Entrevue: «Mes parents m’ont inculqué de bonnes valeurs» – Stéphan Larouche


Rodger Brulotte
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L’entraîneur de boxe Stéphan Larouche est né à l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal. Il a vécu dans le quartier de Pont-Viau, à Laval, jusqu’à l’âge de 4 ans avant que la famille s’expatrie à Jonquière.
Le réputé entraîneur a travaillé avec plusieurs boxeurs parmi les plus connus des dernières années au Québec, dont Stéphane Ouellet, Éric Lucas, Léonard Dorin, Lucian Bute et Jean Pascal. Également, il a été l’un des deux entraîneurs de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques.
Après l’affrontement entre Jean Pascal et Adrian Diaconu, le 11 décembre 2009, il a appris une triste nouvelle. Son frère Alain a communiqué avec lui pour lui annoncer que son père était décédé.
Ton père travaillait chez Canadair avant de s’installer à Jonquière.
Le poste de mon père, Clermont Larouche, avait été aboli chez Canadair. Il ne maîtrisait pas assez bien l’anglais pour accepter l’offre d’emploi à San José, en Californie. Donc, la famille a déménagé à Jonquière, où mon père a travaillé à l’Alcan.
Comment était la vie familiale ?
Mon père était aussi un pourvoyeur qui organisait des voyages de pêche et de chasse. Ma mère, Thérèse, était une maman formidable qui nous a couverts de son amour et de sa compréhension. Nos vacances, que nous le voulions ou non, nous devions aller à la pêche.
Tes parents t’ont inculqué de bonnes valeurs.
Mes parents étaient sévères. Je voulais qu’ils soient fiers de moi, alors, j’ai définitivement essayé de suivre leurs valeurs de la vie : la discipline, le respect, et ne pas craindre de travailler.
À 9 ans, tu suivais la carrière des boxeurs québécois.
Encore aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi je suivais les résultats des combats de boxe de Gaétan Hart, Fernand Marcotte fils et Eddie « l’Ouragan » Melo, car à l’époque, je n’avais aucun intérêt pour la boxe.
Tu te décris comme un sportif.
Je jouais au baseball, je faisais de la natation, le roi des montagnes en ski au Mont-Fortin, et je jouais au hockey à la patinoire extérieure à la Fatima tout près de chez nous. Lorsque la cabane du parc était ouverte, nous étions heureux, car nous avions un endroit chaud pour enfiler nos patins dans nos pieds.
Ton cousin était ton mentor et idole.
Mon cousin Pierre Fortin a remporté le championnat des Golden Gloves. J’étais en admiration devant lui.
À quel âge as-tu commencé à boxer ?
À l’âge de 12 ans, je me suis inscrit à l’école de boxe à Jonquière dont le président était Jean-Marc Tremblay. Auparavant, je boxais avec mes amis dans un garage, alors que mon protecteur buccal était une « peau d’orange » et les câbles de l’arène de boxe, c’étaient des balles de foins.
Ton moyen de transport était le vélo.
Les poignées à l’envers, parfois avec une personne assise sur les poignées. Souvent les freins ne fonctionnaient pas, alors j’utilisais mon pied sur la roue d’avant pour ralentir.
Tu prodiguais des conseils de boxe.
J’avais 15 ans, lorsque le président du club de boxe partait avec des boxeurs pour participer à des galas de boxe. À l’occasion, ma mère venait me chercher au terrain de jeu pour parler au téléphone à Jean-Marc Tremblay qui désirait avoir de l’information sur les boxeurs qu’ils affrontaient.
Tu voulais devenir un architecte.
J’avais de bonnes notes à l’école, mais je n’ai pas été assez présent en classe à cause de mes galas de boxe. Je regrette encore aujourd’hui de ne pas m’être appliqué à avoir de meilleurs résultats scolaires pour pouvoir étudier en architecture à l’université.
« Si tu es si bon, forme ton propre groupe de jeunes boxeurs ».
J’étais un peu rebelle et je dois vous avouer, parce que je n’ai pas suivi une leçon de la vie qui m’avait été inculquée par mes parents, car je ne respectais pas mon entraîneur de boxe. Alors, le président du club de boxe m’a dit avec une certaine rigueur : « Si tu es si bon, forme ton propre groupe de jeunes boxeurs ».
Le début de ta carrière d’entraîneur de boxe s’est amorcé.
Dans le groupe, il y avait trois jeunes boxeurs prometteurs : Pierre Bouchard, Christian Gagnon et Stéphane Ouellet, avec qui j’ai parcouru des galas de boxe partout dans le monde.
À 18 ans, tu entraînais Stéphane Ouellet.
Malheureusement, à l’époque, nous ne savions rien des enfants superactifs. Je tentais tout simplement de le comprendre. Sans aucun doute, mes années de la boxe amateur avec Stéphane furent agréablement inoubliables.
Tu as été engagé comme peintre.
J’ai été camelot et ensuite un préposé à nettoyer les tables dans un bar. Une fois arrivé au cégep, mes amis avaient des emplois d’été avec la Ville à 4,25 $ de l’heure tandis que moi je peinturais les murs du cégep à 9,35 $ de l’heure et surtout, je ne travaillais pas les vendredis après-midi, les samedis et les dimanches.
Quelles étaient tes compétences ?
Lors de mon entrevue, je savais qu’il y avait de la peinture à l’huile et à l’eau et comment laver les différents pinceaux.
Yvon Michel a joué un rôle important dans ta carrière.
J’avais à peine 15 ans, lorsque j’ai rencontré Yvon à Sherbrooke. Il m’a recommandé de suivre des cours d’entraîneur de boxeur. C’était valorisant qu’il croie en moi.
Bénévole aux Jeux du Canada à Jonquière.
J’avais été retranché de l’équipe du Québec, mais cela m’a permis de découvrir les coulisses de la boxe. Cependant, j’ai été très impressionné de voir à l’œuvre Howard Grant et Lennox Lewis. Imaginez-vous, nous sommes du même âge, moi qui pèse 99 lb et Lewis plus de 200 lb. Il était impressionnant.
Le pilier de votre couple.
Ma conjointe, Danielle Bouchard, une pionnière de la boxe, je l’ai connue au secondaire. Une femme calme et discrète qui m’a toujours appuyé. Elle est sans aucun doute le pilier de notre couple.