Mehmet Unal remporte un échange de bombes lourd de conséquences

Ian Gauthier
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Dans un combat brutal qui s'est trop étiré, le boxeur montréalais d'origine turque Mehmet Unal l'a emporté par K.-O. au neuvième round contre l'ancien champion européen Altin Zogaj, jeudi soir, au Casino de Montréal.
Toujours invaincu, le protégé de la firme québécoise Eye of the Tiger Management (EOTTM) a ainsi conservé son titre WBC continental des mi-lourds en plus de mettre la main sur le titre WBA continental de la même catégorie.
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Invaincu lui aussi avant ce combat, Zogaj (17-1-0, 9 KO) était déterminé à ne pas échapper sa fiche parfaite, mais cela lui a coûté cher: après avoir été passablement ébranlé par Unal (15-0-0, 13 KO) au huitième round, il est tout de même revenu dans le combat au neuvième, mais n'a duré que quelques secondes avant de se faire brutalement passer le K.-O. par son adversaire.
Cela faisait au moins deux rounds que le pugiliste de 32 ans était en mode survie dans l'arène tout en encaissant les lourds coups d'Unal, qui ne manquaient pas de précision. Zogaj a même vu son protecteur buccal voler loin à l'extérieur du ring, au huitième, à la suite d'une autre percutante droite de son adversaire, un boxeur qui fonce la tête devant et qui bombarde, quitte à se prendre lui-même de solides coups au visage. Mais le combat n'a pas été arrêté. Il s'est terminé après 12 secondes au neuvième assaut.
Le public n'a pas célébré longtemps la victoire d'Unal, et ce dernier non plus. Zogaj restait affaissé dans les câbles, complètement terrassé. Le boxeur allemand, né au Kosovo et d’origine albanaise, a fini par retrouver son banc. Il a ensuite pu échanger quelques mots avec Unal, notamment, avant de quitter l'arène. Il a été transporté à l'hôpital.
Après le combat, le grand patron d’Eye of the Tiger, Camille Estephan, était dans tous ses états.
«Honnêtement, je ne peux pas trouver les mots, je suis tellement fâché d'avoir vu ça, a-t-il déclaré. Le coin de ce boxeur-là aurait dû intervenir depuis plusieurs rounds. Il est mal en point, ce n'était pas nécessaire. C'est la première fois que je vois ça. Ce n'est pas correct.»
«Il va être sous observation, a-t-il continué. Il a subi une commotion, c'est clair. Je pense qu'il y avait beaucoup de fatigue aussi. Complètement vidé. On le voyait tous, ça faisait deux ou trois rounds qu'il n'avait plus de jambes, plus de puissance dans ses bras. Ça ne donne rien de continuer. Le coach, c'était complètement irresponsable de sa part, je n'en reviens pas.»
Unal, pour sa part, se désolait évidemment pour son adversaire.
«Je me sens mal pour lui, il est tombé durement, a-t-il affirmé. Le combat aurait dû être arrêté quelques rounds plus tôt.»
Selon lui, Zogaj a sans doute péché par excès de courage.
«Mon adversaire était vraiment nerveux, et ce n'est pas facile de se battre contre quelqu'un de nerveux, a expliqué Unal. J'aime mieux affronter quelqu'un qui est relaxe et confortable. Le gars était nerveux et très déterminé à se battre pendant dix rounds.»
Peu portés sur la défense, les deux hommes ont offert un combat décousu, mais explosif, qui a détonné par rapport aux autres affrontements de la soirée, qui ont été dans l’ensemble plus techniques et mesurés. Les deux gaillards ont encaissé plusieurs bombes, mais au jeu de celui qui frappe le plus fort, il n’y en a pas beaucoup qui vont l’emporter contre Unal.
«On sait que Mehmet Unal est un gars qui cogne extrêmement dur, a rappelé Estephan. Le gars (Zogaj) est très, très courageux, je n'ai jamais vu un gars avec une mâchoire comme ça, un courage comme ça. Trop courageux, même, et le coach dormait au gaz.»
«Je suis juste perturbé parce que j'ai vu, a insisté Estephan. Pour tout le monde dans la salle [...] il fallait que ça arrête, mais je ne pouvais pas agir, en tant que promoteur.»
«Zogaj est d’origine albanaise et les Albanais, ils ont beaucoup d’honneur», a observé Unal.
Ramirez toujours sur le carreau
Ce combat était devenu la finale de la soirée après le forfait d'Albert Ramirez, qui devait à l'origine affronter l'Anglais Lerrone Richards en fin de gala. Ramirez, champion intérimaire WBA chez les mi-lourds, a été pris d'un problème de santé dans la nuit de mardi à mercredi, ce qui a entraîné l'annulation de son combat.
