Même s’il est le doyen du plateau, le patineur et médaillé olympique Laurent Dubreuil estime qu’il peut rivaliser avec les jeunes loups encore quelques années


Richard Boutin
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Même s’il est le doyen du circuit de la Coupe du monde au 500 m à 32 ans, le patineur de vitesse longue piste Laurent Dubreuil est persuadé qu’il peut toujours rivaliser avec les jeunes loups.
Quelques-uns de ses compagnons d’armes ont pris leur retraite au terme de la dernière saison. «À 32 ans, je suis très vieux pour un sprinter et ça relève pratiquement du miracle que je puisse encore remporter des médailles, a-t-il déclaré. Le sprint est une épreuve pour les jeunes, mais j’estime qu’il me reste encore une fenêtre de quelques années où je peux rivaliser avec les meilleurs avant de connaître une baisse physique.»
«Je ne me sens pas encore à la limite, de poursuivre le médaillé d’argent au 1000 m aux Jeux olympiques de Pékin en 2022. La retraite me trotte plus dans la tête qu’à 25 ans, mais je suis chanceux de gagner ma vie avec ma passion. Je suis heureux, très compétitif et combine bien ma carrière avec ma vie familiale. Il n’y a donc pas de raison d’arrêter.»
Jordan Stolz pas imbattable
Parmi ces jeunes, il y a évidemment le surdoué américain Jordan Stolz, qui a remporté six médailles d’or en six courses lors des deux derniers championnats du monde.
«C’est un patineur incroyable qui sera le meilleur au monde pour les dix prochaines années et je ne le devancerai pas s’il fait un chrono de 33,6 s [33,69 s] comme l’an dernier au mondial, mais il n’est pas imbattable, surtout au 500 m, a résumé le patineur lévisien. Il n’a remporté aucun 500 m l’an dernier avant Noël. À son sommet, un gars comme Usain Bolt a été battu à cinq reprises même si tout le monde croyait qu’il était imbattable.»
Au cours de ce même mondial, Dubreuil avait remporté l’argent en signant le deuxième meilleur chrono de sa carrière (33,95 s).
Deux objectifs en tête
En meilleure forme que l’an dernier à pareille date alors qu’une blessure à un genou avait perturbé sa préparation, Dubreuil et les autres membres de l’équipe canadienne partent, samedi, pour l’Asie.
Au programme, le Championnat des quatre-continents à Hachinohe au Japon du 15 au 17 novembre, qui sera une mise en jambes pour les étapes de la Coupe du monde de Nagano du 22 au 24 et de Pékin du 29 au 1er décembre.
«Comme père, ça me fait mal au cœur de quitter mes deux enfants mais, comme athlète, j’ai vraiment hâte de me mesurer aux meilleurs, a-t-il souligné. On s’entraîne sept mois par années pour ces moments.»
«J’ai gagné en 2021 et mon objectif numéro un est de remporter l’or au mondial en Norvège sur une glace où j’ai déjà gagné une médaille, d’ajouter le papa de deux jeunes enfants. J’espère chauffer Stolz.»
Champion au cumulatif de la Coupe du monde en 2022 et 2023, Dubreuil a terminé au deuxième rang l’an dernier derrière le Japonais Wataru Morishige qui avait connu un départ canon. «C’est mon objectif secondaire, mais c’est un titre auquel j’attache une importance particulière. À mes yeux, le meilleur patineur est celui qui fait preuve de constance pendant toute la saison. Au mondial, on assiste parfois à des surprises et ce n’est pas nécessairement le meilleur qui gagne. Je suis clairement en meilleure forme physique que l’an dernier. Je suis content d’avoir le niveau pour accéder au podium, mais la compétition est forte et la ligne est tellement mince entre une victoire et une quatrième place.»