Faudra-t-il se passer des oranges de la Floride? François Legault évoque l’idée devant ses partisans

Patrick Bellerose
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Comme à une autre époque, les Québécois devront peut-être s’habituer à ne plus consommer de fruits américains pour répondre aux tarifs douaniers du président Trump, a déclaré François Legault mardi.
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Dans un discours devant ses partisans, le premier ministre caquiste a affirmé que les États-Unis pourront difficilement se passer des produits québécois, si le nouveau président américain impose des tarifs douaniers de 25%.
«Bonne chance dans l’énergie! Bonne chance dans l’aluminium! Bonne chance dans le bois. Bonne chance dans les pièces d’avion!», a-t-il énuméré en prenant la parole au cours d’un cocktail militant en début de soirée, à Saint-Sauveur.
Mais surtout, le Québec pourrait imposer ses propres tarifs en représailles sur les importations américaines, notamment sur les fruits et légumes. «Si on met un tarif de 25%, même si on produit en serre, on est capable d’être compétitifs», fait valoir M. Legault.
Il faudra alors se tourner vers la consommation locale. «Pourquoi qu’on boirait du vin qui vient de la Californie?», a-t-il demandé à ses partisans.
Puis, évoquant son enfance modeste à Sainte-Anne-de-Bellevue, François Legault a rappelé que bien des familles se privaient de fruits importés durant plusieurs mois de l’année, à l’époque.
«Y’a des bouttes qu’on n’en mangeait pas, d’oranges, pis on n’en mangeait pas, de bananes, parce que ce n’était pas fait ici. Faut peut-être s’habituer, nous autres aussi, à se dire: achetons, mangeons, habillons-nous québécois», a-t-il déclaré.
Comme la pandémie
Le discours du premier ministre a conclu le premier jour du caucus de sa formation, en vue de la rentrée parlementaire.
En début de journée, François Legault s’est montré rassurant, reprenant l’exemple de la pandémie.
«On a eu la COVID et on a réussi à protéger les Québécois, à passer au travers. Je veux envoyer un message très clair ce matin aux Québécois. Peu importe ce que monsieur Trump va faire, je veux dire aux Québécois: on va vous protéger coûte que coûte, puis on va passer au travers, ensemble», a-t-il déclaré sous les applaudissements nourris de ses députés.
Filière batterie, laïcité dans les écoles, défense de la langue française: François Legault a promis que la «crise Trump» n’empêchera pas son gouvernement de poursuivre ses transformations de l’État québécois.
Déficit budgétaire
Les défis seront toutefois importants. À son arrivée au caucus, le ministre des Finances Eric Girard a reconnu, comme M. Legault la veille, que des tarifs douaniers importants pourraient compromettre l’échéancier du retour à l’équilibre budgétaire en 2030.
Son ministère s’affaire à préparer un plan de retour à l’équilibre budgétaire, comme l’exige la loi. «La question, c’est: est-ce qu’on va être capable de l’exécuter s’il y a une force majeure», comme l’impact de tarifs douaniers? reconnaît-il.
M. Girard invite d’ailleurs le gouvernement fédéral à présenter un nouveau plan canadien d’infrastructures, le précédent étant venu à échéance au printemps dernier.
«C’est une façon de supporter les provinces, d’aider les citoyens à créer de l’activité économique», fait-il remarquer.
Où est le négociateur?
De son côté, le chef intérimaire du PLQ, Marc Tanguay, estime que la CAQ «est très habile à trouver des défaites pour repousser constamment le retour à l’équilibre budgétaire».
Les libéraux pressent aussi le gouvernement Legault de nommer le négociateur en chef promis pour défendre les intérêts du Québec dans les négociations entre Ottawa et Washington.
«François Legault lui-même, le lendemain de l’élection de Donald Trump, avait dit: “Je vais en nommer un rapidement.” [...] Il est où?», a questionné Marc Tanguay, au premier jour du caucus libéral, à Orford, en Estrie.
– Avec la collaboration de Nicolas Lachance