Martin St-Louis brasse la soupe en défense: «Je ne me soucie pas des normes»

Nicolas Cloutier
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Les « paires défensives », c’est un concept vieux comme le monde au hockey : trois duos réguliers avec des responsabilités variables se succèdent et tentent de développer une chimie. Mais les vieux concepts existent et persistent parce qu’on y croit. On dirait que Martin St-Louis, lui, n’y croit plus vraiment.
À l’approche d’un match d’une grande importance contre les Bruins, Mike Matheson retrouvait Noah Dobson à l’entraînement matinal. Jayden Struble patinait à la gauche de Lane Hutson. Alexandre Carrier était jumelé à Kaiden Guhle, son complice de la saison dernière. On avait brassé la soupe.
Or, pour St-Louis, ça ne voulait pas dire grand-chose.
« Je ne me concentrerais pas trop sur les paires, a-t-il lancé aux journalistes, après la séance matinale de mardi au Centre Bell. Vous nous avez vus jongler. On aime ce qu’on a. »
Depuis le retour de la pause olympique, particulièrement, le pilote du Tricolore nous a surpris avec une souplesse et une imagination décuplées dans le déploiement de ses défenseurs. Par moments, on avait droit à un véritable carrousel et les paires ne voulaient plus dire grand-chose, effectivement.
« On va jongler en fonction de ce qui est sur glace [du côté de l’adversaire] et des mises au jeu [zone offensive ou défensive]. C’est pas mal ça », a résumé St-Louis.
S’en est suivi un échange intéressant entre l’entraîneur-chef et le collègue Arpon Basu, qui lui rappelait que, traditionnellement, on ne faisait pas les choses de cette façon. Que c’était bien correct, mais que cela contrastait avec les bonnes vieilles méthodes.
« Je ne me soucie pas des normes », a alors répondu St-Louis du tac au tac.
Le « mot en s »
Les problèmes du CH en défense demeurent l’éternel point de mire dans cette dernière ligne droite du calendrier régulier.
Ils ne datent pas d’hier. Le meilleur classement obtenu par le Canadien sur le plan des buts accordés sous l’ère Gorton-Hughes est le 22e rang. Un rendement affiché la saison dernière et largement attribuable aux prouesses de Samuel Montembeault ainsi qu’au brio des David Savard, Joel Armia, Jake Evans et Christian Dvorak en infériorité numérique.
La défense tricolore a montré de nouveaux signes de vulnérabilité la fin de semaine dernière, si bien que Kaiden Guhle a utilisé le « mot en s », presque une injure au hockey.
«Soft» étant bien entendu le terme auquel on fait allusion, terme que Michel Therrien prononçait sans le « t », d’un air sévère.
« Tout le monde joue un peu trop mollement [“a bit soft”], a lancé Guhle. Il faut jouer plus dur dans tous les endroits de la patinoire. »
« Je suis d’accord, a acquiescé St-Louis. On peut tuer des jeux au lieu d’aller dans les batailles en essayant d’enlever une rondelle. On peut faire les deux. On peut être plus robustes. Il y a des opportunités de l’être dans notre zone, dans les coins de patinoire. »
Rendre la vie plus dure à l’adversaire est un travail collectif, mais Guhle peut y contribuer davantage que les autres, avec son penchant pour le jeu musclé.
Le jeune vétéran a traversé des difficultés depuis son retour au jeu, début janvier. Parmi tous les défenseurs du CH cette saison, il est celui qui a accordé le plus de chances de marquer dangereuses par 60 minutes, selon MoneyPuck (minimum de 20 matchs joués).
Hutson aussi
Lane Hutson, son partenaire de jeu lors du dernier match contre les Ducks, en arrache aussi dernièrement. Hutson s’est fait prendre du mauvais côté de la patinoire sur le but gagnant de Cutter Gauthier, dimanche soir.
« Lane est un gars qui veut avoir un impact sur les matchs, a expliqué St-Louis. Et il en a beaucoup. Mais parfois, c’est une question de choisir ses moments. Lane, ce n’est pas son manque de volonté [qui est en question]. C’est justement cette volonté qui va parfois le mettre dans une mauvaise position. Il essaye de gérer ça. »