Menace d’anéantir la civilisation entière: Trump recule à la dernière minute et l’Iran célèbre une «grande victoire»
Un cessez-le-feu de deux semaines a été accepté par les deux parties

Marianne Lafleur
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Après avoir menacé d’anéantir la « civilisation entière » iranienne, Donald Trump a repoussé son ultimatum mardi soir à la dernière minute, accordant deux semaines de répit avant toute éventuelle attaque contre la République islamique.
« Sous réserve que la République islamique d’Iran accepte l’OUVERTURE COMPLÈTE, IMMÉDIATE et SÉCURITAIRE du détroit d’Ormuz, j’accepte de suspendre les bombardements et l’attaque contre l’Iran pour une période de deux semaines », a écrit le président des États-Unis sur Truth Social, mardi soir.
Cette décision donne suite à la proposition du premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, qui avait exhorté les deux parties à accepter un cessez-le-feu de deux semaines.
Le Pakistan, qui agit comme un médiateur, a indiqué que cette trêve s’appliquait à l’ensemble de la région, même au Liban. Israël a accepté de s’y joindre.
Selon Trump, l’Iran aurait soumis à Washington une proposition « viable » comportant dix points, sans révélation du contenu. « C’est un honneur de voir ce problème de longue date proche d’une résolution », a ajouté le républicain.
Malgré cet optimisme, plusieurs zones d’ombre subsistent. « Avant de juger s’il s’agit d’un succès, il faut se référer au contenu du plan », soutient Georges Mercier, doctorant en science politique.
D’après lui, Trump a dû faire des concessions en échange de l’ouverture du détroit d’Ormuz.

Des médias iraniens évoquent notamment la poursuite du programme d’enrichissement d’uranium et la levée de toutes les sanctions. Téhéran affirme avoir remporté une « grande victoire » et contraint les États-Unis à accepter ses conditions.
Cette annonce a rapidement eu des répercussions économiques, puisque le prix du West Texas Intermediate, référence américaine du pétrole brut, a chuté de près de 18 % à moins de 100 $US le baril.
Pression internationale
Plus tôt dans la journée, Trump avait menacé d’éradiquer « une civilisation entière » dans une simple publication de 85 mots sur les réseaux sociaux. Il laissait à l’Iran jusqu’à mardi 20 heures pour ouvrir le détroit d’Ormuz, sans quoi il détruirait le pays tout entier.
Face à cette escalade, la pression internationale s’était intensifiée.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’était dit « très préoccupé » par les propos de Donald Trump sur l’Iran.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et le président français, Emmanuel Macron, avaient eux aussi invité Trump à faire preuve de retenue et à respecter le droit international.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Incertitude totale
La journée avait laissé planer une incertitude totale quant aux intentions réelles de Trump.
Il est le « seul » à savoir « ce qu’il va faire » en Iran, avait déclaré sa porte-parole Karoline Leavitt quelques heures avant que n’expire l’ultimatum.
Néanmoins, l’Iran avait affirmé que son pays était prêt à « tous les scénarios ».
Pour Georges Mercier, cette imprévisibilité pourrait faire partie de la tactique de négociation de Trump. « Est-ce qu’il est réellement fou ou au contraire, c’est sa manière de mettre de la pression ? » s’interroge l’expert.
Ce n’est pas le premier ultimatum repoussé par Trump depuis le début de la guerre, « mais c’est la première fois qu’il semble obtenir quelque chose en échange », souligne M. Mercier.
– Avec l’AFP