Mary-Sophie Harvey encore en état de choc
Richard Boutin
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Près de deux semaines après son retour au Québec, la nageuse Mary-Sophie Harvey est toujours sous le choc d’avoir été droguée à son insu lors de sa dernière journée aux Mondiaux aquatiques à Budapest.
Après avoir connu les meilleurs Mondiaux de son histoire avec une récolte de 11 médailles, l’équipe canadienne célébrait ses succès lorsque Harvey a perdu la carte pendant une période de quatre à six heures.
Voyez son entrevue de jeudi à LCN en vidéo principale.
D’autres équipes étaient aussi présentes lors de cette soirée du 25 juin.
«J’y vais une journée à la fois, a exprimé Harvey. On m’a raconté des petits bouts de l’histoire, mais le sentiment de ne pas me souvenir de ce qui s’est passé avec toutes les possibilités que cela comporte est encore bien présent. Ce n’est pas le meilleur sentiment, de savoir que tu n’avais pas le contrôle de ton corps.»
Harvey estime faire des progrès. «J’apprends à vivre avec l’événement parce que la semaine dernière, j’aurais été incapable d’accorder une entrevue. Je commence à l’accepter.»
Retrouvée dans la rue
Inquiète de ne plus la voir, une amie de la nageuse native de Trois-Rivières s’est mise à sa recherche. La Française Charlotte Bonnet a finalement trouvé Harvey dans la rue.
«Elle m’a cherchée pendant 45 minutes avant de finalement me trouver dans la rue, a raconté l’athlète olympique des Jeux de Tokyo. Elle m’a raconté que je lui disais de ne pas me laisser seule et que j’avais besoin d’elle.»
«Par la suite, deux ou trois autres filles m’ont ramenée à ma chambre, a poursuivi Harvey. Je suis tombée inconsciente à un moment donné et elles m’ont couchée dans mon lit. J’étais perturbée à mon réveil quand j’ai vu le médecin et le gérant de l’équipe à mon chevet.»
Si elle a longtemps hésité avant de partager son histoire sur son compte Instagram, mercredi soir, Harvey ne le regrette pas. «J’ai reçu beaucoup de témoignages de gens qui ont vécu la même situation. Le nombre est vraiment troublant et pourtant, on n’en entend pas parler ou presque. Les victimes ne dénoncent pas ces situations parce qu’elles ont honte.»
Elle ne pense pas avoir été violée
À son retour à la maison, Harvey a contacté le Centre d’aide pour victimes d’agression sexuelle (CAVAS) de Montréal.
«J’ai été frappée par les lacunes dans les ressources offertes aux victimes», a-t-elle souligné.
«J’ai raconté mon histoire du mieux que je pouvais, mais je n’ai pas eu l’impression d’être prise en charge. J’ai laissé un message dans une clinique spécialisée dont on m’avait donné les coordonnées et j’ai eu un retour d’appel deux jours plus tard. Je ne pense pas avoir été victime d’un viol, mais je me suis sentie délaissée.»
Harvey peut compter sur l’appui de sa grande amie et coéquipière Katerine Savard.
«Elle m’a convaincue ainsi que sa mère, qui est médecin, de contacter les services d’aide et que je n’avais pas à avoir honte.»