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Sans soutien financier de sa fédération, un skieur québécois a dû dépenser près de 40 000$ pour sauver sa carrière

Photo courtoisie Vanessa Garrison
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2026-03-30T04:00:00Z

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Le skieur Sasha Masson a vécu un véritable chemin de croix au cours des deux dernières années pour garder la tête hors de l’eau sur le plan financier. Il a dû débourser près de 40 000 $ pour maintenir à flot sa carrière.

L’an dernier, les dépenses de Masson s’étaient élevées à 22 714 $ pour l’ensemble de la saison. Il a fait l’impasse sur le Tour de ski, mais a participé à toutes les étapes de la Coupe du monde.

Cette année, une facture de 14 000 $ l’attendait pour participer aux quatre dernières étapes de la Coupe du monde en plus de payer deux billets d’avion.

Dans l’espoir de poursuivre sa carrière si jamais il ne répondait pas aux critères de Nordiq Canada, Masson a jonglé avec la possibilité de porter les couleurs de la Grande-Bretagne.

« Ma mère est Britannique et j’aurais pu obtenir ma citoyenneté, a-t-il expliqué. J’ai fait ma demande de passeport cet hiver dans l’éventualité que je me retrouve devant rien. Le financement n’est pas meilleur en Angleterre, mais ils ont un plus grand respect pour les athlètes. Je voulais représenter le Canada, mais c’est tellement dur d’y arriver sans financement. »

Natif du Yukon, Masson a pu compter sur l’appui des gens de la communauté. « Le gouvernement du Yukon mise sur un programme qui permet aux donateurs d’obtenir une déduction d’impôt, a-t-il expliqué. J’ai vendu des chandails et des chapeaux. J’ai poussé le financement individuel. »

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Une seule opportunité de se qualifier

Lors des championnats américains du 4 au 9 janvier à Lake Placid, le fondeur de 23 ans a terminé sur le podium au sprint, ce qui lui a permis de se qualifier pour les dernières étapes de la Coupe du monde.

C’est avec le couteau sur la gorge qu’il s’est présenté sur la ligne de départ à Falun en Suède et à Lahti en Finlande, où il devait terminer dans le top 30 à chaque course pour remplir les standards de Nordiq Canada.

Alors que sa carrière était en péril, il a répondu avec une 29e et une 22e position en sprint. « Les opportunités de se qualifier sont rares au Canada et je devais en profiter, a-t-il résumé. J’étais all in. Je ne pouvais pas me permettre d’être exclu de l’équipe nationale pour une deuxième année consécutive. »

Ses œufs dans le même panier

Afin de maximiser ses chances, Masson s’est concentré sur le sprint à l’entraînement. « J’ai mis tous mes œufs dans le même panier », a-t-il illustré. Il a terminé la saison à Lake Placid en finissant à la 19e place, pour signer le meilleur résultat de sa carrière en Coupe du monde.

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Entraîneur de Masson au Centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH), Louis Bouchard était soulagé. « Sasha a relancé sa carrière, a-t-il résumé. À 23 ans, les parents ne payent plus, et ça devient difficile financièrement. La retraite était une forte possibilité si Sasha n’avait pas fait l’équipe canadienne pour une deuxième année de suite. C’est pour ça qu’on a tout misé sur le sprint style libre à l’entraînement. »

Son appel a été rejeté

Cette sélection pour la saison 2025-2026 représente un baume pour Masson, qui a vécu une amère déception en décembre lors de sélections olympiques en Colombie-Britannique.

« Ce ne fut pas l’affaire la plus joyeuse de ma carrière, a-t-il exprimé. Ce fut long à la maison à me tourner les pouces. En compagnie de mon colocataire [Olivier Léveillé] qui a vécu la même situation, j’encourageais ma copine [Liliane Gagnon]. »

« J’ai manqué les sélections par moins de dix secondes, d’ajouter Masson, dont le père, Alain, a participé aux Jeux olympiques de 1992. Parce que je suis le deuxième meilleur sprinter au Canada, j’ai porté la décision en appel, mais je n’ai pas gagné. »

Une dose de confiance pour Olivier Léveillé

Léveillé a lui aussi disputé ses premières Coupes du monde de l’année en Scandinavie. « C’était une bonne chose qu’Olivier retourne dans le bain, a imagé Bouchard. Il a participé au championnat de l’Est à Gatineau et à la Coupe Canada à Canmore. Le circuit est défaillant au Canada et les opportunités de se développer sont peu nombreuses. »

Léveillé a aussi pris le départ au championnat canadien qui s’est déroulé au Mont-Sainte-Anne. « Olivier a gagné des courses, et c’est bon pour le moral. C’est comme un gars de la LNH qui est retourné dans la Ligue américaine et qui marque deux buts. C’est bon pour la confiance. »

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