Matthew Bergeron: frère d’armes avec l’un des chouchous du fantasy football
Le garde québécois s’est lié d’amitié avec le porteur Bijan Robinson


Stéphane Cadorette
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FLOWERY BRANCH, Georgie | Les mordus de pools de football sont curieux de voir à l’œuvre le porteur de ballon recrue des Falcons, Bijan Robinson, avec son potentiel immense. Son succès sur le terrain, comme dans le merveilleux monde du fantasy football, passera par les gros gaillards devant lui, dont celui qui est vite devenu un ami et membre de sa garde rapprochée, Matthew Bergeron.
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À première vue, les deux joueurs n’ont rien en commun. Robinson a grandi en Arizona avant de devenir le porteur étoile de l’Université du Texas. Vedette reconnue à travers les États-Unis durant son passage dans la NCAA, il a explosé à sa dernière campagne universitaire l’an passé avec 1580 verges au sol et 18 touchés, en plus de 19 passes captées pour 314 verges et deux autres touchés.
Souvent décrit comme un talent rare, voire générationnel à sa position, il a été sélectionné au huitième rang au total du dernier repêchage par les Falcons, et plusieurs s’attendent à ce qu’il fasse un malheur dès ses débuts avec son style aussi physique qu’électrisant.
Certains diront qu’il était prédestiné à un fabuleux destin dès que sa mère l’a prénommé Bijan, qui signifie héros en persan.
Réalités différentes
À l’autre bout du spectre, Bergeron a grandi à Victoriaville sans faire de bruit et a fait le saut à l’Université de Syracuse dans un relatif anonymat, avant de s’illustrer et de se faire un nom. Il a été repêché en 38e position, lui aussi chez les Falcons.
Deux cheminements et deux réalités aux antipodes, mais pourtant, la connexion a été instantanée entre les deux recrues à leur arrivée à Atlanta.
«Matthew est le dude le plus cool avec qui tu puisses être. On est arrivés ici ensemble et il m’a beaucoup aidé, tout comme j’ai essayé de l’aider le plus possible. On a partagé nos expériences respectives et c’est vraiment quelque chose d’agréable. Aujourd’hui, je ferais n’importe quoi pour lui», a-t-il lancé au Journal sans détour, après un entraînement cette semaine.

Des atomes crochus
Dans un vestiaire de football, près de 70 joueurs vivent des réalités différentes et proviennent parfois de milieux à l’opposé les uns des autres. Le sport tisse des liens dans cette microsociété, et c’est ce que Bergeron et Robinson ont vite réalisé.
«Ça fait longtemps qu’on se parle du fait qu’on a hâte qu’il coure de mon bord», a mentionné Bergeron.
«On est arrivés ici en même temps comme recrues. On passait du temps ensemble dans les dortoirs au camp. Il est un athlète exceptionnel, mais surtout une bonne personne. On le voit dès qu’on lui parle qu’il est quelqu’un de très authentique. Comme choix de première ronde, il a toute la pression du monde sur ses épaules, mais il se promène tout le temps avec le sourire, tout détendu. C’est le fun à voir», a-t-il continué.
Bijan Robinson, qui pourrait devenir la prochaine grande vedette des Falcons, a quant à lui découvert deux facettes de Matthew Bergeron.
«Autant il est imposant et dominant sur le terrain, autant en dehors il est comme moi. Nous sommes juste deux gars heureux tout le temps. C’est une belle opportunité que nous vivons tous les deux et, à force de parler ensemble tous les jours, nous sommes devenus comme des frères d’armes», a-t-il souligné à l’approche de leur premier départ commun, face aux Panthers de la Caroline.
Une tournée à Montréal?
Grand voyageur dans l’âme, Robinson songerait d’ailleurs déjà à une petite tournée montréalaise en compagnie de quelques coéquipiers, pendant que Bergeron pourrait se métamorphoser en guide touristique.
«Bijan planifie de faire un voyage au Québec. Il adore voyager et il se promène partout. Je lui ai dit qu’il fallait absolument que je l’amène à un match des Canadiens et à la F1. J’ai quelques gars de la ligne offensive qui veulent venir aussi. On sent qu’il y a de l’engouement ici pour le Québec!» a ricané le Victoriavillois.
David Onyemata, un autre Canadien chez les Falcons

Matthew Bergeron n’est pas l’unique représentant du Canada chez les Falcons. Le plaqueur David Onyemata, qui a joué son football au Manitoba, fait aussi partie de la trentaine de joueurs canadiens dans la NFL cette saison.
Onyemata est né au Nigeria, mais c’est dans la région de Winnipeg qu’il a découvert le football. Il a connu du succès à l’Université du Manitoba, héritant notamment du trophée J.P. Metras remis au meilleur joueur de ligne défensive au pays, en 2015.
Quelques semaines après avoir été mis sous contrat par les Falcons en mars dernier, il a remarqué qu’un autre représentant de l’unifolié joignait les troupes.
«On a vu Matthew s’améliorer de jour en jour. Il a travaillé fort à chaque entraînement et on voit que ça rapporte. On a parlé tous les deux de nos expériences dans le football au Canada. Si j’avais à lui donner un seul conseil, c’est de vivre pleinement le moment à son premier match dimanche», a dit le costaud bonhomme de 6 pi 4 po et 300 livres.
Une aide appréciée
Parmi tous les joueurs qui ont aidé Bergeron à s’améliorer, son compatriote canadien se hisse bien haut dans la liste. Lorsqu’on a demandé à Bergeron quel joueur défensif lui avait donné le plus de fil à retordre au camp, sa réponse a été spontanée: David Onyemata.
«Sa force physique est vraiment exceptionnelle. Tout le monde m’a dit que le fait de l’affronter en pratique serait l’un des plus gros tests de ma saison. Je suis contre lui à chaque jour et des fois, je suis fâché de perdre des répétitions, mais il faut que je me rappelle que tu vas en gagner et en perdre», a-t-il constaté.
«Le pire, c’est que dans le circuit universitaire canadien, David a joué contre mon mentor Rémi Giguère. C’est fou comment le monde est petit!» a-t-il poursuivi.
Un parcours unique
Les deux Canadiens peuvent aussi se reconnaître des similitudes dans le fait qu’ils ont connu des parcours atypiques vers la NFL.
Onyemata avait 18 ans lorsqu’il est arrivé au Canada en 2011 et il n’avait jamais vu un ballon de football de sa vie. Son ascension a été remarquable, jusqu’à ce que les Saints en fassent leur choix de quatrième ronde, en 2016.
«C’est tellement de travail dès les petites heures du matin jusqu’à tard le soir. Il faut prendre le temps de réaliser ce qui nous arrive», a-t-il dit lorsqu’on lui a demandé si parfois, il lui arrivait encore de se pincer.
Aujourd’hui, le voilà chez les Falcons, ennemis jurés de l’équipe qui lui a donné sa chance dans la NFL.
«J’ai toujours fait ma petite affaire en jouant au football sans trop me soucier des histoires de rivalités. Peu importe le match, j’essaie de jouer au plus haut niveau possible. Qu’on porte le chandail des Saints ou des Falcons, c’est le même travail en bout de ligne», a-t-il commenté sans alimenter le feu.