Mes choix pour les trophées de la LNH: le Calder à Lane Hutson et Nick Suzuki me fait réfléchir
Le Canadien a enfin des candidats aux honneurs individuels

Marc de Foy
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Avec la saison régulière qui tire à sa fin, la Ligue nationale de hockey (LNH) se retrouve elle aussi en période électorale.
C’est le temps pour les journalistes des médias écrits, les commentateurs de radio et de télévision ainsi que les directeurs généraux de la LNH de faire connaître leurs choix pour les trophées individuels.
Sans plus de préambule, je me lance à l’eau.
TROPHÉE HART
Joueur le plus utile à son équipe
Connor Hellebuyck, Jets de Winnipeg

Ce choix va peut-être vous surprendre, car les bons candidats ne manquent pas à l’attaque. Les trois premiers marqueurs de la LNH, Nikita Kucherov, Nathan MacKinnon et Leon Draisaitl, connaissent des saisons à la hauteur de leur talent. On peut ajouter le défenseur Cale Makar, qui occupe le huitième rang des marqueurs et qui montre un différentiel de +31.
Pourquoi Hellebuyck?
Parce qu’il connaît une saison tout à fait extraordinaire. Le gardien d’origine américaine a contribué à 44 des 53 victoires des Jets de Winnipeg. Sa moyenne de buts accordés est légèrement supérieure à deux buts par match (2,02), tandis que sa moyenne d’efficacité s’élève à ,924.
Il lui reste à montrer qu’il peut gagner aussi en séries, mais cet exercice ne compte pas dans la compilation des votes pour les honneurs individuels.
Le dernier gardien à avoir remporté le trophée Hart est Carey Price, il y a 10 ans déjà. Avant lui, José Théodore l’avait emporté lors de la saison 2001-2002.
En tout et partout, seulement huit gardiens ont été élus joueur le plus utile à son équipe depuis la création du trophée Hart, en 1923. Les six premiers furent Roy Worters, des Rangers de New York, en 1928-1929; Al Rollins, qui a conservé une fiche de 12-54-4 (!) devant le filet des Blackhawks de Chicago, en 1953-1954; Jacques Plante du Canadien, en 1961-1962; et Dominik Hasek, des Sabres de Buffalo, qui a été le choix de l’Association des chroniqueurs de hockey professionnel deux saisons consécutives, à savoir en 1996-1997 et 1997-1998.
TROPHÉE NORRIS
Défenseur par excellence
Cale Makar, Avalanche du Colorado

Cale Makar est seul dans la course. Il connaît la saison la plus productive de sa carrière à l’offensive. Il totalisera près de 100 points, et son différentiel de +31 constitue le deuxième plus élevé de sa carrière.
Le titre de meilleur défenseur lui a été accordé une première fois il y a trois ans, lorsqu’il a récolté 86 points et compilé une fiche défensive de +31.
Makar joue plus de 25 minutes par match (25 m 39 s), ce qui lui confère le deuxième rang dans la LNH derrière Zach Werenski, des Blue Jackets de Columbus. Le temps de jeu de ce dernier s’élève à une seconde près de la barre des 27 minutes.
Lane Hutson obtiendra-t-il des votes?
Peut-être.
Mais au rythme où il progresse, il aura une réplique du trophée Norris sur le manteau de sa cheminée avant longtemps.
TROPHÉE VÉZINA
Gardien par excellence
Connor Hellebuyck, Jets de Winnipeg
C’est l’année du gardien des Jets. Hellebuyck domine la LNH pour les victoires (44), la moyenne de buts accordés (2,02) et la moyenne d’efficacité (,924).
À 30 ans, il est au sommet de son art. Il était le gardien d’office de l’équipe américaine lors de la Confrontation des 4 nations. Il a cédé sur le dernier tir du tournoi face à Connor McDavid, mais il n’a rien eu à se reprocher.
Mention honorable à Andrei Vasilevskiy (37-20-3; 2,14; ,923), du Lightning de Tampa Bay, qui effectue l’un des plus beaux retours dans la LNH cette année, après une saison en deçà de ses standards en 2023-2024.
TROPHÉE CALDER
Recrue par excellence
Lane Hutson, Canadien de Montréal
Oui, Macklin Celebrini n’a que 18 ans. Oui, Matvei Michkov est très bon. Mais comment passer outre Lane Hutson pour le titre de recrue de l’année? À sa première saison complète dans la LNH, le défenseur de 21 ans est devenu une des pierres angulaires de la formation du Canadien.
Serge Savard est allé jusqu’à le proclamer meilleur joueur de l’équipe lors d’une entrevue que j’ai réalisée avec lui en décembre dernier.
Pour reprendre une expression boursière qu’il aime utiliser, Hutson est un blue chip, une action d’entreprise que l’on juge solide, en bonne santé financière et ancrée comme un chef de file dans son domaine.
Pas trop mal pour un 62e choix au repêchage.
Pour ceux qui disent que Hutson présente un différentiel déficitaire de -2, soulignons qu’il se trouvait à -20 au moment de la pause de la Confrontation des 4 nations.
TROPHÉE FRANK-SELKE
Attaquant défensif par excellence
Jordan Staal, Hurricanes de la Caroline

