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À Davos, Carney lance un appel à la collaboration contre l’impérialisme des grandes puissances

Photo portrait de Raphaël Pirro

Raphaël Pirro

2026-01-20T16:00:12Z

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OTTAWA | Invité au podium du Forum économique mondial (FEM) de Davos, en Suisse, Mark Carney a appelé les puissances moyennes comme le Canada à s’unir pour résister à l’hégémonie des plus forts, une charge frontale contre les États-Unis de Donald Trump. 

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Dès la première minute du discours – la seule où il s’est exprimé en français – le premier ministre a mis la table en évoquant «la rupture de l'ordre mondial», «la fin d'une fiction agréable» et le «début d'une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n'est soumise à aucune contrainte».

M. Carney a invité ses homologues à se défaire de l’illusion d’un ordre mondial supposément régi par des lois et à «vivre dans la vérité».

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Il faut appeler un chat un chat, a-t-il dit : la mondialisation, sous la direction des États-Unis dans la période d’après-guerre, a servi trop souvent comme une «arme de coercition».

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Plutôt que de se faire concurrence pour obtenir des «faveurs» des grandes puissances, les pays moyens doivent collaborer pour agir comme contrepoids si elles souhaitent garder leur souveraineté.

«Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si vous n'êtes pas à table, vous êtes au menu», a prononcé Mark Carney, non sans provoquer quelques rires dans la salle.

L’ex-banquier central, qui se retrouve au FEM comme un poisson dans l’eau, a suscité des applaudissements lorsqu’il a affiché son appui sans équivoque au Groenland et au Danemark.

Il a du même coup réitéré le soutien «indéfectible» du Canada à l’article 5 de l’OTAN, celui voulant qu’une attaque contre un pays membre est une attaque contre l’ensemble des membres de l’alliance.

Fraîchement arrivé en Suisse de séjours en Chine et au Qatar avec de nouvelles ententes commerciales en main, le premier ministre a présenté le Canada comme un «partenaire fiable dans un monde qui n’est l’est pas du tout».

«L'ancien ordre ne reviendra pas. On ne doit pas s’en lamenter. La nostalgie n'est pas une stratégie. Mais à partir de cette fracture, nous pouvons construire quelque chose de mieux, de plus fort et de plus juste.»

Dans le même ordre d’idées et sur le même podium, le président français Emmanuel Macron avait déclaré un peu plus tôt qu’il préférait «le respect plutôt que les brutes» et «l'état de droit plutôt que la brutalité».

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