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France: Marine Le Pen réélue à la tête de l'extrême droite en vue de la présidentielle 2022

Agence France-Presse

2021-07-04T21:05:26Z

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Réélue sans surprise à la tête du Rassemblement national (RN), la cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen a tenté de remobiliser son parti dimanche, après un échec aux dernières élections régionales qui freine son élan vers la présidentielle de 2022.

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«Une victoire contre tout un système coalisé (de partis politiques) se bâtit, se construit, se conquiert et cette victoire, nous allons la chercher», a lancé la candidate à la présidence française au millier de militants qui scandaient «Marine présidente», lors de la clôture d'un congrès du RN à Perpignan (sud).

Derrière un pupitre où était écrit «s'unir pour la France», elle a souhaité continuer à «ouvrir (le parti) à toutes les forces politiques» et exhorté ses sympathisants à «aller chercher la victoire» en 2022.

Son discours «n'était pas très mobilisateur, et fait comme s'il ne s'était rien passé» aux régionales la semaine dernière, marquées par une abstention massive, où le RN n'a remporté aucune région et a perdu 30% de ses élus régionaux, a estimé le politologue Jean-Yves Camus.

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Une contre-performance qui a provoqué quelques remous dans le parti, mais que Marine Le Pen n'a pas évoquée dimanche, se bornant à concéder qu'«il y a eu une forme de défaillance à mobiliser» les électeurs et à annoncer une réflexion sur les moyens de combattre l'abstention.

Héritier du Front national (FN) du père de Mme Le Pen, Jean-Marie, rebaptisé Rassemblement national en 2018, le parti est devenu depuis les années 1980 une force politique de plus en plus importante, mais n'a jamais remporté de victoire majeure, notamment à cause de l'opposition soudée des autres partis politiques unis contre sa ligne extrémiste.

Changement d'image

Depuis son accession à la tête du parti en 2011, Mme Le Pen a appliqué une stratégie de dédiabolisation.

«Nous avons su nous affranchir d'une immaturité politique peu compatible avec des ambitions nationales et donner à notre mouvement les qualités nécessaires à un parti de gouvernement», a-t-elle estimé dimanche. «Nous devons (...) continuer à nous ouvrir à toutes les forces politiques, associatives ou de la société civile et plus largement à tous les Français qui souhaitent ne pas rester spectateurs».

Auparavant, elle s'était dite devant la presse «extrêmement combative et déterminée» et pas du tout «découragée» pour la présidentielle.

Mme Le Pen s'était qualifiée pour le deuxième tour de la présidentielle de 2017, perdu face à Emmanuel Macron.

D'après les sondages, elle devrait de nouveau se trouver au deuxième tour dans 10 mois en 2022, face à M. Macron également. Elle serait toutefois battue comme en 2017.

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«Rien n'est perdu, il y a encore un chemin» vers la victoire, avait assuré samedi un de ses fidèles lieutenants, Jordan Bardella, devenu dimanche à 25 ans le «premier vice-président» du RN. Il remplacera en septembre Mme Le Pen à la tête du parti le temps de la campagne présidentielle.

Marine Le Pen, réélue à 98% présidente du RN, a affirmé devant la presse que sa ligne de rassemblement «était parfaitement validée» par les nouvelles instances présentées dimanche, qu'elle a voulu «féminiser» et ouvrir à des personnalités extérieures à sa formation.

La direction élargie du parti, le «bureau national», est portée de 40 à 45 membres, dont deux invités permanents personnifiant «l'ouverture», qui n'ont pas leur carte au RN.

Marine Le Pen a aussi fait entrer au bureau exécutif (BE, direction) trois autres femmes.

Le politologue Jean-Yves Camus y voit «un resserrement autour des conseillers habituels de Marine Le Pen» et «personne qui porte une ligne d'opposition». «On est plus dans l'enfermement clanique que dans l'ouverture», a persiflé un cadre du parti.

Dans son discours, Mme Le Pen a dit vouloir «mettre en œuvre un gouvernement d'union nationale autour d'un projet de paix civile» et être la candidate «des solutions concrètes», car «il n'y a pas de bonheur possible si le pays s'efface ou pire s'effondre».

Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a estimé sur la radio communautaire juive Radio J qu'il n'y avait «pas de ligne» au RN, quand Marine Le Pen dans une usine tient «un discours quasi trotskiste» et ensuite explique «qu'il faut rembourser la dette», ou quand elle ne veut «plus sortir de l'UE» après avoir «fustigé l'Europe en permanence».

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