Maude Charron remporte l'argent!

Richard Boutin
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La médaille d’or remportée à Tokyo représente un accomplissement sportif exceptionnel, mais l’expérience vécue à Paris, jeudi, devant une trentaine de ses proches où elle est montée sur la deuxième marche du podium a une plus grande valeur pour l’haltérophile Maude Charron.
«C’est incomparable, a déclaré Charron en conférence de presse après avoir remporté la médaille d’argent chez les 59 kg. On s’entraîne pour lever des charges exceptionnelles, mais seule tu ne peux rien faire. Tu dois trouver une façon de remercier tes proches qui jouent un rôle essentiel.»
Tellement heureuse de se produire devant ses proches qui n’avaient pas pu l’accompagner à Tokyo en 2021 en raison de la pandémie, Charron aurait pu quitter après son premier essai tellement elle avait atteint son objectif le plus important.
«Après mon premier arraché, mon rêve olympique était déjà atteint et mon objectif rempli, a affirmé l’haltérophile native de Sainte-Luce-sur-Mer dans le Bas-Saint-Laurent. Tout ce que je voulais, c’était de faire la cérémonie d’ouverture (elle a été co porte-drapeau avec Andre De Grasse), entendre ma famille dans les gradins et voir des drapeaux du Canada dans les estrades.»
Charron avait conservé un petit arrière goût de son expérience japonaise. «Ça s’était bien terminé avec l’or, mais je me demandais où était ma gang. J’étais heureuse, mais il y avait un goût amer. C’était merveilleux, mais j’étais seule.»
Un petit deux minutes
Avant d’enfiler les entrevues dans la zone mixte, Charron a eu un petit deux minutes avec ses proches. «Ça faisait tellement de bien de les voir ici, a-t-elle exprimé. J’ai tenté de tous les coller avec mes petits bras. Pouvoir célébrer avec les gens qui t’ont appuyé pendant toutes ces années, c’est ça les Jeux olympiques. Ça m’a fait chaud au cœur de les voir ici et de monter sur le podium devant eux.»
Ses parents, son conjoint, son frère et sa sœur étaient dans les gradins du Paris Arena Sud 6, mais aussi des amis du club où elle s’entraîne en Géorgie ainsi que ses professeures de musique et gymnastique de l’époque.
En plus de ses proches, Charron a pu compter sur la présence Christine Girard depuis son arrivée au Village. «Je lui ai parlé mercredi et encore jeudi. Ça fait du bien parce qu’elle a tellement de choses à partager.»
Médaillée d’or en 2012 à Londres et de bronze à en 2008 à Pékin, Girard est présente pour les athlètes au Village.
«Un très gros bonus»
Charron était évidemment très heureuse de remporter la deuxième médaille olympique de sa carrière même si ce n’était pas l’objectif de départ. «C’est un très gros bonus. Je suis super contente, mais maintenant je célèbre avec ma famille, je vais voir d’autres sports et je vais aller à la cérémonie de fermeture. Je vais profiter des Jeux.»
Même si la médaille n’était pas la priorité, Charron était consciente qu’elle comptait parmi les favorites pour un podium. «Je savais qu’on avait des chances. C’était un pari risqué de penser à la première position parce que la Chinoise avait plusieurs kilogrammes d’avance. On a mis de la pression à l’arraché et on voulait demeurer dans le coup à l’épaule-et-jeté sans se mettre de pression de podium.»
En plus de la Chinoise Shifang Luo qui est la championne du monde en titre, la Taïwanaise Hsing-Chu Kuo était à la recherche d’un doublé olympique après l’or à Tokyo chez les 59 kg.
Kuo a tout misé à son dernier essai en tentant de soulever une charge de 137 kg dans l’espoir de dépasser la Chinoise. Sa stratégie n’a pas fonctionné et elle a dû se contenter du bronze. En pleurs sur le podium, elle était toujours inconsolable dans la zone mixte.
«Je n’ai pas été surprise du tout, du tout, a souligné Charron. On revoit les mêmes athlètes et je savais que certains athlètes allaient tout miser. C’est la championne olympique en titre et c’est certain qu’elle voulait renouveler son titre. Moi ça me donnait plus de chances de rester au deuxième rang.»
Même poids total qu’à Tokyo
Dans un concours très relevé où la médaille d’or a établi un record olympique en soulevant 241 kg, Charron a levé la même charge totale qu’à Tokyo même si elle est plus légère de cinq kilogrammes. Elle a réussi 106 kg à l’arraché et 131 kg à l’épaule-et-jeté pour un total de 236 kg.
En raison de la réduction du nombre de catégories dans la Ville lumière, Charron évolue maintenant chez les 59 kg alors qu’elle avait gagné chez les 64 kg dans la capitale nippone.
Peut-on parler d’un exploit? «Ça montre que je suis une meilleure athlète chez les 59 kg, a-t-elle mentionné. Ce fut plus difficile au début, mais on a trouvé la bonne recette. Ce fut l’une des coupures de poids les plus faciles. Je me suis réveillée légère ce matin (jeudi) et j’ai pu manger. Ça m’a donné confiance.»