Matthew Schaefer, défenseur des Islanders de New York: l’âme d’un vétéran dans le corps d’un gamin

Jonathan Bernier
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Si ce n’était pas du fait qu’il a encore le visage d’un chérubin, sans poil au menton, jamais on ne pourrait deviner que Matthew Schaefer est âgé de 18 ans. Encore moins qu’il dispute sa première saison dans la LNH.
Surtout quand on jette un coup d’œil à ses statistiques. Tout premier choix du dernier repêchage, le défenseur foule la glace, en moyenne, pendant 24 minutes par match. Souvent contre les meilleurs trios adverses.

Le genre de mission qui incombe, habituellement, aux vétérans aguerris. Néanmoins, ces responsabilités ne l’ont pas empêché de récolter 39 points jusqu’ici.
Pas mal pour un défenseur ayant gravi les échelons en étant d’abord reconnu pour ses habiletés offensives.
« Je cherche toujours à améliorer mon jeu dans l’ensemble, mais plus particulièrement son aspect défensif. Je veux être le plus efficace possible, a-t-il mentionné après l’entraînement des Islanders. Réduire au silence les meilleurs éléments de l’équipe adverse, ça aide à gagner des matchs. »
Une course contre Demidov
Toutes ces statistiques et la solidité de son jeu font en sorte que l’arrière des Islanders occupe présentement la position de tête dans la course pour l’obtention du trophée Calder. Une course dans laquelle on retrouve, évidemment, Ivan Demidov.
« Je ne pense pas à ce genre de choses, a soutenu Schaefer, en vantant les qualités de l’attaquant du Canadien. Je me concentre surtout ce qui se passe avec notre équipe. On se bat pour une place en séries éliminatoires. »
« Si je joue comme il se doit, les bonnes choses vont venir », a-t-il ajouté, assis dans le vestiaire des visiteurs, au Centre Bell.
Schaefer étant habité de la maturité d’un vétéran de plusieurs saisons, rien ne semble l’impressionner depuis qu’il a fait le saut dans la LNH. À part, peut-être, le premier vol nolisé dans lequel il a embarqué.
« C’est certain que j’ai eu des papillons dans le ventre la journée de mon premier match. Mais, après, ça passe », a-t-il raconté.
« Le hockey, c’est du plaisir, a-t-il ajouté. Il faut que tu savoures le moment tout en travaillant fort et en donnant tout ce que tu as. »
La dose parfaite
Le plaisir est une notion que les athlètes semblent oublier en vieillissant. Plus les saisons passent, plus la pression paraît lourde à porter. Pour les Islanders, qui misent justement sur une des équipes les plus vieilles de la ligue, cet esprit de jouvenceau doit être bénéfique.
« J’amène de la jeunesse dans le vestiaire, a déclaré l’Ontarien, sourire en coin. Une saison, c’est ardu. Il y a beaucoup de matchs. Il faut trouver le moyen de relâcher la pression. »
Le faire tout en gardant en tête l’importance de s’améliorer entraînement après entraînement et match après match, ce n’est pas toujours donné pour un gamin de son âge.
Considérant que Patrick Roy, un entraîneur-chef exigeant, choisit de lui faire autant confiance, il faut croire qu’il a trouvé la recette parfaite pour marier les deux aspects de sa personnalité.