Une médaille et une crise d’asthme

Richard Boutin
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CALGARY | Antoine Gélinas-Beaulieu a remporté la troisième médaille de sa carrière en Coupe du monde, vendredi, en lever de rideau de la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste de Calgary.
En proie à une crise d’asthme en raison d’une adaptation difficile à l’altitude au terme de sa deuxième place dans le Groupe B au 1500 m plus tôt dans la journée, Gélinas-Beaulieu a bien récupéré pour enlever l’argent à la poursuite par équipe en compagnie de Connor Howe et de Hayden Mayeur.
Le Canada n’a cédé que 0,56 s aux États-Unis qui sont l’une des puissances du circuit.
«Ce n’est pas vraiment une surprise, a affirmé Gélinas-Beaulieu. J’avais confiance en notre potentiel et je croyais en nos chances. Nous avons utilisé une bonne stratégie.»
À l’instar des Américains et des Norvégiens qui ont mérité le bronze, les Canadiens ont conservé le même ordre de patineurs pendant toute la course et n’ont pas fait d’échanges.
Fermer la marche
Howe a tiré le train suivi de Gélinas-Beaulieu et de Mayeur qui fermait la marche.
«C’était comme une danse à trois, a imagé Gélinas-Beaulieu. Après la course, Connor m’a dit qu’il sentait mon visage dans ses fesses pendant toute la course. C’est ça que ça prend. C’est tout ce que je voyais. J’étais comme un non-voyant et je transmettais mon énergie. C’est une course différente de toutes les autres. Les États-Unis et la Norvège utilisent la même stratégie.»
Pas certain s’il s’agissait de sa deuxième ou troisième médaille en carrière en Coupe du monde, Gélinas-Beaulieu a écrit à Laurent Dubreuil qui est une véritable encyclopédie de son sport.
«C’est ma troisième, a-t-il confirmé. J’avais gagné le bronze à deux reprises au Japon en novembre 2018 au sprint par équipe en compagnie de Laurent et de Christopher Fiola. On a raté le record canadien par seulement 0,04 s. C’est un temps assez incroyable (3 min 36,485 s). C’est encourageant pour l’avenir.»
Lors de la première poursuite de la saison, Howe fermait la marche.
«Je préfère être le premier même si c’est toujours un peu épeurant, a-t-il raconté. J’ai réussi à maintenir la même vitesse et j’ai utilisé l’énergie de mes coéquipiers.»
Natif de Toronto d’un père français, Mayeur disputait sa première poursuite en équipe en carrière sur le circuit de la Coupe du monde.
«C’est la première année où je suis à temps plein en Coupe du monde, a-t-il indiqué dans un très bon français. Je fais encore mes calculs de mathématiques en français dans ma tête.»
Pas la première fois
La deuxième place de Gélinas-Beaulieu au 1500 m lui permettra de se hisser dans le Groupe A lors de la prochaine Coupe du monde à Calgary la fin de semaine prochaine.
«J’avais fait une crise d’asthme similaire lors des sélections à Calgary l’an dernier, a-t-il souligné. Nous sommes arrivés lundi et avons peu de temps pour nous habituer à l’altitude. J’utilise une pompe de Ventolin, mais je suis limité à huit inhalations par jour, sinon j’aurais un contrôle antidopage positif si j’étais testé. Il y a aussi des effets secondaires comme la migraine si j’en prends trop.»
«À Calgary, je ne suis pas dans un environnement idéal, poursuit Gélinas-Beaulieu qui a dû interrompre l’entrevue avec les deux journalistes du Québec pour lui permettre de retrouver son souffle. L’altitude est pénible pour mes bronches et l’air est vraiment sec. À l’hôtel, on retrouve du tapis dans les chambres et je souffre d’allergies. Après le 1500 m, j’étais un peu en panique, ce qui explique que c’était plus difficile de respirer.»
Gélinas-Beaulieu était très heureux de sa prestation.
«C’est mission accomplie, a-t-il affirmé. De retour dans le Groupe A, je pourrai obtenir de gros points la semaine prochaine qui me permettront d’assurer ma place dans le Top 18 au cumulatif et ainsi me qualifier pour les deux étapes de Coupe du monde en Pologne en février et fort possiblement pour le mondial.»