Martin St-Louis: une discussion qui explique tout

Anthony Martineau
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26 janvier 2023.
Le Canadien affronte en soirée les Red Wings de Detroit dans un match présenté au Centre Bell.
Il est 11h30 lorsque Joe Veleno, qui évolue à ce moment pour Detroit, saute sur la glace montréalaise pour l’entraînement matinal de son club.
Rapidement, il remarque quelque chose de spécial dans les gradins.
«Quelqu’un courait à fond dans les escaliers des estrades. Il s’enfilait les marches à une vitesse folle! Après quelques secondes, j’ai remarqué que c’était Martin St-Louis. Je te confirme que de voir le coach de l’autre bord en forme comme ça, c’est intimidant pour ton équipe!»
Depuis son arrivée à Montréal à titre d’entraîneur (9 février 2022), «MSL» a un rituel bien spécial.
Après tous les entraînements pré-matchs de son équipe au Centre Bell, le coach fait le tour des escaliers du Centre Bell en courant. De haut en bas. Et à voir la grosseur de ses cuisses, il est facile de déduire que ce n’est pas le seul exercice physique de sa semaine (bien que c’aurait quand même été impressionnant).

Mais pourquoi être encore aussi actif à 51 ans après avoir tellement donné physiquement lorsqu’il était joueur? Il fallait que je lui demande. Cela me titillait l’esprit depuis déjà un bon moment. «Titiller» dans le sens que je respecte ça au plus haut point.
«Je m’entraîne encore très régulièrement. En fait, si je ne le fais pas, c’est comme s’il me manquait quelque chose», m’a récemment expliqué St-Louis lors d’une discussion à bâtons rompus dans un hôtel de la région de New York.
«Quand je finis mon entraînement, je suis tellement bien! Je suis bien avec moi-même. Donc je sens que je peux donner le meilleur à ceux qui m’entourent.»
Le coach a ajouté une phrase qui m’a marqué.
«Ça ne me tente vraiment pas à tous les jours. Il y a des journées où c’est difficile. Mais tu sais quoi? J’y vais quand même. Ça prend de la discipline.»
En un échange avec l'entraîneur-chef, je venais de tout comprendre. À vrai dire, MSL m'aurait demandé de descendre les escaliers sur les mains à ce moment-là et j'aurais essayé.
Tu ne peux juste pas ne pas donner ton 100% quand tu joues pour un gars qui se respecte autant, qui prône à ce point les valeurs du respect et de la résilience.
«C'est une bête»
L’organisation du Canadien est récemment entrée dans une nouvelle ère où les standards ont clairement été établis : l’époque où le club servait de proie n’existe plus.
Les joueurs se battent comme des lions en cage peu importe le pointage. Et foi de Joe Veleno, oui, la mentalité du coach y est pour quelque chose à 100%.
«Même s’il ne joue plus au hockey, c’est encore un leader et il nous démontre son engagement en continuant de prendre soin de lui. En fait, je pense qu’il est en meilleure forme que nous, parfois! Honnêtement, tous les gars savent que Martin est encore un athlète et on adore voir ça. Ça donne envie de faire comme lui.»

Mike Matheson, probablement le gars le plus en forme dans le vestiaire de la Sainte-Flanelle, en a rajouté.
«Son approche envers la santé et l’entraînement physique, ça donne de l’énergie à tout le monde ici. Ses jambes sont, comment dire... impressionnantes (rires)!»
Stéphane Robidas, l’adjoint de St-Louis, n’a pas caché son admiration envers la mentalité de fer de son ami.
«Martin, c’est une bête. Tu regardes dans la LNH et il n’y a pas beaucoup de coachs en forme comme lui. En fait, je sais que Rod Brind’Amour est du même genre, mais sinon, je dirais que Martin est dans un groupe assez sélect.»
Aujourd’hui membre du CH, Veleno est allé aux sources, un bon matin.
«Je suis allé le voir et je lui ai dit que je voulais lui parler. Je lui ai alors demandé d’où sortaient ses immenses mollets (rires). Il m’a répondu que c’était seulement la génétique. Je ne l’ai pas vraiment cru...»
Ce qu’il y a de plaisait dans cette anecdote de Veleno, c’est qu’elle résume assez bien Martin St-Louis.
Un homme discipliné, travaillant au possible, mais aussi extrêmement humble.
Un homme taillé sur mesure pour guider ses joueurs à la terre promise, au fond.