Marie-Philip Poulin, Kim St-Pierre et Caroline Ouellette sont unanimes: Danièle Sauvageau est la pionnière des pionnières


Jonathan Bernier
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TORONTO | Chaque fois qu’une femme fait son entrée au Temple de la renommée du hockey, c’est une reconnaissance pour celles qui ont contribué à défoncer un plafond de verre. Du groupe, Danièle Sauvageau est probablement celle dont l’impact a été le plus grand.
C’est du moins l’avis de celles qui ont eu la chance de jouer sous ses ordres au sein de l’équipe nationale et de celles qui portent aujourd’hui les couleurs de la Victoire de Montréal.
Car, contrairement à elles, qui ont dû faire leur place au sein d’équipes masculines tout en luttant contre les préjugés, Sauvageau, elle, n’a jamais eu l’occasion de jouer au hockey organisé.

«Ton frère peut jouer, mais pas toi», lui a-t-on lancé alors qu’elle était toute jeune.
«C’est un honneur pleinement mérité qu’elle aurait dû recevoir il y a longtemps. Sans elle, le hockey féminin ne serait pas où il est rendu, a soutenu Kim St-Pierre. S’il y a d’aussi belles opportunités pour les filles d’aujourd’hui, c’est grâce à des femmes comme Danièle qui ont voulu s’impliquer au hockey.»
Feuille de route éloquente
«Elle a ouvert tellement de portes, a lancé Marie-Philip Poulin. En voilà une autre qui s’ouvre. Ça montre aux petites filles, et même aux petits garçons, que tout est possible quand tu as une vision et que tu es habité d’une détermination.»
Sa feuille de route est éloquente. Elle a été entraîneuse adjointe avec le Rocket de Montréal et dans la LHJMQ; et elle s’est impliquée auprès des équipes nationales de la France, de l’Italie et, bien sûr, du Canada.
Elle a aidé à mettre sur pied le programme de hockey féminin des Carabins de l’Université de Montréal et le Centre 21,02, qui a permis aux meilleures joueuses de continuer de s’entraîner pendant la pandémie.
«Il y a très peu de personnes qui ont fait autant pour le hockey que Danièle. Tant du côté masculin que féminin», a soutenu Caroline Ouellette.
Un calme olympien
Tout comme St-Pierre, Ouellette faisait partie de la formation canadienne qui a remporté la médaille d’or olympique en 2002, face aux Américaines. Un titre acquis, selon Ouellette, en grande partie grâce à Sauvageau.
«Ce fut un parcours irréel, a exprimé Ouellette, aujourd’hui entraîneuse adjointe avec la Victoire de Montréal, de la LPHF. On avait perdu huit matchs de suite contre les Américaines. Quand on est arrivé en finale, rares sont ceux qui nous donnaient une chance de gagner. Elle, elle y croyait. Elle croyait au plan qu’elle avait mis de l’avant.»
«En finale, on a vécu un autre moment d’adversité. On a écopé de 13 punitions, dont huit de suite, a rappelé l’ancienne défenseure. Je vais toujours me souvenir de son calme derrière le banc. Ça nous avait tellement aidées à rester calmes.»
Sauvageau a donc redéfini à sa propre façon l’expression «calme olympien», qui vise à décrire une personne habitée d’une impassibilité sereine.