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Menace tarifaire: Devinci se prépare à faire face au vent

Le directeur général de Devinci, Francis Morin.
Le directeur général de Devinci, Francis Morin. Photo fournie par Francis Morin

Gabriel Côté

2025-03-22T04:00:00Z

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Poussés par la ferveur pour l’achat local suscitée par la menace tarifaire de Donald Trump, les vélos québécois pourraient damer le pion aux grandes marques américaines sur le marché canadien, estime le fabricant de vélos Devinci.

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«Pour nous, c’est une opportunité», explique le directeur général de Devinci, Francis Morin, en entrevue avec Le Journal. «On voit un mouvement, il y a déjà une belle réponse des clients canadiens.»

«Puis, avec le dollar canadien en baisse, les compagnies aux États-Unis font moins de marge sur le territoire canadien. Des hausses de prix vont s’en venir chez les compétiteurs. Le marché va changer, ce qui va bien nous positionner pour l’avenir», poursuit-il.

À l’heure actuelle, les vélos de route sont déjà plutôt coûteux, et même les modèles d’entrée de gamme se détaillent au-dessus de 1000$, qu’ils soient faits ici ou ailleurs. Pour donner une idée, le vélo de route neuf le moins cher de la marque Specialized se vend autour de 1500$, alors que le vélo «équivalent» fabriqué par Devinci coûte 1350$.

Les vélos à la frontière

Après la valse-hésitation de l’administration américaine la semaine dernière, les vélos peuvent toujours traverser la frontière sans avoir à payer de nouveaux tarifs douaniers.

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Selon les règles en vigueur, les vélos qui ont suffisamment de «contenu canadien» sont exemptés de droits de douane, alors que ceux qui sont par exemple fabriqués en Asie sont taxés à 11% en moyenne.

Consciente que «la situation pourrait changer», l’entreprise de Chicoutimi planche sur «plusieurs stratégies» pour s’adapter advenant la mise en place de nouveaux tarifs.

Photo fournie par Francis Morin
Photo fournie par Francis Morin

«À court terme, on regarde les informations évoluer et on ne fait rien de drastique», souligne le directeur général. «Puis on se concentre sur ce sur quoi on a du contrôle, c’est-à-dire essentiellement sur le marché canadien.»

Et comme entre 20 et 25% de ses ventes se font sur le marché américain, Devinci a déjà envoyé des stocks aux États-Unis, à l’instar de plusieurs autres entreprises.

L’entreprise, qui s’approvisionne en aluminium au Canada et en Asie, fabrique et assemble plusieurs vélos dans son usine au Saguenay, mais certains modèles et certaines pièces sont fabriqués en Asie, puis assemblés au Québec.

«Tout sauf américain»

La menace tarifaire a également modifié les habitudes des consommateurs dans les boutiques de vélos, constate Philippe Desgagnés, qui est propriétaire du magasin Mathieu Performance, à Québec.

Le propriétaire de la boutique Mathieu Performance, Philippe Desgagnés.
Le propriétaire de la boutique Mathieu Performance, Philippe Desgagnés. Gabriel Côté, Journal de Québec

«Avant de faire son choix, un client sur trois pose la question pour savoir si un vélo est américain, alors qu’avant, ça ne changeait rien», affirme-t-il. «Mais après, ils ne cherchent pas nécessairement un vélo canadien. C’est surtout du “tout sauf américain”.»

«Mais le prix reste le critère déterminant. Les gens ont des principes jusqu’à ce que le portefeuille parle», ajoute M. Desgagnés.

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