Mark Carney supprime les postes de représentants spéciaux contre l’antisémitisme et l’islamophobie
Le gouvernement Carney supprime les postes de représentants spéciaux contre l’antisémitisme et l’islamophobie, nommés sous Justin Trudeau


Anne Caroline Desplanques
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Le gouvernement Carney abolit le poste d'Amira Elghawaby, la controversée envoyée spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie.
Son bureau sera fermé, tout comme celui de l’envoyée spéciale du Canada pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme qui est vacant depuis des mois.
Ottawa remplacera ces deux émissaires par un seul et unique Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion. Sa mission sera de combattre le racisme et la haine sous toutes leurs formes. Il sera composé d’intellectuels canadiens et de représentants des communautés.
Créer une identité commune
Le ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, Marc Miller, a déclaré que ce nouveau conseil consultatif «contribuera à bâtir un Canada plus inclusif et plus uni, un Canada fondé sur nos valeurs communes».

Le Bloc québécois a applaudi la nouvelle, lui qui estime depuis des années que le poste occupé par Mme Elghawaby en est un «de propagande multiculturaliste et hostile au Québec».
«Ce poste était la manifestation la plus claire d’un multiculturalisme qui confine chaque communauté sans créer d’identité commune», a déclaré le chef bloquiste Yves-François Blanchet.
Estimant que ce poste n'a fait que «diviser les Canadiens», le conservateur Pierre Paul-Hus a déclaré que «le poste woke qu'occupait Amira Elghawabi n'aurait jamais dû exister». «Elle a insulté les Québec et les Québécois à plusieurs reprises», a-t-il souligné.
L’Assemblée nationale du Québec réclamait depuis longtemps la démission de Mme Elghawaby. Elle lui reprochait une lettre demandant aux cégeps et universités du pays en 2024 d’« accroître la représentation des professeurs musulmans, palestiniens et arabes », mais aussi une chronique au sujet de la Loi sur la laïcité de l’État dans laquelle elle écrivait que la majorité des Québécois semblaient « influencés par un sentiment antimusulman ».
De plus en plus de crimes haineux
Le nombre de crimes haineux signalés à la police a bondi en 2024, selon les dernières données officielles. La plupart des crimes ciblant la religion visaient les populations juives (68 %) et musulmanes (17 %).

Les Canadiens juifs en particulier sont 25 fois plus susceptibles d'être victimes de crimes haineux que tous les autres citoyens, d’après Statistique Canada.
Pour le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), ces chiffres montrent que la création d’un poste d’envoyé spécial n’a pas permis de mater l'antisémitisme.
Actions concrètes réclamées
«Le statu quo était intenable», a déclaré le chef de la direction de l’organisation, Noah Shack.
Le CIJA attend maintenant «des mesures concrètes immédiates». «Il est crucial que la nouvelle approche du gouvernement et la composition du conseil consultatif soient conçues de manière à obtenir des résultats significatifs», a insisté M. Shack.

Deborah Lyons a quitté son poste d’envoyée spéciale chargée de la lutte contre l’antisémitisme en juillet 2025, trois mois avant la fin de son mandat. Elle n’a pas été remplacée. Elle était auparavant ambassadrice du Canada en Afghanistan puis en Israël.
Le gouvernement a déposé en septembre le projet de Loi C-9 visant à lutter contre la haine. À l’étude en ce moment au parlement, il doit modifier le Code criminel créer des infractions pour intimidation, interdire certains symboles haineux en public comme la croix gammée et simplifier les poursuites.
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