Masters 1000 d'Indian Wells: le gros défi qui attend Félix Auger-Aliassime


Jessica Lapinski
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Félix Auger-Aliassime a reçu une mauvaise nouvelle, plus tôt cette semaine, lorsque le tirage au sort du tournoi d’Indian Wells lui a réservé nul autre que l’Espagnol Carlos Alcaraz, l’enfant prodige, comme potentiel adversaire au troisième tour.
C’est que le Québécois a de gros points à défendre (180, précisément) à ce premier événement de la saison dans la catégorie Masters 1000, la plus importante après les quatre tournois du Grand Chelem.
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Il y avait signé, il y a un an, son dernier excellent résultat avant sa longue chute qui se sera échelonnée sur plusieurs mois: un quart de finale, dans lequel il avait finalement perdu devant... Alcaraz.
Avec le deuxième mondial comme probable rival, difficile d’imaginer Félix se classer à nouveau parmi les huit derniers joueurs en lice dans le désert californien, et préserver du même coup le 31e rang mondial qu’il occupe actuellement.
Encore la confiance?
Car même s’il a signé de bons résultats cette année, quoi qu’en dise sa fiche de six victoires contre six revers – un troisième tour aux Internationaux d’Australie, une demi-finale à Montpellier, un duel accroché contre Andrey Rublev, cinquième au monde, dans lequel il a eu balle de match -, il manque encore un petit quelque chose à «FAA» cette saison.

De la confiance.
Cette confiance après laquelle il a de son propre aveu couru durant ses neuf rencontres perdues d’entrée de jeu après sa blessure au genou, et que son triomphe à Bâle, en fin de saison, ne lui a peut-être pas redonnée complètement.
«Félix, c’est un super athlète, note la directrice de l’Omnium Banque Nationale, Valérie Tétreault, qui a elle-même connu la vie sur le grand circuit. Il a toutes les armes dont il a besoin dans son coffre à outils.»
«Après, c’est de savoir bien les utiliser, et d’avoir la confiance pour les utiliser au bon moment, poursuit-elle. Et quand on parle de Félix, j’ai l’impression que c’est un des joueurs de l'élite qui est plus facilement affecté.»
Quand ça devient plus ardu...
L’ancienne joueuse l’a constaté, tout en pointant que le Québécois montre des signes encourageants cette année: «Quand Félix est sur le terrain et qu’il fait juste jouer, ça se passe bien. [...] Mais dans les matchs où c’est plus compliqué, on dirait que tout est plus calculé, que ça devient plus ardu.»

Mais le tirage au sort d’Indian Wells n’a tout même pas trop mal fait les choses. Comme il est l'une des têtes de série, la 31e, Auger-Aliassime amorcera son tournoi au deuxième tour, vendredi, et face au gagnant d’un affrontement entre deux qualifiés: le Français Constant Lestienne (100e) et l’Américain Denis Kudla (179e).
Cela ne lui assure pas la victoire. Après tout, il a perdu dès son premier match contre le 62e mondial, l’Italien Flavio Cobolli, la semaine dernière à Acapulco.
Sauf que ç’aurait pu être bien pire.
Feuille blanche prometteuse
Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, le Masters d’Indian Wells est le dernier tournoi avant le mois d’octobre dans lequel la fierté de L’Ancienne-Lorette a de gros points à défendre.
Un revers avant les quarts en Californie lui coûtera encore des rangs au classement, lui qui a déjà chuté au 31e échelon, après avoir occupé le sixième l’année passée. Il aura ensuite un troisième tour à défendre à Miami.
Mais après, c’est presque comme une feuille blanche, puisque ses ennuis ont commencé en avril 2023 et que le classement de l’ATP est basé sur les résultats signés il y a un an.
Cette feuille blanche, elle pourrait bien donner un nouvel élan à Félix, croit Valérie Tétreault. En plus de faire en sorte qu'il regagnera des rangs sur l'échiquier mondial, si les bons résultats sont là.
«Il aura tout à gagner, et souvent, c’est plus facile de jouer librement dans ces circonstances, relève-t-elle. Qui sait? C’est peut-être le genre de situation qui pourra contribuer à relancer Félix.»
À SURVEILLER AUSSI
Pauvre Milos...

Milos Raonic est sans doute l’homme le plus malchanceux du circuit depuis son retour à la compétition.
Après avoir hérité de joueurs comme Stefanos Tsitsipas, Alex de Minaur ou Frances Tiafoe comme adversaires au premier tour, voilà qu’il affrontera Rafael Nadal, jeudi en après-midi (heure de l’Est).
La bonne nouvelle, pour le 224e mondial, c’est qu’on ne sait pas encore ce que l’Espagnol de bientôt 38 ans peut produire comme niveau de jeu.
Le vétéran aux 22 titres majeurs avait présenté du tennis rassurant, voire solide, à son retour à la compétition après un an d’absence, à Brisbane en janvier, mais n’a plus disputé un match officiel depuis.
Rivale de taille pour Leylah

Comme Félix Auger-Aliassime, Leylah Fernandez profite d’un laissez-passer pour la ronde initiale, en vertu de son statut de 29e tête de série. Ensuite, la Québécoise de 21 ans fera soit face à l’Italienne Martina Trevisan, 59e, ou à la Française Diane Parry, 61e.
Malgré un bon début de saison, Leylah n’est pas à l’abri d’une mauvaise amorce de tournoi, surtout que son épaule endolorie l’avait contrainte à se retirer de son premier match à San Diego, la semaine dernière.
Mais c'est surtout par la suite que les choses pourraient se corser pour la Lavalloise d’origine, qui pourrait croiser le fer avec la cinquième joueuse au monde, l’Américaine Jessica Pegula, en troisième ronde.