«Il se repose, il est mal en point, a révélé Estephan. Ce n'est pas une appendicite. Ils font des tests, mais c'est grave, parce qu'il vomit... Il est sous observation par les médecins. Je pense qu'il n'est plus à l'hôpital, il se repose.»
Pour la suite des choses, il y a de fortes chances qu’Unal, classé dans le top 10 de la WBC dans sa catégorie, reçoive de belles offres.
«Il a très bien fait, il a montré beaucoup de choses, a souligné Estephan. C'est un gars qui ne vient pas pour danser, il vient pour se battre.»
«Des boxeurs comme Mehmet, ils sont toujours en demande, la télévision veut voir ça, a-t-il ajouté. J'avais déjà eu des appels avant le combat pour lui... il a fait un gros combat ce soir, on va voir son état de santé. Ça se peut qu'on ait une offre pour aller à l'extérieur.»
Asanau intouchable
En demi-finale, le Biélorusse Dzmitry Asanau (12-0-0, 6 KO) s'est imposé devant le champion d'Espagne Carlos Ramos (18-4-1, 10 KO) par arrêt de l'arbitre à la fin du sixième round, à la demande du coin de Ramos.
Méthodique et précis, Asanau, qui a dominé les échanges la plupart du temps, conserve ainsi son titre continental WBC des poids légers. Le protégé d'Eye of the Tiger, qui a 29 ans, est confortablement installé dans le top 5 de la WBC chez les poids légers et pourrait faire des vagues au sein de la division au cours de l'année à venir.
«On vient de faire une belle performance, peut-être qu'on va sauter d'un rang au troisième et demander des éliminatoires (auprès de la WBC)», a commenté Estephan au sujet de la suite des choses pour Asanau.
C'était la première fois que Ramos subissait la défaite avant la limite. L'Espagnol de 30 ans, qui semblait se plaindre d'avoir reçu des coups derrière la tête, doutait peut-être de sa capacité à pouvoir revenir dans ce combat.
Chabot en fait assez
Le Québécois Thomas Chabot (12-1, 7 KO) avait fort à faire, en milieu de gala, afin de faire oublier sa défaite-surprise d'octobre dernier contre le Canadien Logan Clouthier.
Opposé au Néo-Brunswickois Dominic Babineau (13-3-1, 11 KO), qui n'avait pas boxé depuis 2022, Chabot a été plus actif que son adversaire, mais n'a cependant pas été en mesure de le mettre en difficulté. Il a fallu attendre le septième round avant de voir Babineau placer quelques coups de puissance, sans jamais renverser la vapeur. Babineau est revenu à la charge lors du 10e et dernier round, tentant le coup de circuit malgré la fatigue, en vain.
Méthodique et efficace, aidé par des coups au corps qui ont porté, Chabot s’est imposé par décision partagée.
«Ce soir, j’ai livré l’un de mes combats les plus calmes, mais c’était l’objectif», a déclaré Chabot, qui boxait pour la première fois à 126 livres après avoir fait ses combats précédents à 130.
«Ce n’était pas le temps d’embarquer dans une seconde guerre mondiale comme je suis capable de le faire [...] le but c’était de gagner aux points, ce soir, et c’est ce que j’ai fait.»
Sanford tout en technique
Le Canadien Wyatt Sanford (6-0, 2 KO) n'a jamais été en difficulté devant l'Argentin Alexis Camejo (10-6-2, 1 KO), qu'il a dominé techniquement tout au long des six rounds du combat qu'il a fini par remporter par décision unanime.
Trop facile pour Beausejour
Le Québécois Keven Beausejour ne s'est pas éternisé dans l'arène lors du deuxième choc de la soirée. Dominant et ultra-confiant devant le Tchèque Petr Strnad, Beausejour a envoyé son rival au tapis une première fois au deuxième round avant de terminer le travail quelques secondes plus tard à l'aide d'une combinaison devant laquelle le pauvre bougre ne pouvait rien.
Tice finit le travail
Dans le premier combat de la soirée, le Longueuillois Dante Tice (2-0, 1 K.-O.) s'est imposé par K.-O. au quatrième round contre l'Argentin Gonzalo Manriquez (6-8-1). Le vétéran Manriquez a offert une opposition honorable à Tice, qui a dû travailler fort pour arriver à placer le retentissant uppercut du droit qui a envoyé son rival au tapis.