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Martin Biron s’ennuie de «Lance et compte»

Photo Jean-Nicolas Blanchet
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-05-12T04:00:00Z

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BUFFALO | Je cherchais le studio où Martin Biron enregistre son émission quotidienne sur les Sabres. J’ai demandé à un employé de sécurité et à un responsable des communications : «Do you know where to find Martin Biron ?»

Les deux me regardaient comme le fait mon labrador quand je lui demande de descendre du divan. Ils ne comprenaient pas.

J’ajoute : «the former goaltender Mawrtène Biwwronne».

Eurêka ! Ils m’ont compris : «Ah ! Mawrtène Biwwronne, yes, come with me. »

J’arrive dans le petit studio. Martin sort et vient me saluer, en me présentant son sympathique collègue Brian Duff, qui travaille comme animateur avec les Sabres depuis 15 ans.

C’est spécial de voir ce qu’est devenu le petit gars qui arbitrait et annonçait les matchs de softball il y a 38 ans sur le terrain 1 de Lac-Saint-Charles, à Québec.

Dans le temps des Harfangs

Je tenais à jaser avec Martin. Je l’ai vu porter les couleurs des Harfangs de Beauport. J’avais 8 ans. J’y étais allé avec ma grande sœur, qui le trouvait donc beau.

Photo d'Archives
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C’est cool de voir aller Martin Biron dans l’aréna à Buffalo. C’est comme le maire. Tout le monde le connaît, tout le monde le salue, et il doit pouvoir emprunter la Zamboni si sa voiture ne démarre pas.

On s’assoit dans les estrades durant l’entraînement des Sabres.

Il me raconte un peu sa nouvelle vie depuis qu’il s’est retiré, il y a 13 ans. Il est analyste lors de chaque match des Sabres à la télé locale. Il anime aussi une émission, chaque midi, du lundi au vendredi, à cette même télé. Il a trois chroniques hebdomadaires dans des médias au Québec. Et il est sous contrat avec TSN où on lui demande régulièrement des analyses de divers matchs de la LNH.

« Je suis plus occupé que lorsque j’étais joueur », me lance-t-il, presque essoufflé après la nomenclature de ses jobs.

« Mais je trippe ben raide », assure l’ancien gardien de 48 ans qui a passé les dix premières années de sa carrière avec les Sabres.

Carrière fructueuse

Et ça paraît. Il s’est rapidement imposé parmi les analystes de hockey les plus appréciés dans le milieu anglophone. Notamment parce que c’est un bon gars, ça paraît, mais aussi par sa couleur.

« Je vais te dire. Tu peux être le meilleur analyste au monde. Si tu es plate, personne ne va t’écouter. Les meilleurs sont capables de trouver un équilibre », ajoutant que le meilleur de tous les temps a sa bannière accrochée à Buffalo. On parle évidemment de feu Rich Jeanneret.

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Photo d'archives
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On lui doit, notamment, le fameux « La La La La La, La Lafontaine ».

Quelle est la suite pour lui ?

D’abord, il y a quelque chose que j’avais oublié de vous dire. C’est qu’il a aussi quatre enfants. Et tant que la dernière n’a pas terminé son secondaire – il lui reste un an –, Martin Biron ne se voit pas ailleurs qu’à Buffalo.

Après ça ?

Il le dit un peu timidement, sans prétention. Mais il admire le parcours de John Davidson. Ce dernier est passé de gardien des Rangers à analyste réputé à la télé pour les Rangers. Il a ensuite été président des Blues, des Rangers et des Blue Jackets, avec lesquels il travaille toujours.

« Je regarde un gars comme ça et je me dis que si les portes s’ouvrent, tu sais, de bâtir une équipe, une organisation et avoir du succès... C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup », explique-t-il, rappelant qu’il adore son travail actuel.

« Je pourrais faire ça encore 30 ans aussi. Ils devront m’enlever de mon siège. »

Le français à cœur

Si vous l’écoutez souvent, vous l’avez déjà remarqué, mais Martin Biron parle encore un excellent français. L’accent anglo n’a pas pris le dessus. Rien ne semble avoir changé, à part quelques cheveux en moins.

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Ça fait quand même 30 ans qu’il travaille et vit presque à 100 % en anglais.

Ça vient de sa mère, notamment, pour qui le français et l’éducation étaient très importants. Le crédit revient aussi à un réalisateur retraité de RDS, Pierre Fortier (un autre bon gars de Québec), qui lui envoyait une petite note après ses premières interventions concernant le français.

« Il me demandait si ça me choquait. Non ! Au contraire, ç’a toujours tellement été important pour moi. »

Il admet qu’il s’ennuie parfois du Québec. Je m’ennuie de la télé de chez nous par exemple. Récemment, mon ami Jean-Pierre Dumont m’a envoyé une photo. Il était en train de regarder Lance et compte. Je m’ennuie de ça ! » rigole-t-il.

Quand je lui demande s’il ne voudrait pas un peu relaxer, il part à rire.

« Mon père est un menuisier. Il a 74 ans et travaille encore de temps en temps. Lui et ma mère sont encore hyperactifs. Mon frère aussi. »

Mathieu Biron, ancien défenseur de la LNH, est pompier à Lévis. Il a notamment fait les manchettes il y a quatre ans après avoir contribué à sauver la vie d’un homme lors d’un incendie.

Aimer pas tant que ça le CH

Et le Canadien dans tout ça ? C’est l’ennemi ?

« En 1989, je t’aurais dit que je veux qu’ils perdent tous leurs matchs, ricane-t-il. J’ai toujours dit que je détestais le Canadien parce que j’ai grandi en Nordiques. Mais j’aime voir le Canadien avoir du succès. J’aime ça pour le Québec », raconte-t-il.

« Même les enfants à mon frère capotent sur le Canadien. Il y a juste son plus vieux qui s’est dit qu’il allait prendre pour les Sabres parce que mononcle Martin prenait pour les Sabres », poursuit-il.

« Je veux voir du bon monde connaître du succès. Je suis content pour Martin St-Louis. Je suis content pour Trevor Letowski avec qui j’ai joué au Championnat du monde. C’est un ?& de bon gars. Stéphane Robidas, je l’aime tellement. »

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