Mélanie Pilon partage ses souvenirs inoubliables de Noël en famille
«Alertes» dès le 6 janvier, 20 h à TVA. «Alertes: Pelletier» est disponible sur illico+
Marjolaine Simard
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Mélanie Pilon, que le public adore dans la peau de Jennifer dans la série Alertes et sa série dérivée Alertes: Pelletier, mène une carrière solide et éclatante depuis sa sortie de l’école de théâtre en 2003. Un jour, l’envie de transmettre sa passion est devenue trop forte. Elle a donc fondé sa propre école de jeu. Il y a un peu de Mélanie dans plusieurs acteurs que l’on célèbre aujourd’hui à la télévision. Découvrez le parcours rempli d’une grande soif d’apprendre de cette artiste qui croque dans la vie à pleines dents.
Ça fait quelques saisons que tu incarnes Jennifer dans Alertes. Une enquêtrice médico-légale dont l’équipe Cerbère ne peut plus se passer...
Quand mon personnage est arrivé, j’avais beaucoup plus de matière, parce que j’étais l’ex de Guillaume Pelletier, incarné par Danny Gilmore. On vivait notre séparation, on venait de perdre un enfant à la naissance... C’était costaud! Depuis deux ans, je gravite autour du noyau principal de l’équipe Cerbère. Il y a moins d’enjeux émotifs pour elle. Même si mon temps d’écran est plus restreint, j’adore toujours autant l’incarner. Dans Alertes: Pelletier, j’ai une scène en duo en compagnie de Danny Gilmore, alors qu’elle passe un moment avec lui pour so 50e anniversaire.
L’univers du médico-légal est fascinant. Comment t’es-tu préparée pour incarner cette enquêtrice?
J’ai fait pas mal de recherches. Ma belle-sœur adore le true crime et elle m’avait parlé de Kathy Reichs, une anthropologue judiciaire et autrice. J’ai lu un peu pour comprendre le métier. Je me suis renseignée sur l’aspect scientifique. Ce sont des gens hyper structurés, méthodiques, minutieux. Ils ont un sang-froid incroyable. Moi, je ne pourrais pas faire ce métier. Je suis trop sensible! Et sur le plateau, on travaille avec de vrais spécialistes en identité judiciaire comme figurants. C’est génial, parce qu’ils sont sur les scènes avec nous. Ils nous expliquent quoi faire, quoi ne pas faire. Ça ajoute énormément de crédibilité.
Tu as même participé à une frappe policière avec une équipe de Montréal-Nord!
Oui! J’ai eu la chance d’avoir un contact. Je suis allée passer une soirée avec les équipes tactiques et les enquêteurs. C’était extraordinaire. Tu vois comment ils fonctionnent, leur humour, leur façon de gérer. J’ai trouvé ça admirable.
Mélanie dans la série Cirkus

Tu connais aussi une belle carrière en télé jeunesse...
Oui! J’ai fait quatre saisons de Comme des têtes pas de poule, dont la dernière saison sort en janvier, à Télé-Québec. C’est un show très familial, qui ouvre la discussion. Je suis aussi dans Cirkus à Radio-Canada. C’est très ludique, éclaté. Ces deux séries tirent à leur fin, c’est donc un double deuil! J’adore les costumes. J’ai fait beaucoup de jeu masqué, un univers où je peux laisser aller ma folie, ma créativité. Ça me rappelle pourquoi j’ai choisi ce métier, soit la liberté, l’imagination, l’expressivité... J’adore ça!
Mélanie dans la série Comme des têtes pas de poule

Où as-tu découvert le jeu masqué?
Quand je suis sortie de l’école de théâtre, notre gang de finissants, on avait une compagnie de jeux masqués. On a fait presque tous les festivals de la province. Mes étés, c’était de l’animation de rue. J’avais 23 ans, je voyageais partout au Québec, j’exerçais mon métier avec ma gang. C’était une époque extraordinaire de ma vie. J’ai fait ça pendant huit ans.
En compagnie d'Eve Landry dans Unité 9

Qu’est-ce qui t’a poussée à créer ta propre école de jeu, les Ateliers Mélanie Pilon?
On m’a d’abord demandé de coacher des jeunes pour les auditions des écoles de théâtre, et j’ai tout de suite accroché. Après un cours de direction d’acteurs, j’ai été engagée sur plusieurs productions, dont Subito texto et Tactik, où j’ai coaché des jeunes de la génération de Pier-Luc Funk. Le déclic est vraiment arrivé à l’époque où j’incarnais l’IPL Mélissa Caron dans Unité 9. Je jouais alors beaucoup avec la comédienne Eve Landry. J’ai réalisé à quel point j’aimais transmettre. Comme je n’ai pas d’enfant, je pense que ce besoin-là s’est exprimé autrement. J’ai donc lancé mes ateliers. Ça fera 11 ans en février. En 2017, j’ai aussi suivi une formation en PNL (Programmation neuro linguistique), une approche en thérapie brève. J’ai même fait du cabinet durant deux ans. Cet outil supplémentaire m’aide à mieux comprendre les gens et à être une meilleure coach.
Pendant la pandémie, tu es même retournée à l’inis en réalisation...
Oui! J’ai réalisé quatre courts métrages. J’aime varier mes compétences et mes plaisirs. Je développe actuellement une série avec une amie; on espère que ça fonctionnera. J’ai aussi un projet de documentaire en développement.
Mélanie dans la série Plan B

