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Le premier ministre François Legault tranche: il augmentera les tarifs industriels d’électricité de 4% à 5% malgré les menaces tarifaires de Donald Trump

La ministre de l’Énergie souhaitait réévaluer la hausse prévue pour les entreprises en raison de la situation économique

Photo portrait de Nicolas Lachance
2025-01-28T16:39:24Z

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Bien que la ministre Christine Fréchette souhaite réévaluer la possibilité de limiter la hausse des tarifs d’électricité industriels en raison du contexte économique avec les États-Unis de Donald Trump, le premier ministre Legault a rapidement tranché: les entreprises devront payer plus cher l’énergie.

La société d’État se prépare à investir plus de 180 milliards $ pour augmenter sa capacité de production d’électricité propre et à moderniser son réseau pour décarboner le Québec d’ici 2050.

Pour y arriver, le premier ministre François Legault a répété à de nombreuses reprises son désir de hausser la facture des grandes entreprises afin de limiter la hausse du tarif résidentiel à 3%.

Or, le contexte économique a changé et le cabinet de la ministre de l’Énergie et de l’Économie voyait d’un nouvel œil la situation.

En matinée mardi, l’équipe de la ministre Christine Fréchette avançait qu’elle réévaluait la hausse des tarifs d’électricité industriels en raison du contexte économique.

«Particulièrement dans le contexte actuel, on souhaite nous assurer de conserver notre compétitivité», a affirmé Maxime Roy, directeur des communications de la ministre de l’Énergie du Québec, Christine Fréchette.

La ministre a ajouté: «On attend de voir s’il y aura imposition des tarifs du côté de l’administration américaine. Sur la base de faits, on va pouvoir réagir», a-t-elle dit.

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Le cabinet ne parlait cependant pas de limiter la hausse, mais plutôt d’une réflexion.

Finalement, en début d’après-midi, le premier ministre François Legault a décidé que son gouvernement maintenait le cap avec des hausses de 4% à 5% par année pour les secteurs industriels et commerciaux, à l’instar d’Hydro-Québec.

«Même avec des augmentations de tarifs de 4% à 5% du côté des entreprises, on va rester beaucoup plus bas que les tarifs qui sont offerts par les autres États en Amérique», a déclaré François Legault, plaidant que la situation économique n’y changera rien. «Il n’y a rien à voir entre le 4% à 5% d’augmentation des tarifs d’électricité et le 25% d’augmentation des prix des produits expédiés du Canada aux États-Unis.»

Les industries inquiètes

Lundi, un regroupement d’associations de grandes entreprises québécoises de tous horizons a mis de la pression sur le gouvernement de François Legault pour qu’il mette fin à son projet d’indexer les tarifs industriels.

Les menaces de tarifs de 25% dès le 1er février sur les exportations canadiennes qu’évoque le président américain créent énormément d’incertitude dans les secteurs industriels et commerciaux. De plus, le gouvernement Legault compte augmenter les tarifs d’électricité de 5% par année afin de financer son plan énergétique.

«Une telle hausse, jumelée aux mesures d’amélioration de la compétitivité américaine annoncées par le président Trump [...], constituerait un coup dur additionnel pour nos entreprises, avec des répercussions potentiellement dévastatrices», a dit Jocelyn B. Allard, président de l’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité et porte-parole de l’alliance.

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Les entreprises n’ont pas convaincu le premier ministre et Hydro-Québec.

Le cabinet de Christine Fréchette assure que les tarifs d’électricité sont compétitifs et le resteront.

Écoutez Richard Martineau tous les jours dès 15 h 00 en direct, en format balado ou en audiovisuel à QUB :

Hausse maintenue

Malgré l’inquiétude des grandes entreprises québécoises en raison du contexte économique avec les États-Unis, Hydro-Québec compte toujours indexer les tarifs industriels et commerciaux de 4% à 5% par année dès 2026. Les menaces de Trump ne changent rien sur le plan de la société d’État, a confirmé la vice‐présidente directrice et cheffe de l’exploitation et des infrastructures d’Hydro‐Québec, Claudine Bouchard, mardi matin à l’Assemblée nationale.

«On a dit 4 à 5 % et on a dit qu’ils étaient pour demeurer compétitifs parce qu’il faut regarder partout dans le monde. Aujourd’hui, nos tarifs sont grandement concurrentiels et il y aura une augmentation ailleurs dans le monde également», a affirmé Mme Bouchard. La société d’État garde le cap sur son augmentation de 3% par année pour le secteur résidentiel.

«Une chose est certaine, c’est que la lutte au changement climatique, elle ne va pas disparaître demain matin. Notre plan d’action vise la décarbonation du Québec et évidemment, la décarbonation du Québec contribue de façon plus large à la décarbonation de la planète, donc à la lutte au changement climatique.»

Lorsque le projet de loi sur l’avenir énergétique du Québec a été déposé l’été dernier, le contexte économique était totalement différent.

La ministre Fréchette déposera en commission une version amendée et ajustée, avant son étude détaillée.

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