucoup les rapports entre les banques britanniques et leurs clients européens.
La France a saisi l’occasion.
Son énergie nucléaire alimente aussi en énergie propre les entreprises du secteur de l’intelligence artificielle, fleuron français très présent à Paris.
Prête
Je vous le dis, Paris s’est prise en main, et on sent que cela tient à des transformations profondes, antérieures à la tenue des Jeux.
Évidemment, ce boom économique a reçu une douche froide il y a trois semaines.
La paralysie politique est complète depuis les élections législatives. Le bloc d’élus arrivé en tête semble avoir d’autres priorités que les affaires.
Du côté des Jeux, je ne doute pas qu’il y aura des couacs organisationnels ici et là, mais la ville me semble prête.
Paris est une superbe femme mature qui prend soin d’elle. Les traces du temps sur son visage et son corps sont émouvantes et magnifiques.