T'arrive-t-il de coacher ton conjoint, le comédien Vincent Leclerc, qui incarne Éric Bonin dans Dumas?
Ah oui, énormément! On s’entraide, parce qu'on se connaît tellement bien qu’on n’a pas peur de se dire les vraies choses, avec bienveillance. On sait exactement comment l’autre fonctionne. On se pousse, on se guide. Je trouve ça essentiel. Quand on a joué un couple où règne la violence dans Plan B, il y a environ quatre ans, tout le monde me demandait si c’était troublant d’incarner cette violence avec lui. Au contraire! J’étais bien plus confortable de jouer avec lui, parce que j’avais une confiance totale.
Mélanie et son conjoint, Vincent Leclerc

Qu’est-ce qui t’a menée vers ton métier?
Petite, je pensais devenir danseuse. C’est à la polyvalente Saint-Jérôme que j’ai découvert l’art dramatique, avec Les Denis Drolet, Sébastien et Vincent. On était dans les mêmes programmes. On faisait des shows. Un jour, ma prof m’a dit: «Tu pourrais devenir comédienne, tu devrais auditionner pour les écoles.» Je ne savais même pas que ça existait! J’ai auditionné et j’ai été prise tout de suite à Lionel-Groulx, en 1999, à l’âge de 19 ans. Une personne qui croit en toi peut vraiment changer ton destin.
Tu as participé au rallye Roses des Sables dans le désert marocain. Est-ce que tu continues à te lancer des défis, à être aventureuse?
Oui! On part bientôt au Pérou, Vincent et moi. On va visiter le Machu Picchu. On voulait aussi faire un parcours un peu moins touristique, alors on va faire un trek de quatre jours, plus off-road. Il y a cinq ans, on était allés en Namibie, faire un safari, mais on a dû revenir d’urgence à cause de la pandémie. Là, on avait envie de retrouver ce côté aventure. J’ai perdu quelqu’un de très proche récemment, et on dirait que ça m’a donné envie de croquer encore plus dans la vie. Ça a ravivé ce désir de voyager, de vivre des expériences.
C’est vrai qu’un deuil donne parfois un élan, une urgence de vivre...
J’ai perdu ma mère très jeune, de l’alzheimer. Elle a commencé à être malade quand j’avais 13 ans. Je pense que ça m’a donné une urgence d’accomplir les choses. Il y a des blessures qui sortent à la suite de la perte d’un parent à un âge aussi jeune. J’ai l’impression de ne presque plus me souvenir de la femme qu’elle était. Alors, tu te trouves d’autres modèles. Mes sœurs, par exemple. Cette urgence m’habite positivement. La vie passe en un claquement de doigts.
Noël, pour toi, c’est important?
Oui, vraiment! En vieillissant, ça change, mais j’ai eu des Noëls d’enfance incroyables. Ma grand-mère avait 21 enfants, alors j’ai grandi entourée d’oncles, de tantes et d’une quarantaine de cousins. Dans les années 1980-1990, on louait une salle et on se retrouvait plus de 80. Il y avait le père Noël, un énorme buffet, des batailles de boules de papier, de la danse, une boule disco... Mes cousines et moi montions même des chorégraphies. Pour moi, Noël, c’était vraiment magique.
Cet esprit des fêtes subsiste-t-il encore aujourd’hui?
Aujourd’hui, notre rituel, c’est le Nouvel An. On reçoit des amis à notre chalet, tous les ans. C’est une tradition importante. On est une gang de 25 à 30 personnes. Ça me rappelle un peu ma jeunesse. C’est notre grande célébration. Je décore le chalet, c’est toujours super festif, ce sont vraiment des belles fêtes.
En terminant, quels sont tes projets à venir?
L’été prochain, je vais jouer au théâtre de l’Ancien Presbytère, à Granby. La pièce s’appelle Les filles à papa, de Martin Gougeon, avec Catherine Renaud, Richard Fréchette, Mélissa Dion Des Landes et Xavier Roberge. Je rêvais de refaire du théâtre d’été. On joue tout l’été, du 25 juin à la fin août.