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Match no 6 : Si vous n’aviez pas 600$ pour être là

Photo tirée de X, @CanadiensMTL
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-05-02T02:38:33Z

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Seulement 1 % des 2 millions de Québécois qui ont regardé le 6e match ont pu le voir au Centre Bell. Pour les 99 % autres, je veux vous raconter un peu c’était comment, sur place.

Il fallait payer 600 $ pour être dans le top. Plus de 1000 $ pour être plus bas.

Moi, à moins de couper dans les vélos de mes deux gars, c’était trop cher. Alors, j’étais sur la galerie de presse. Moins l’fun, mais quand même quelque chose.

Je suis arrivé deux heures avant le match. À 300 mètres du Centre Bell, déjà une marée rouge. On avançait de côté, même si avec ma bedaine, ça ne change rien. Des milliers de personnes qui chantent, qui prennent un verre, qui profitent du printemps. Certains se faisaient tatouer le logo du CH en direct.

C’est beau. Ça ne me tentait pas d’aller faire mon chroniqueur sérieux avec mon veston. J’avais juste le goût d’en déboucher une avec cette belle gang.

Pas comme à Tampa

Je suis déjà allé à Tampa en séries. Avant les matchs, il y a quelques dizaines de personnes et un band pousse quelques chansons dans l’indifférence sur une petite scène. C’est l’ambiance du bar les Verres stérilisés, mettons. C’est relax et tranquille.

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J’arrive sur la galerie de presse pour la fin de l’échauffement. J’aime observer ceux sans casque qui font leur frais. Corey Perry s’assure d’être le dernier à quitter la glace, en saluant une foule qui le hue fort.

Puis ça commence. Tambours, flambeau, feu. Et Michel Lacroix : « Accueillons nos Canadiens ! »

Les serviettes tournent. C’est parfaitement étourdissant.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

J’essaie d’avoir l’air sérieux à travers les autres médias. Moi et mon collègue Dave Lévesque, on se regarde en cachant mal notre fébrilité. Ce n’est pas du chauvinisme. C’est la contemplation du beau délire des fans du CH.

Chaque match de la LNH auquel j’assiste, pour moi, c’est comme aller à Disney. Peut-être que je serai blasé un jour. Mais pas là. Pas encore. C’est plus fort que moi.

Avant les hymnes nationaux, il y a une longue pause car la foule crie « Olé Olé ».

Rouge partout

Avez-vous constaté à quel point c’est fou à quel point tout le monde a un chandail rouge du CH. Comme si tout le monde en avait reçu un gratuitement à l’entrée. Ça doit être 19 000 des 21 000 qui en ont un. On parle quand même d’environ 4 M$ en chandails. En espérant que ça serve un peu à payer le prochain contrat monstre d’Ivan Demidov.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Autre chose qu’on peut voir à Montréal, mais qu’on ne verrait pas à Tampa, par exemple, c’est l’ovation debout qu’a reçue Phillip Danault, en plein match après avoir sauvé un but. Je ne pense pas que si c’était arrivé à Zemgus Girgensons à Tampa, ça aurait fait la même chose.

Brendan Gallagher a été ovationné souvent juste parce qu’il... était sur la glace.

C’est tout ça. La foule n’est pas juste divertie. Elle est passionnée et engagée. Elle se sent, et j’ai l’impression qu’elle se sait utile. Elle connaît ça. C’est tous ces détails qui définissent l’atmosphère spéciale qui rend le Centre Bell aussi délirant. Et je vous rappelle que j’ai été élevé en me faisant dire de ne pas aimer le Canadien.

Le match n’était pas terminé au moment d’écrire ces lignes.

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