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Marjorie Taylor Greene est le canari dans la mine

MEGA/WENN
Photo portrait de Luc Laliberté

Luc Laliberté

2025-11-09T21:10:06Z

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Pour ses opposants, et parfois pour des membres de sa formation politique, la représentante républicaine du 14e district de la Georgie a longtemps été synonyme de propos incendiaires, de théories du complot et de manque de substance.

Ses collègues républicains l’ont déjà exclue de certains comités de la Chambre.

Pourtant, depuis une dizaine de jours, on peut la voir et l’entendre sur presque toutes les chaînes américaines.

Virage abrupt

Celle qui a appuyé férocement Donald Trump, celle qui était présentée comme LA MAGA parmi les MAGA, attire les projecteurs parce qu’elle critique désormais son parti et son président.

Vous l’avez peut-être entendue lancer un appel pour une solution bipartisane pour mettre fin à la fermeture des services gouvernementaux, exiger la publication des documents de l’explosif dossier Epstein ou encore dénoncer la hausse des coûts des soins de santé.

Après avoir œuvré dans la marge, elle est devenue la nouvelle coqueluche des médias en se métamorphosant en voix de la raison et du bon sens.

Non, Taylor Greene n’a pas eu de révélation divine. Il y a un calcul qui explique cette mutation. Les proches du président et les stratèges républicains devraient tendre l’oreille.

On pointe d’abord vers un désir de vengeance. Après tout, on l’a bloquée dans son désir de briguer un siège au Sénat. Il y a plus. Elle croit que «l’effet Trump» s’est estompé et elle prend ses distances pour y survivre.

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D’autres signaux inquiétants

Ce que Taylor Greene a cru déceler semble être confirmé par les résultats des élections de la dernière semaine.

Les victoires démocrates en Virginie, au New Jersey et à New York ont toutes mis en évidence une fatigue à l’endroit du 47e président.

Celle du New Jersey est probablement la plus difficile à avaler puisque les chances du républicain y étaient bonnes au début de la course.

Les récents sondages soulignent cette insatisfaction et on y décèle également une baisse au sein de la base de Donald Trump. Le quiet quitting, soit la désaffection de nombreux croyants, est également documenté.

Interrogé par les journalistes sur les causes des défaites de son parti, le président a affirmé que c’était parce que son nom n’apparaissait pas sur les bulletins de vote.

Il serait opportun de lui rappeler que son nom n’y figurera pas plus en novembre 2026 et en novembre 2028.

Plus impliqué récemment sur la scène internationale, Donald Trump va devoir penser un peu plus à la politique intérieure et, plus spécifiquement, à l’économie.

Les Américains sont déçus et les démocrates semblent avoir enfin compris que c’est en s’intéressant au quotidien des électeurs qu’on peut gagner leur appui.

Même s’il continue à s’agiter dans tous les sens, multipliant décisions et propos controversés, Donald Trump est peut-être déjà un lame duck, un canard boiteux, c’est-à-dire un président sortant duquel on prend ses distances pour ne pas perdre les élections, tout en préparant l’avenir.

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