Voilà un trophée qui me donne bien du mal depuis plusieurs années. Sa définition a été dénaturée au fil des années, tout comme celle du trophée Norris d’ailleurs.
On n’est plus à l’époque des Bob Gainey, Guy Carbonneau, Doug Jarvis, Craig Ramsay et Rick Meagher, qui terminaient premiers au scrutin du trophée Selke avec des productions offensives qui ne dépassaient pas 50 points.
Dans cette optique, je porte mon choix sur le vétéran capitaine des Hurricanes de la Caroline, Jordan Staal, qui a été finaliste au titre de meilleur attaquant défensif l’an dernier avec le capitaine des Leafs, Auston Matthews. Le vainqueur a été Aleksander Barkov, lui aussi capitaine, chez les Panthers de la Floride.
En 72 matchs, Staal montre une fiche offensive de 12 buts et 21 mentions d’aide pour un total de 33 points. Son différentiel est de +13. Il présente une moyenne d’efficacité de 54,1% sur les mises en jeu et totalise 129 mises en échec. Il a bloqué 42 tirs et commis seulement 39 revirements.
Va donc pour Staal.
À 36 ans, il mériterait bien que l’on pense à lui, avant qu’il raccroche ses patins.
Et Nick Suzuki?
C’est vrai qu’il joue souvent contre les meilleurs trios adverses et qu’il est fiable sur les 200 pi de la patinoire. Mais il n’est pas utilisé en infériorité numérique. Il va recevoir des votes, mais il serait étonnant qu’il termine premier au scrutin.
Mais ça pourrait arriver au cours des prochaines années.
TROPHÉE LADY BYNG
Gentilhomme par excellence
Jack Eichel, Golden Knights de Vegas

Vous avez l’embarras du choix. Que vous choisissiez Jack Eichel, Mitch Marner, Martin Necas, Robert Thomas, Brayden Point, Lucas Raymond, Jack Hughes, Mark Stone, Suzuki ou même Alex Ovechkin, qui ne montre que 14 minutes de pénalité à son dossier, vous ne pouvez pas vous tromper.
J’opte pour Eichel, qui est devenu le joueur que l’on voyait en lui lorsqu’il a été repêché deuxième derrière Connor McDavid au repêchage de 2014.
Pensez-vous que les Sabres de Buffalo s’ennuient de lui?
À propos, j’ai hâte de voir ce qui va se passer de ce côté-là à la fin de la saison.
14 ans sans participer aux séries, c’est honteux!
TROPHÉE JACK-ADAMS
Entraîneur de l’année
Nick Carbery, Capitals de Washington
Le choix se fera vraisemblablement entre Nick Carbery, des Capitals de Washington, et Scott Arniel, des Jets de Winnipeg. Mais Carbery semble être le choix populaire.
Âgé de 43 ans, il a traîné son baluchon pendant 13 ans à titre d’entraîneur adjoint ou d’entraîneur-chef dans la East Coast Hockey League, la Ligue junior de l’Ontario, la Ligue américaine et la Ligue nationale, ayant travaillé sous les ordres de Sheldon Keefe avec les Maple Leafs de Toronto, avant que les Capitals ne lui donnent sa chance de diriger dans la LNH l’an dernier.
Quant à Arniel, il poursuit le bon travail amorcé par son prédécesseur, Rick Bowness, sous qui il a servi à ses deux premières saisons avec les Jets.
Mentions honorables à Jon Cooper, du Lightning de Tampa, Craig Berube, des Maple Leafs de Toronto, Jim Montgomery, des Blues de St. Louis, Travis Green, des Sénateurs d’Ottawa, ainsi qu’à Martin St-Louis.
L’entraîneur du Canadien recevra des votes.
Pourrait-il être au nombre des finalistes?
J’en doute, mais au train où vont les choses chez le Canadien, il deviendra un candidat de premier ordre au cours des prochaines années.
TROPHÉE JIM-GREGORY
Directeur général de l’année
Julien BriseBois, Lightning de Tampa Bay

Il fallait du cran pour laisser partir Steven Stamkos, qui faisait office de figure de proue du Lightning depuis plusieurs années. L’ancien capitaine de l’équipe venait de connaître une saison de 40 buts. Il affichait, cependant, un piteux différentiel de -21 à forces égales. Il n’était plus parmi les attaquants les plus productifs des siens à cinq contre cinq.
La décision de couper les ponts avec lui a dû être difficile, mais BriseBois a agi en gestionnaire responsable. Deux jours plus avant que Stamkos ne signe un contrat à titre de joueur autonome, il avait posé un premier geste visant à désengorger sa ma masse salariale en échangeant Mikhail Sergachev au Club de hockey de l’Utah.
Les Predators de Nashville ont comblé les demandes contractuelles du joueur de Stamkos en lui accordant un contrat de quatre ans à un salaire annuel de 8 M$. Le vétéran de 34 ans est sur la même tangente que la saison dernière. Il a inscrit 14 de ses 27 buts en supériorité numérique et affiche un terrible différentiel de -32.
BriseBois a remplacé Stamkos par Jake Guentzel, qui revendique une fiche de 39 buts et 38 mentions d’aide ainsi qu’un différentiel de +20. Résultat: le Lightning se maintient parmi les formations de tête de la LHN.
Du côté de Washington, Brian MacLellan a fait de bons coups en allant chercher le gardien Logan Thompson, le défenseur Jakob Chychrun ainsi que les attaquants Pierre-Luc Dubois et Andrew Mangiapane, tous fort utiles à l’équipe cette saison. Il est aussi méritant que BriseBois, mais il y a un os.
MacLellan n’occupe plus les fonctions de DG des Capitals. Il est maintenant président des opérations hockey de l’organisation, Chris Patrick lui ayant succédé le 8 juillet dernier.
Mention honorable à Kevin Cheveldayoff des Jets de Winnipeg et à Kent Hughes du Canadien.