Médaille de bronze au 500 mètres: «Je n’aurais jamais réussi sans Marc» – Courtney Sarault
La patineuse de vitesse a fondu en larmes dans les bras de son entraîneur après la compétition


François-David Rouleau
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MILAN | Courtney Sarault a traversé de justesse le fil d’arrivée du 500 mètres et a levé les yeux vers le tableau pour s’assurer de sa troisième position par un poil. Une fois rassurée, elle a foncé vers la bordure de la patinoire où Marc Gagnon l’attendait sur les genoux, les bras au ciel, en criant. Le coach et la patineuse se sont enlacés.
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«Mon Dieu, partager ce moment avec Marc, c’était si spécial, a lâché Sarault avec sa médaille de bronze au cou en essuyant son œil gauche mouillé, moins d’une heure après son premier podium olympique dans une épreuve individuelle.
«Je n’aurais jamais réussi cela sans lui. Je sais qu’il ne voudrait pas que je dise cela, il ne veut jamais prendre le crédit, mais de l’avoir à mes côtés change tout dans mon esprit.»

Pour un résumé de la petite histoire entre les deux, Gagnon l’a énormément aidée à surmonter des épreuves difficiles depuis les Jeux de Pékin de 2022, d’où la patineuse du Nouveau-Brunswick était rentrée bredouille.
Doute
Entre autres, Sarault s’était remise en question et elle avait même douté de son avenir dans ce sport. Elle aurait très bien pu accrocher ses patins. L’entraîneur-chef de la formation nationale et cinq fois médaillé olympique entre 1994 et 2002 l’a prise sous son aile.
«Il a le plus grand des cœurs. On connecte à tous les niveaux. C’est incroyable de patiner pour lui. Il veut que je patine pour moi, mais je le fais aussi en partie pour lui», a raconté la sympathique athlète de 25 ans, dont la voix a cassé maintes fois.

De son propre aveu, elle ne se dit pas évidente à gérer. Gagnon la compare à une bête autant sur la glace qu’autour d’une patinoire.
Débarquant à Milan parmi les favorites sur courte piste en raison de ses succès sur la scène internationale et de son deuxième rang au classement général du 500 mètres, entre autres, Sarault s’était mis énormément de pression sur les épaules depuis la consécration du Globe de cristal de l’ISU à la fin de la saison dernière.
Si cette pression coule sur les épaules de son coéquipier William Dandjinou, ce n’est pas son cas. Les deux mois menant en Italie n’ont pas été de tout repos, a signalé Gagnon, qui l’a souvent ramenée et recentrée.
Soutien émotionnel et moteur de changement
«Il m’a tant apporté émotionnellement. Je peux être très difficile sur moi-même. Mais il ne me laisse jamais ambitionner, a-t-elle raconté. Il me montre les côtés positifs et il change mon esprit perfectionniste.

«Je pouvais aligner mes meilleurs chronos personnels que je chercherais à trouver du négatif. Il coupe tout ça. Il m’a bâtie», a ensuite imagé celle qui était concentrée sur les performances et les résultats.
Gagnon a travaillé fort sur cet aspect mental de sa féroce compétitrice. Au cours du processus, elle a mis l’accent sur la qualité des performances. Les résultats allaient ainsi suivre.
Au diable la perfection
Et ç’a porté ses fruits, car jeudi soir, sur l’anneau glacé de Milan, en finale, Sarault n’a pas été parfaite. Loin de là. Elle s’est toutefois battue avec férocité pour remonter le peloton et aller décrocher la médaille de bronze derrière la meilleure patineuse au monde sur cette distance, la Néerlandaise Xandra Velzeboer, et la légende italienne de 35 ans, Arianna Fontana.
«J’ai arrêté de rechercher la perfection et réalisé que je devais tout donner pour réussir, que ce soit beau ou non. Ça n’a pas besoin d’être parfait. Ç’a fonctionné en finale», a souri celle qui disait qu’elle coucherait avec sa médaille tellement sa signification est forte.
«On a travaillé tellement fort mentalement pour réussir à l’amener ici et qu’elle soit bien afin d’être en mesure de performer comme elle l’a déjà fait, a relaté Gagnon, fier de sa fusée sur deux lames.

«Ce qu’elle a fait pour se rendre à cette finale du 500m avec de si féroces compétitrices, en étant si combative, c’est vraiment une victoire pour moi, a salué l’instructeur de 50 ans, qui sautait partout au moment du dévoilement des résultats, quelques secondes après la conclusion de la course.
«Pour toutes les raisons dont j’épargne les détails, ce n’était vraiment pas simple. De voir Courtney s’exprimer comme ça, c’était extraordinaire.»