Médicaments contre l’obésité: des professionnels de la santé déçus que Québec fasse la sourde oreille
Agence QMI
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Des professionnels de la santé spécialisés dans l’obésité comme maladie se disent déçus et découragés que Québec ne soit pas plus ouvert en ce qui concerne la prescription de médicaments aux patients qui en auraient besoin.
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«Il n'y a pas du tout d'ouverture. Il n'y en a pas non plus au niveau du ministère de la Santé. Moi et mes collègues médecins, vraiment formés dans la maladie de l'obésité, nous sommes extrêmement déçus et découragés de voir qu'on est la seule province au Canada où nos élus et fonctionnaires font la sourde oreille face aux spécialistes et la science de 2024», a déploré la Dre Julie St-Pierre, pédiatre et lipidologue au CIUSSS Centre-Sud de l'Île-de-Montréal.
Selon Mme St-Pierre, la science a beaucoup évolué dans les dernières années en ce qui a trait aux traitements contre l’obésité. De plus, si la base du traitement est toujours la modification des habitudes de vie qui joue sur la génétique, les médicaments sont parfois nécessaires.
«Peu importe ce qu'elle est et les 1800 gènes qu'on a, la base du traitement, ça demeurera toujours les modifications de nos habitudes de vie. On parle de sommeil, on parle d'écran, on parle d'appétit, de ce qu'on mange tous les jours et de mouvement. La deuxième phase du traitement, bien entendu, quand on escalade, si pour une raison XY on a peu de réponses à l'approche multiprofessionnelle, alors à ce moment-là, on va aller vers une médication», a-t-elle affirmé.

Pourtant, les médicaments sont difficilement prescriptibles, même par des spécialistes.
«Au Québec, on ne peut pas prescrire la médication à beaucoup de patients qui en auraient besoin, parce qu'on a une clause depuis plus de 20 ans qui nous interdit de prescrire ces médicaments-là, même si on est des spécialistes et qu'on sait que le patient en a besoin», a-t-elle continué.
Elle a néanmoins assuré que des démarches auprès du ministre Dubé et de son cabinet étaient en cours depuis des années, sans résultats. Une pétition a même été créée en ce sens.
Une maladie chronique
L’obésité est une maladie chronique qui touche près de 3 Québécois sur 10, mais a toujours été pointée du doigt comme un problème avant tout d’apparence.
«C'est une maladie chronique qui a été reconnue sur la base, pas nécessairement sur notre poids ou sur notre indice de masse corporelle, mais bien sur la base des altérations, des modifications qu'on peut voir au niveau de la cellule graisseuse, l'adipocyte», a-elle expliqué.
«Donc, ça apporte beaucoup de confusion parfois dans la population, où on est très centré sur le poids et la forme des corps, alors que la maladie chronique dont on parle est vraiment plus en lien avec les modifications qu'on voit dans la cellule graisseuse», a-t-elle continué.
Pourtant, cette maladie est avant tout multifactorielle.
«Il y a 1800 gènes en fait qui gèrent les communications entre nos cellules graisseuses et le reste de notre corps. On sait maintenant que cette cellule graisseuse est comme un petit organe très intelligent qui, avec ses 1800 gènes, peut influencer l'expression de la maladie», a-t-elle détaillé.
Cette cellule graisseuse peut ensuite avoir une influence sur d’autres hormones comme les neurotransmetteurs.
«Maintenant, on sait que les hormones de la faim, de la satiété, comment on fait toute la gestion de notre appétit, est orchestrée par des communications qui se passent entre cette cellule graisseuse et celle de notre cerveau. Il y a aussi les hormones en vieillissant, il y a aussi des facteurs sociodémographiques, il y a aussi des aspects psychologiques qui peuvent influencer l'expression de la maladie», a-t-elle résumé.
Pour voir l'entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-dessus